Alzheimer : tout ce qu’il faut savoir sur la maladie

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SOMMAIRE DE L’ARTICLE SUR LA MALADIE D’ALZHEIMER

    1. Prévalence
    2. Facteurs de risque
    3. Facteurs protecteurs
    4. Signes et symptômes
    5. Les signes qui doivent nous inquiéter ?
    6. Diagnostic
    7. Évaluation
    8. Étiologie
    9. Dépistage

La maladie d’Alzheimer est la plus fréquente des démences avec 60% des cas de démences.

  • 95% des cas sont sporadiques (c’est-à-dire apparaissent au hasard).
  • Les formes familiales (qui se caractérisent par la transmission de ‘mauvais gènes’) ne représentent qu’environ 5% des cas totaux. Les gènes impliqués dans les formes familiales sont les gènes de la préséniline 1 et 2 et de l’APP (APP: amyloid protein precursor).

Il existe des prédispositions génétiques provoquées par la mutation de certains gènes, en particulier le gène de l’apolipoprotéine E, qui augmente le risque de développer la maladie.

 

1. Prévalence

Cinq pour cent (5%) des personnes de 65 ans et plus sont touchées par la maladie (8% souffrent de démence) dans les pays industrialisés. Le taux de prévalence (nombre de cas totaux) augmente de manière exponentielle avec l’âge, avec environ un doublement tous les 5 ans. Quinze pour cent des malades ont moins de 75 ans. Selon un rapport publié en 2012 par l’Organisation mondiale de la santé, la maladie d’Alzheimer touche à partir de 65 ans 2,3 % des hommes et 3 % des femmes et atteint 33 % des hommes de plus de 90 ans et 48 % des femmes du même âge. Le tableau ci-dessous résume le taux de prévalence par tranches d’âge et en fonction du sexe, ce qui démontre que l’âge est donc le principal facteur de risque et que les femmes sont plus touchées que les hommes.

Age Taux de prévalence
Hommes  
65-69 ans 1
70-74 ans 3
75-79 ans 6
80-84 ans 12
>85 ans 20
Femmes  
65-69 ans 1
70-74 ans 3
75-79 ans 6
80-84 ans 14
>85 ans 31

Sources: EUROMED, Paquid (France) Le tableau ci-dessous résume l’incidence (nombre de nouveaux cas) en fonction de l’âge et du sexe.

Age Incidence
Hommes  
65-69 ans 0,6
70-74 ans 1,5
75-79 ans 1,8
80-84 ans 6,3
85-89 ans 8,8
Femmes  
65-69 ans 0,7
70-74 ans 2,3
75-79 ans 4,3
80-84 ans 8,4
>85 ans 14,2

Source: EUROMED

 

2. Facteurs de risque

  • L’âge (principal facteur de risque).
  • Le bas niveau d’étude.
  • Le sexe féminin.
  • Des antécédents familiaux.
  • Antécédents de traumatisme crânien.
  • Dépression.
  • Le diabète.
  • L‘hypertension non traitée.
  • Facteurs génétiques : dans les formes sporadiques de la maladie d’Alzheimer, un facteur de susceptibilité a été mis en évidence (la forme Epsilon 4 de l’apolipoprotéine E). Les personnes de race blanche qui portent le génotype E4/E4 ont un risque 15 fois plus de risque de développer la maladie d’Alzheimer (les sujets ayant un seul génotype e4 ont 3 fois plus de risque de développer la maladie), comparé à ceux qui ne sont pas porteurs de cette forme allélique. On estime qu’un tiers des homozygotes e4/ e4 développeront la maladie.

 

3. Facteurs protecteurs

– Utilisation chronique d’anti-inflammatoires non stéroïdiens. – Une alimentation saine (régime méditerranéen). – L’activité physique. – L’activité mentale.

