Apraxie idéatoire

Maladies

L’apraxie idéatoire dépasse la simple difficulté à coordonner ses mouvements. En effet, c’est un trouble moteur complexe. Par conséquent, il perturbe l’organisation mentale des actions. De plus, ce syndrome est souvent lié à une lésion de l’hémisphère dominant pour le langage.
Par ailleurs, il s’agit d’un trouble bien distinct. Ainsi, il ne s’explique pas par une paralysie ou une aphasie. De même, il n’est pas causé par un problème visuel ou une baisse intellectuelle globale.
Concrètement, le patient devient incapable d’exécuter des séquences d’actions. Or, ces actions exigent l’usage de plusieurs objets dans un ordre précis. Par conséquent, le but visé ne peut plus être atteint. En fait, le patient perd le « schéma d’utilisation » des objets. Autrement dit, sa mémoire de leur fonction disparaît.
En pratique, manipuler des outils courants devient très difficile. Cela inclut notamment le peigne, la brosse à dents ou un stylo. De la même manière, utiliser un appareil électroménager est tout aussi ardu. En outre, le patient peine à réaliser des gestes quotidiens en plusieurs étapes. Ainsi, s’habiller ou préparer un courrier devient un véritable défi.
Finalement, cette perte du sens de l’action entraîne plusieurs erreurs visibles :

  • Tout d’abord, les erreurs de séquence et les omissions. Dans ce cas, le patient oublie une étape clé. De plus, il mélange l’ordre des actions. Par exemple, il cachette l’enveloppe avant d’y insérer la lettre.
  • Ensuite, les erreurs d’utilisation. Ici, l’objet est mal manipulé. Ainsi, son usage devient illogique. À titre d’exemple, le patient tente d’écrire avec l’envers du stylo. Ou encore, il peut porter sa cuillère à la bouche par le manche.
  • Enfin, la perplexité. Dans cette situation, le patient hésite longuement face à l’objet. En somme, il ne sait plus comment commencer son mouvement.

Apraxie idéatoire et psychose

Traditionnellement, l’apraxie idéatoire est souvent vue comme purement neurologique. En effet, elle provient généralement de lésions permanentes au cerveau. De plus, ces lésions touchent souvent l’arrière de l’hémisphère gauche. Pourtant, ce trouble relève aussi de la psychiatrie.
Parfois, l’apraxie peut apparaître de façon temporaire. Cela survient notamment lors d’une psychose confusionnelle. À ce moment-là, le patient se désoriente dans l’espace. De surcroît, il commet des erreurs d’identification.
C’est pourquoi cette observation indique une cause possible à la psychose confusionnelle. Il s’agirait donc d’un dysfonctionnement réversible à l’arrière du cerveau.
En conclusion, les professionnels de la santé doivent rester vigilants. Ainsi, ils sont encouragés à chercher activement des signes d’apraxie chez ces patients.

Sources:

  1. Ideational apraxia. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/6194268
  2. Ideational apraxia in confusional psychosis. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/1811406