Le fait d’arrêter de fumer provoque généralement une forte anxiété chez le patient. Théoriquement, les médicaments anxiolytiques pourraient faciliter l’arrêt du tabac pour deux grandes raisons. En effet, l’anxiété constitue un symptôme majeur du manque de nicotine lors du sevrage. De plus, ces médicaments augmentent activement les niveaux cérébraux de plusieurs neurotransmetteurs. Ils stimulent particulièrement la dopamine, la sérotonine et la noradrénaline dans le cerveau. Or, l’addiction au tabac semble justement liée à un déficit persistant de ces substances chimiques.
L’évaluation clinique des médicaments anxiolytiques
Des chercheurs ont analysé de multiples essais cliniques pour vérifier cette hypothèse médicale. Ainsi, ces études comparaient systématiquement l’efficacité de divers anxiolytiques face à un simple placebo. Les scientifiques ont sélectionné uniquement les essais avec un suivi d’au moins six mois. Par conséquent, ils évaluaient précisément l’abstinence de tabac à long terme après un traitement avec des anxiolytiques.
Leur vaste revue englobe plusieurs molécules pharmaceutiques très utilisées en psychiatrie. Par exemple, ils ont attentivement étudié le buspirone, le diazépam et le méprobamate. En outre, l’analyse intègre également l’ondansétron et certains bêtabloquants connus. Les cliniciens ont ainsi testé le métoprolol, l’oxprénolol et le propranolol.
Anxiolytiques et consommation de tabac : des résultats encore très peu concluants
Actuellement, les résultats globaux de ces recherches manquent totalement de preuves solides. En réalité, l’analyse compte seulement deux essais médicaux sur le buspirone. Par ailleurs, elle recense un unique essai pour chaque autre molécule mentionnée. Dès lors, aucune de ces études ne prouve formellement l’efficacité des anxiolytiques contre la consommation de tabac.
Cependant, les intervalles de confiance de ces tests cliniques demeurent extrêmement larges. De ce fait, les scientifiques ne peuvent pas exclure totalement un éventuel effet thérapeutique positif. Par conséquent, aucune preuve cohérente ne justifie l’utilisation systématique des anxiolytiques pour le sevrage tabagique. Finalement, la recherche médicale devra mener de nouveaux essais cliniques plus approfondis.
Sources :
[1] PubMed Central. Anxiolytics for smoking cessation. PMC8407461. URL : https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC8407461/