 

4. Signes et symptômes

La maladie d’Alzheimer est responsable de plusieurs symptômes (c’est-à-dire ce que ressent le patient) et se caractérise par des signes cliniques qui peuvent être constatés par les proches et le médecin.

Pertes de la mémoire récente. Les troubles de mémoire sont les symptômes qui constituent le principal motif de consultation, de l’initiative du patient ou plus fréquemment de celle de la famille. En effet, le patient a tendance à minimiser ou nier ses troubles. Les troubles de mémoire portant sur les faits récents puis dans un deuxième sur les faits anciens. C’est la mémoire dite épisodique qui est principalement touchée. Par exemple, les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer oublieront souvent d’aller à un rendez-vous (si c’est un événement qui revient fréquemment). Selon une étude publiée en 2015, les femmes présentant des troubles de la mémoire ont un risque accru (+70 %) de développer une démence à partir de 65 ans.

Difficultés à exécuter des tâches quotidiennes. Les personnes auront de la difficulté à exécuter des tâches quotidiennes familières qui ne demandent aucun effort particulier (ex. utiliser un appareil électroménager).

Difficultés à s’exprimer et trouver les mots justes. Une personne atteinte de la maladie d’Alzheimer oublie souvent des mots simples. Par exemple, elle demandera « la chose pour manger » plutôt que la fourchette.

Difficultés à s’orienter dans l’espace et dans le temps. La personne atteinte de la maladie d’Alzheimer peut s’égarer dans sa propre rue, ne plus savoir où elle est et ne plus pouvoir rentrer chez elle.

Difficultés de porter un jugement. Les personnes atteintes d’Alzheimer peuvent s’habiller sans porter attention à la température extérieure. De plus, elles manquent de discernement quant aux questions d’argent et peuvent être victimes d’abus.

Difficultés de manipuler des notions abstraites. Une personne atteinte de la maladie d’Alzheimer perd la notion des chiffres ou ce qu’ils représentent. Exemple : elle ne sait pas ce que représentent les chiffres sur un relevé bancaire ou un panneau de signalisation.

Difficultés à retrouver des objets égarés. Une personne atteinte de la maladie d’Alzheimer rangera les objets dans un endroit inapproprié. Par exemple des clés dans un frigidaire ou une montre dans une boite à chaussure.

Troubles dépressifs et comportementaux. Une personne atteinte d’Alzheimer peut changer vite d’humeur et passer d’un état serein à des crises de larmes ou de colère, sans raison apparente. De nombreuses études ont même démontré que près de 90% des patients souffrant de la maladie d’Alzheimer présentent également des troubles de l’humeur, de l’agitation et une perte d’appétit. Selon leurs auteurs, ces résultats suggèrent que ces troubles interviennent des années avant le diagnostic de démence. Les patients atteints de la maladie d’Alzheimer ont également présenté plus précocement des troubles comportementaux : perte d’appétit, apathie, irritabilité…

Changements de personnalité. La personne atteinte d’Alzheimer peut devenir rapidement très confuse, craintive ou méfiante vis-à-vis d’un proche.

Perte d’intérêt. La personne atteinte d’Alzheimer peut devenir passive et passer des heures à ne rien faire (ex. regarder pendant des heures la télévision, dormir plus que la normale et ne pas sortir dehors). En résumé, la maladie d’Alzheimer se traduit par des symptômes cognitifs et non cognitifs (c’est-à-dire psychologiques et comportementaux) qui altèrent les activités de vie quotidienne.

Les symptômes peuvent être divisés en deux classes: les symptômes cognitifs et les symptômes psychologiques et comportementaux.

