Déficit cognitif léger : comment réduire le risque de démence

Trouble cognitif léger

Parkinson: l’infection de l’intestin en cause

Parkinson : des pesticides et solvants en cause

Matériel médical à domicile pour les personnes âgées

Rivastigmine

Jouer pour faire travailler sa mémoire

Donépézil

Stabilisateur de l’humeur

Stimulation magnétique transcrânienne

Author Archives: Stéphane Bastianetto

  1. Déficit cognitif léger : comment réduire le risque de démence

    1 Comment

    Il est possible de modifier certains facteurs qui augmentent le risque de démence chez les personnes à risque souffrant de déficit (ou trouble) cognitif léger (DCL), selon une méta-analyse portant sur 62 études.

    Parmi les facteurs qui augmentent le risque de développer une démence notons le diabète, le syndrome métabolique, de faibles niveaux d’acides foliques, les symptômes neuropsychiatriques et la dépression. A l’inverse, un régime de type méditérranéen diminue ce risque.

    Tous ces facteurs de risque sont dits modifiables, c’est-à-dire que l’on peut agir sur ces facteurs pour les modifier (contrairement à l’âge et aux gènes qui sont des facteurs que l’on ne peut modifier).

    « Le principal message est que faire attention à son alimentation et sa santé physique et mentale est la meilleure façon de lutter contre la démence, déclare Claudia Cooper, auteure principale de l’étude et chercheure à l’University College de Londres, qui rajoute que ce sont des mesures de bon sens que les professionnels de santé peuvent facilement mettre en pratique.

    Il n’existe pas d’interventions fondées sur des données probantes pour les personnes atteintes de déficit cognitif léger, qui constituent une catégorie de plus en plus importante au fur et à mesure que la population vieillit.

    « De plus en plus de gens sont diagnostiqués avec un trouble cognitif léger, et ils forment un groupe très motivé pour réduire leur risque de développer une démence. Donc nous voulions voir quel est le meilleur conseil que nous pourrions leur apporter », a t-elle ajouté.

    Les chercheurs ont évalué des études longitudinales qui ont évalué les facteurs de risque modifiables. Parmi les études choisies, 17 étaient des études épidémiologiques et 45 des études cliniques.

    Les résultats ont montré que la présence d’un diabète a augmenté de 65% le risque de développer la maladie d’Alzheimer chez les personnes avec un déficit cognitif léger. Fait intéressant, le fait de traiter son diabète a diminué de manière significative le risque de maladie d’Alzheimer, comparé à ceux qui n’étaient pas traités,  suggérant que ce facteur de risque peut être modifié.

    Les patients qui suivent un régime pauvre en produits laitiers et en viande, mais riche en poissons, fruits et légumes sont moins susceptibles de passer d’un état de déficit cognitif léger à celui  d’Alzheimer.

    La présence de facteurs neuropsychiatriques ou de faibles niveaux d’acide folique accroissent également le risque de démence. Quant à la présence de symptômes dépressifs, les résultats sont contradictoires.

    Enfin, la consommation excessive d’alcool constitue un facteur de risque, contrairement à d’autres facteurs qui n’ont aucune influence néfaste (par ex. hypertension, hypercholestérolémie, tabagisme, consommation modérée d’alcool et faible niveau d’éducation).

    Bien que le début d’apparition d’un déclin cognitif léger puisse être retardé chez ceux qui sont plus éduqués (comparés à ceux qui le sont moins), le facteur éducation ne retarde pas l’apparition de la démence une fois un diagnostic de déficit cognitive posé. Cette observation est conforme avec la théorie de la réserve cognitive.

    Des questions restent en suspens, notamment celles concernant l’absence d’effets délétères du tabagisme et des symptômes dépressifs.

    Source: Cooper C et coll.  Modifiable predictors of dementia in mild cognitive impairment: a systematic review and meta-analysis. Am J Psychiatry. 2015 172:323-34.

