Les inhibiteurs de la cholinestérase traitent les symptômes cognitifs de la démence. Ils provoquent parfois un ralentissement du cœur. Pourtant, des recherches suggèrent un effet protecteur à long terme des médicaments anti-Alzheimer, avec une baisse significative du risque de crises cardiaques.
Une étude suédoise pionnière sur le risque cardiaque
Une recherche suédoise de 2013 a étudié l’impact de ces médicaments en premier. Cette grande étude porte sur plus de 7 000 personnes malades. Elle révèle un lien entre les traitements précoces et un risque réduit de crises cardiaques (-38%). Le risque de décès baisse aussi (-36%).
Ces molécules [1] moduleraient le nerf vague. Ce nerf crânien contrôle les battements de cœur. D’autres études leur attribuent aussi des propriétés anti-inflammatoires. Ces propriétés profitent au système vasculaire.
Le Prof. Nordström, auteur de l’étude, déclare : « Pour 100 000 personnes malades, nous éviterons 180 crises cardiaques. » En revanche, la mémantine [2] n’offre aucun bénéfice similaire. Ce médicament cible les formes modérées à sévères.
Le Prof. Nordström reste prudent. Il précise : « C’est une étude d’observation. Nous rapportons simplement une association. Seuls des essais contrôlés randomisés confirmeront ces faits. »
Une méta-analyse confirme le lien des médicaments anti-Alzheimer sur le risque de crises cardiaques
Cinq ans plus tard, une vaste méta-analyse confirme ces observations. Publiée dans le Journal of the American Geriatrics Society, elle compile les données de 31 études. Les chercheurs ont ainsi analysé les dossiers de plus de 258 000 patients.
Le traitement augmente certes les cas de bradycardie (cœur lent). Toutefois, il réduit globalement les événements cardiovasculaires majeurs. Le risque d’infarctus et d’AVC diminue significativement. Cela valide l’hypothèse d’une protection cardiaque globale.
Conclusion et précautions
En résumé, la science suggère que certains médicaments anti–Alzheimer réduisent le risque de crises cardiaques. Ils stimulent le nerf vague et réduisent l’inflammation.
Cependant, la vigilance reste de mise. Ces traitements peuvent entraîner des effets secondaires. On note parfois des bradycardies, des syncopes ou des arythmies. Les professionnels de santé doivent surveiller ces effets attentivement lors de la prescription.
Notes : [1] Donépézil, rivastigmine et galantamine (noms commerciaux : Aricept, Exelon et Reminyl). [2] Mémantine (nom commercial : Ebixa).
Sources :
- Nordström P, et al. The use of cholinesterase inhibitors and the risk of myocardial infarction and death: a nationwide cohort study in subjects with Alzheimer’s disease. European Heart Journal, juin 2013.
- Isik AT, et al. Cardiovascular Outcomes of Cholinesterase Inhibitors in Individuals with Dementia: A Meta-Analysis and Systematic Review. J Am Geriatr Soc. 2018.