Les symptômes cognitifs

  • Troubles de mémoire : la personne a des problèmes pour récupérer l’information stockée dans son cerveau. Cette incapacité est compensée au début de la maladie grâce au travail de certaines parties du cerveau qui restent intactes (notamment le lobe frontal), mais s’accentue graduellement au fur et à mesure que la maladie s’aggrave. D’abord limitée aux années qui précèdent la maladie, l’amnésie rétrograde s’étend peu à peu jusqu’à atteindre les souvenirs les plus précoces et même l’identité du malade, qui a de plus en plus de difficulté à reconnaître ses proches. L’amnésie touche aussi bien la mémoire épisodique (les souvenirs propres au patient) que la mémoire sémantique (savoir nommer des objets ou images, avoir une fluidité verbale…). La mémoire de travail est en général touchée au début de la maladie : les patients éprouvent des difficultés lors de la réalisation de tâches simultanées. Les déficits de la mémoire sémantique sont en général plus tardifs que les troubles de mémoire épisodique. Cela se traduit par de la difficulté à dire le plus possible de mots commençant par une lettre donnée (mauvaise fluidité verbale), à faire des paraphasies (par exemple dire table à la place de bureau), à répondre de manière plus générale (par ex. dire animal pour chien) et à connaître des problèmes de classification catégorielle ( le patient a du mal à deviner qui du sapin ou du palmier est sémantiquement le plus proche  de la pyramide).
  • Troubles visuels et spatiaux.
  • Troubles du langage : ils sont liés aux troubles de mémoire sémantique et peuvent être précoces. Au début de la maladie, ils se caractérisent le plus souvent par un manque de mot  qui altère le discours spontané : les patients tentent souvent de contourner l’obstacle en usant de circonlocutions. À ce stade il n’y a pas généralement de perturbation phonémique ou syntaxique ou pas de troubles de la compréhension et l’élocution est normale. À un stade plus avancé, les paraphasies sont nombreuses. On observe des persévérations sur un mot ou une syllabe, ou autour d’un thème. L’ordre  logique des mots disparaît dans le discours, et la compréhension orale est perturbée.  En revanche, le langage écrit peut être atteint, avec des difficultés d’orthographe. Enfin, au stade sévère de la maladie, la production spontanée est fortement réduite, voire inexistante. Elle peut se limiter à une écholalie. Le langage est mal compris. On parle d’aphasie globale.
  • Troubles pratiques (apraxie)
  • Perte de reconnaissance d’objets, de visages (agnosie).
  • Altération des fonctions exécutives et du jugement. Les troubles des fonctions exécutives se manifestent par des difficultés d’abstraction, de raisonnement, de flexibilité mentale et de planification.

Les symptômes psychologiques et comportementaux

  • Symptômes dépressifs
  • Perte d’initiative et d’intérêt
  • Indifférence
  • Anxiété, souvent associée à la dépression.
  • Irritabilité
  • Agitation
  • Agressifs
  • Idées délirantes (idées de persécution, de jalousie)
  • Hallucinations (essentiellement visuelles)
  • Troubles du sommeil
  • Déambulations (stade sévère)
  • Fugues
  • Episodes confusionnels (dans les stades modérés et sévères).
  • Désinhibition
  • Comportements moteurs répétitifs
  • Troubles des conduites alimentaires




5. Quels sont les signes qui doivent nous inquiéter ?

Il existe des motifs d’inquiétude lorsqu’une personne :

  • ne peut faire deux choses à la fois (exemple préparer un dîner);
  • s’égare sur un trajet familier;
  • oublie les noms de proches;
  • ne reconnaît plus le visage de proches;
  • ressasser les mêmes questions.

Une consultation s’impose si la personne :

  • ne sait plus effectuer certaines tâches quotidiennes (exemple faire fonctionner une laveuse);
  • se perd dans les liens familiaux;
  • ne connaît plus la fonction de certains objets;
  • range des objets dans des endroits inappropriés.

En revanche, il n’y aucun motif d’inquiétude lorsque la personne :

  • ne sait plus où elle a garé sa voiture;
  • oublie de rappeler quelqu’un;
  • oublie le nom d’une personne qu’elle vient de rencontrer;
  • ne sait plus où a rangé un objet;
  • ne se rappelle plus d’un mot.

