Le modèle d’Atkinson-Shiffrin : comprendre notre mémoire

Lexique

Le modèle d’Atkinson-Shiffrin : comprendre notre mémoire

En 1968, deux chercheurs ont créé le fameux modèle d’Atkinson-Shiffrin. En effet, cette théorie fondamentale explique le fonctionnement de la mémoire humaine. Globalement, ce système divise notre mémorisation en trois étapes bien distinctes. D’abord, on trouve la mémoire sensorielle. Ensuite, l’information passe dans la mémoire à court terme. Enfin, elle arrive dans la mémoire à long terme.

Image par geralt de Pixabay

La mémoire sensorielle dans la théorie d’Atkinson-Shiffrin

Tout d’abord, nos sens perçoivent continuellement le monde extérieur. Nous captons de très nombreuses données par la vue ou l’ouïe. Ainsi, la mémoire sensorielle stocke très brièvement ces informations brutes. En réalité, sa durée de rétention reste extrêmement courte. Elle varie d’un quart de seconde à une demi-seconde. De plus, sa capacité de stockage est très élevée. Pourtant, nous retenons seulement une infime fraction de ces données. Curieusement, les auteurs ont ajouté ce concept sensoriel après leur première publication.

Le fonctionnement de la mémoire à court terme

Si nous prêtons attention à une information, elle change immédiatement de zone. En effet, elle entre alors dans la mémoire à court terme. Cette deuxième étape sert de simple zone de transit. Par ailleurs, sa durée de rétention se limite à environ 15 à 30 secondes.

De surcroît, sa capacité de stockage demeure très restreinte. En général, un adulte retient entre 5 et 9 éléments simultanément. Les psychologues appellent ce phénomène le « nombre magique 7 ». Par conséquent, le cerveau doit répéter activement l’information pour la conserver.

La mémoire à long terme : un stockage durable

Ensuite, la mémoire à long terme constitue la dernière étape du processus. Elle permet de conserver durablement nos expériences et nos compétences. Théoriquement, sa capacité de stockage reste totalement illimitée. De plus, sa durée d’action s’étend de quelques minutes à toute une vie. En pratique, l’encodage des souvenirs utilise principalement la signification des mots ou des images. Dès lors, le vrai problème réside dans l’accessibilité du souvenir, et non dans sa disponibilité.

Les limites du modèle d’Atkinson-Shiffrin face à Baddeley

Bien que majeur, ce modèle scientifique présente d’importantes limites. Premièrement, il décrit une circulation linéaire de l’information. Cependant, les experts actuels contestent fortement cette hypothèse. Deuxièmement, il considère la mémoire à court terme comme un simple passage passif.

Par conséquent, d’autres théories modernes ont vu le jour. Par exemple, le modèle de Baddeley et Hitch apporte une nouvelle vision. Contrairement au modèle d’Atkinson-Shiffrin, cette théorie introduit la mémoire de travail active. Ainsi, elle décrit de véritables processus de manipulation des données. En conclusion, ce nouveau système offre une approche du cerveau beaucoup plus dynamique.

Références :

[1] Baddeley AD, Hitch GJ, Allen RJ. From short-term store to multicomponent working memory: The role of the modal model. Mem Cognit. 2019 May;47(4):575-588. doi: 10.3758/s13421-018-0878-5. PMID: 30478520

[2] Hartshorne JK, Makovski T. The effect of working memory maintenance on long-term memory. Mem Cognit. 2019 May;47(4):749-763. doi: 10.3758/s13421-019-00908-6