Démence : l’arrêt des antipsychotiques est-il possible ?
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D’abord, les médecins prescrivent fréquemment des médicaments antipsychotiques aux personnes âgées. En effet, ces traitements visent à apaiser les troubles du comportement liés à la démence. Cependant, la littérature médicale souligne souvent les risques importants d’une utilisation à très long terme. Les soignants s’inquiètent particulièrement des nombreux effets indésirables potentiels et d’une mortalité accrue. Par conséquent, les recommandations cliniques suggèrent d’interrompre régulièrement ces puissantes médications psychiatriques. Pourtant, les familles et le personnel médical redoutent souvent une détérioration brutale des symptômes neuropsychiatriques. Heureusement, une vaste méta-analyse scientifique apporte des réponses rassurantes sur ce sujet délicat.
L’arrêt des antipsychotiques est souvent possible dans la démence
Ensuite, cette méta-analyse exhaustive a recensé les résultats de dix études cliniques différentes. Au total, ces recherches impliquaient plus de 600 patients diagnostiqués avec une démence. Les malades souffraient tous de symptômes neuropsychiatriques traités par antipsychotiques depuis plusieurs mois. Les chercheurs ont alors comparé l’arrêt pur et simple des médicaments à leur stricte continuation.
Le résultat principal de cette étude s’avère très positif pour les patients. Il est tout à fait possible d’arrêter un traitement avec un antipsychotique dans la grande majorité des cas de démence. Les malades ne développent pas de nouveaux troubles du comportement majeurs après l’arrêt. De plus, ces recherches confirment des études antérieures similaires sur la démence. En effet, le sevrage ne provoque aucun effet négatif persistant sur le comportement des patients. Par ailleurs, l’arrêt des médicaments n’aggrave pas du tout leurs précieuses fonctions cognitives. Enfin, l’état psychologique global et la qualité de vie restent parfaitement stables. De surcroît, le taux de mortalité n’augmente absolument pas chez le groupe sevré.
Les précautions à prendre pour les symptômes sévères
Toutefois, les cliniciens nuancent fortement ces conclusions pour certains profils de patients très spécifiques. En effet, les chercheurs recommandent de poursuivre le traitement antipsychotique chez certains malades avec démence. Les patients présentant une agitation très sévère ou une véritable psychose doivent conserver leurs médicaments. Si ces personnes réagissent très bien aux antipsychotiques, le sevrage représente un véritable danger médical.
Ainsi, l’arrêt brutal ou progressif chez ces malades entraîne un risque majeur de rechute rapide. Par conséquent, une évaluation clinique individuelle reste indispensable avant toute modification thérapeutique. Le médecin traitant doit toujours peser très attentivement les bénéfices et les risques de l’arrêt. En conclusion, les stratégies de sevrage peuvent intégrer la pratique courante pour les symptômes légers. La médecine gériatrique progresse vers une utilisation beaucoup plus raisonnée de ces médicaments puissants.
Références
[1] Van Leeuwen E, Petrovic M, van Driel ML, De Sutter AI, Vander Stichele R, Declercq T, Christiaens T. Withdrawal versus continuation of long-term antipsychotic drug use for behavioural and psychological symptoms in older people with dementia. Cochrane Database Syst Rev. 2018 Apr 1;3(3):CD007726. doi: 10.1002/14651858.CD007726. pub3. PMID: 29605970; PMCID: PMC8407230. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/29605970
[2] Declercq T, Petrovic M, Azermai M, Vander Stichele R, De Sutter AI, van Driel ML, Christiaens T. Withdrawal versus continuation of chronic antipsychotic drugs for behavioural and psychological symptoms in older people with dementia. Cochrane Database Syst Rev. 2013 Mar 28;(3):CD007726. doi: 10.1002/14651858.CD007726. pub2. PMID: 23543555. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/23543555