La sévérité de ces symptômes dépend du stade de la maladie d’Alzheimer :

Stade modéré. Au stade précoce, la maladie se caractérise par l’apparition insidieuse de troubles de mémoire (souvent niés par le patient) qui évoluent de manière très progressive. Ces troubles peuvent s’accompagner d’un état dépressif et/ou d’une anxiété. Les troubles de mémoire s’aggravent progressivement, et d’autres fonctions cognitives (ex. planification, calcul) commencent à être touchées, entraînant une incapacité (partielle) à exercer certaines activités de la vie quotidienne (téléphoner, prendre le bus, gérer son budget).

Stade modéré à sévère. Le patient souffre au stade évolué d’anosognosie (il n’est plus conscient de ses troubles), est désorienté dans l’espace et le temps. Il a du mal à communiquer avec son entourage du fait de troubles du langage, gnosiques, praxiques et d’attention. La perte d’autonomie touche maintenant les activités de base de la vie quotidienne (habillage, hygiène personnelle, déplacement, toilettes). Des troubles du comportement peuvent survenir à ce stade et incluent une agitation, des hallucinations, une agressivité envers l’entourage, des manifestations délirantes, des troubles du sommeil, une apathie, une déambulation, une vocalisation et des comportements stéréotypés.

Stade sévère. Le patient a totalement perdu son autonomie. Il s’alimente de moins en moins, s’affaiblit, facilitant l’apparition d’autres troubles mentaux tels qu’une confusion, une dépression ou un syndrome de glissement (le malade se laisse mourir en refusant de s’alimenter). D’autres complications apparaissent: chutes avec fractures, escarres… Le décès du patient se produit entre 5 et 10 après la date des premiers symptômes. Le profil des manifestations cliniques est donné à titre indicatif, car elles sont hétérogènes. Chez certains patients, les symptômes débutent de manière brutale alors que chez d’autres, le diagnostic de démence peut être posé par exemple suite à une opération chirurgicale (une opération entraîne parfois une confusion mentale chez une personne âgée; il est fort probable que les symptômes de démence étaient présents avant l’intervention chirurgicale).

 

6. Diagnostic

en 1984, un groupe de chercheurs du NINCDS-ADRDA (National Institute of Neurological and Communicative Disorders and Stroke et Alzheimer’s Disease and Related Disorders Association) établit des critères diagnostiques. Il existe trois niveaux diagnostiques : possible (diagnostic pre-mortem), probable (diagnostic pre-mortem) et définitif (diagnostic post-mortem après biopsie).

Ces critères sont:

– Troubles cognitifs (mémoire, langage, jugement, raisonnement…) généralement accompagnés de troubles comportementaux et psychologiques (agitation, dépression, agressivité, errance, insomnie…) pouvant affecter les activités de la vie quotidienne.

Les symptômes de la démence ont deux caractéristiques principales:

  1. Les symptômes apparaissent à l’âge adulte (les retards mentaux n’en font pas parti).
  2. Les symptômes sont dans la plupart des cas progressifs et irréversibles (les états confusionnels et dépressifs de la personne âgée n’en font pas partie).

En 2010, les Instituts de santé américains (National Institute of Health) ont adopté de nouveaux critères diagnostiques de la maladie d’Alzheimer. Ils prennent désormais en compte les percées faites en neurosciences qui ont permis une meilleure compréhension de la maladie.

Alors que les critères cliniques utilisés depuis lors décrivaient le dernier stade de l’évolution de la maladie (alors que les symptômes de la démence s’étaient déjà manifestés), les nouvelles directives considèrent toutes les étapes connues du développement de la maladie, qui évolue graduellement et peut provoquer des changements cérébraux plus d’une décennie avant qu’elle ne devienne apparente.

Les nouveaux critères incluent trois phases :

1. La première phase dite préclinique. Elle décrit des changements dans le cerveau, notamment la formation et l’accumulation de plaques séniles formées d’agrégats de béta-amyloïde. Ces plaques seraient responsables de la mort des neurones. L’utilisation de techniques de neuroimagerie cérébrale et de biomarqueurs* aide maintenant à déterminer si les changements dans le cerveau sont des signes avant-coureurs la maladie.

2. La seconde phase. Elle correspond à des épisodes de perte de mémoire suffisamment évidents pour être mesurés et notés par l’entourage. En revanche, ils ne sont pas suffisamment prononcés pour entraîner la perte d’autonomie. 

3. La troisième et dernière phase. C’est la phase de la démence décrite actuellement par la communauté médicale.

* Les neurologues recourent de plus en plus à des biomarqueurs pour observer l’évolution de la pathologie. Toutefois, ils ne peuvent pas être utilisés couramment pour poser un diagnostic clinique.

Les examens complémentaires (en particulier les examens de neuroimagerie) ne contribuent pas au diagnostic de la maladie d’Alzheimer. Ils indiquent le plus souvent un élargissement des ventricules cérébraux et un élargissement des sillons corticaux, reflétant une perte neuronale.

Toutefois, cet aspect peut être observé chez des personnes âgées saines, ainsi que chez les patients souffrant d’autres formes de démences. Toutefois, l’atrophie de l’hippocampe est considérée comme spécifique de la maladie d’Alzheimer, et peut aider au diagnostic.

Selon le manuel psychiatrique américain DSM-IV, le patient doit remplir des critères englobant les symptômes suivants: A. Apparition de déficits cognitifs multiples comme en témoigne à la fois :

1. une altération de la mémoire ;

2. une ou plusieurs des perturbations cognitives suivantes :

aphasie (perturbation du langage) ;

– apraxie (altération de la capacité à réaliser une activité malgré des fonctions 
motrices intactes);

agnosie (impossibilité de reconnaître des objets malgré des fonctions sensorielles intactes) ;

– perturbations des fonctions exécutives (faire des projets, organiser dans le 
temps, avoir une pensée abstraite).

B. Les déficits cognitifs des critères A1 et A2 représentent un déclin significatif par rapport au niveau de fonctionnement antérieur.

C. L’évolution est caractérisée par un début progressif et un déclin cognitif continu.

D. Les déficits cognitifs des critères A1 et A2 ne sont pas dus :

  1. à d’autres affections du système nerveux central (p.ex. maladie cérébrovasculaire, maladie de Parkinson, tumeur cérébrale) ;
  2. à des affections générales pouvant entraîner une démence (p.ex. hypothyroïdie, carence en vitamine B12 , infection par le HIV…) à des affections induites par une substance.

E. Les déficits ne surviennent pas de façon exclusive au cours de l’évolution d’un delirium.

F. La perturbation n’est pas mieux expliquée par un trouble tel qu’une dépression ou une schizophrénie.

 

7. Évaluation

L’évaluation de la maladie d’Alzheimer inclut un entretien avec le patient et un membre de la famille, des tests neurologiques, des examens cliniques et de neuroimagerie.

Les techniques de neuroimagerie permettent de confirmer ou d’infirmer le diagnostic.

Ces techniques sont :

• L’électroencéphalogramme (EEG): cet examen a pour but de voir l’activité électrique du cerveau. 

• La tomographie par émission monophotonique (SPECT): elle évalue le débit sanguin et le volume des régions cérébrales. 

• La tomographie par émission de positons (PET) : elle étudie l’activité des régions cérébrales. Par exemple, les patients souffrant de la maladie d’Alzheimer ont une activité réduite dans les lobes temporal et pariétal.

• La tomodensitométrie : elle mesure l’épaisseur des régions du cerveau affectées dans la maladie d’Alzheimer. 

• L’imagerie par résonance magnétique (IRM) : elle visualise les changements dans la structure du cerveau.

• L’imagerie par résonance magnétique fonctionnelle (IRMf) : elle mesure l’activité fonctionnelle des régions du cerveau.

Les examens sanguins et urinaires et du liquide céphalorachidien permettant de révéler une carence en vitamine, un mauvais fonctionnement hormonal, la présence d’agents toxiques ou de molécules impliquées dans la maladie d’Alzheimer (par ex. protéine amyloïde)

Les antécédents médicaux (par ex. antécédents de traumatisme crânien, consommation de substances pouvant l’altérer l’état mental).

Les tests neuropsychologiques : le bilan neuropsychologique contribue au diagnostic dans les formes légères à modérées, en mettant l’accent sur l’importance des troubles mnésiques par rapport au déficit des autres fonctions cognitives.

Le MMSE est le test le plus fréquemment utilisé, car il donne rapidement des informations précieuses sur la mémoire à court terme et autres fonctions cognitives.

Les autres tests sont le Clinical dementia Rating Scale, L’échelle ADAS (Alzheimer’s Disease Assessment Scale), le test de l’horloge, le test de rappel libre et indicé selon la procédure de Grober et Buschke et le test des cinq mots.

La maladie d’Alzheimer, dans les stades précoces, peut être diagnostiquée grâce à deux examens neuropsychologiques effectués à +/-6 mois d’intervalle.

Ce délai renseignera le médecin sur le caractère évolutif de la maladie (l’évolution confirme le diagnostic initial).

Les tests comportementaux (CERAD Behavior Rating Scale for Dementia, l’inventaire neuropsychiatrique) servent à évaluer la fréquence et la sévérité des troubles comportementaux.

Les tests fonctionnels évaluent le degré d’autonomie des patients, par exemple les activités instrumentales de la vie quotidienne.

A lire aussi :

Le diagnostic de la démence

 

8. Étiologie

Elle est mal connue. Il existe une accumulation anormale d’amyloïde dans le cerveau de patients Alzheimer, entraînant la forme d’agrégats sous forme de plaques amyloïdes autour des neurones.

L’amyloïde en s’accumulant, provoque une neuroinflammation, caractérisée par la production de cytokines, et un stress oxydatif, caractérisé par la production de radicaux libres.

Ces deux phénomènes augmenteraient à leur tour la formation de plaques.

D’autre part, la maladie d’Alzheimer est caractérisée par une dégénérescence neurofibrillaire (DNF) qui se caractérise par des lésions touchant l’intérieur des neurones.

Ces DNF correspondent à l’accumulation d’une protéine appelée protéine tau et qui est sous forme anormale (forme hyperphosphorylée).

Ces lésions sont réparties sur l’ensemble du cerveau, mais prédominent dans l’hippocampe et le cortex entorhinal, une structure cérébrale impliquée dans le stockage de la mémoire.

L’accumulation d’amyloïde peut survenir 10 à 15 ans avant les premiers symptômes de la maladie d’Alzheimer, alors que la protéine tau commence à s’accumuler dans le néocortex 3 à 5 ans avant les premiers symptômes.

La maladie est aussi caractérisée par une perte neuronale au niveau cortical et une baisse marquée en acétylcholine, le neurotransmetteur impliqué dans la mémoire.

 

9. Dépistage

De larges efforts ont été faits pour identifier les marqueurs biologiques dans le liquide céphalorachidien et le sang. La mesure du rapport entre la protéine tau et la protéine amyloïde dans le sang est un indicateur fiable d’une pathologie chez des sujets souffrant de la maladie d’Alzheimer, mais également chez ceux n’ayant pas encore développé la maladie.

La neuroimagerie (par ex. la tomographie par émission de positon, IRM) est utilisée pour suivre la progression de la maladie, en déterminer l’état de gravité, et mesurer l’efficacité d’un traitement.

L’utilisation de sonde marquant l’amyloïde permet de suivre l’accumulation de cette protéine et d’identifier les individus qui développeront des années plus tard la maladie.