    Sur le même thème

    L’exercice physique bénéfique dans le déclin cognitif léger

    Le déclin cognitif léger

    Le régime méditerranéen contre le vieillissement cérébral

  2. Trouble cognitif léger

    Commentaires fermés sur Trouble cognitif léger

    Le trouble cognitif léger (ou déficit cognitif léger) n’est pas un état pathologique mais plutôt un terme désignant des personnes avec une altération modérée mais significative de leurs fonctions cognitives.

    La notion de trouble cognitif léger (TCL) est la traduction anglaise de « mild cognitive impairment » ou « MCI » introduite en 1991 par des chercheurs américains (Flicker et coll. Mild cognitive impairment in the elderly: predictors of dementia. Neurology, 1991, 41:1006-1009).

    Historique

    Le concept de plaintes mnésiques apparaît dans les années soixante.

    Kral et ses collaborateurs (1962) distingue l’oubli bénin provoqué par le vieillissement cérébral de l’oubli malin provoqué par une affection cérébrale.

    La notion d’oubli bénin provoqué par le vieillissement cérébral correspond au terme anglo-saxon de age associated memory impairment (AAMI) qui définit une perte de la performance mnésique chez une personne âgée, comparée à celle d’un sujet plus jeune.

    En 1991, Flicker et ses collaborateurs introduisent le concept de trouble cognitif léger (ou défici cognitif léger) en proposant les caractéristiques suivantes:

    • Plainte de mémoire, confirmée par les proches.
    • Les activités de la vie quotidienne sont normales.
    • Le fonctionnement cognitif est globalement normal.
    • Les performances cognitives sont anormalement basses pour l’âge.
    • Le sujet ne remplit pas les critères de démence.

    En 1999, le clinicien américain Petersen définira les critères cliniques et parlera de déclin cognitif léger ou trouble cognitif léger.

    Définition du trouble cognitif léger

    Le « trouble cognitif léger »  n’est pas un état pathologique mais plutôt un terme désignant un groupe de personnes qui présentent une altération modérée mais significative de leurs fonctions cognitives.

    La majorité de ces personnes souffrent de troubles objectifs de la mémoire (c’est-à-dire validés par des tests dits neuropsychologiques).

    C’est un niveau transitoire entre le vieillissement normal et la maladie d’Alzheimer débutante, ce qui signifie pas pour autant que les personnes souffrant de trouble cognitif léger développeront une maladie d’Alzheimer. En effet, certains présentent un retour à la normale de leurs performances.

    Les critères du trouble cognitif léger

    • Le sujet se plaint de troubles mnésiques (de préférence corroborés par un proche).
    • Un examen neuropsychologique confirme que les performances mnésiques du sujet sont inférieures à celles d’un sujet « normal » du même âge.
    • Les fonctions cognitives du sujet sont préservées.
    • Le sujet est globalement autonome
    • Ce déclin doit être présent depuis au moins six mois.
    • Il exclut toute personne souffrant de dépression, d’idées délirantes, de retard mental, ou d’autres troubles psychiatriques.

    Exemples de troubles de mémoire : la personne replace plus souvent les objets au mauvais endroit, utilise des pense-bêtes, répète souvent les mêmes questions, a du mal à gérer ses rendez-vous.  

    Les activités de base de la vie quotidienne sont préservées mais environ un tiers des patients présentent de légers troubles affectant les activités instrumentales complexes de la vie quotidienne.

    Ces troubles ne sont pas significatifs, contrairement à ceux observés dans la démence. Par exemple, le patient souffrant de déclin cognitif léger (DCL en abrégé) a de la difficulté à préserver ses hobbies, gérer ses affaires personnelles nécessitant un effort intellectuel (par ex. déclaration d’impôt, comptabilité), utiliser un nouvel équipement.  Elle a du mal à trouver ses mots, à conduire en sécurité, se laisse facilement distraire ou à préparer le dîner. 

    Il aura tendance à faire répéter les mêmes questions et a du mal à se souvenir de noms de personnes que l’on vient de lui présenter (sa mémoire verbale est en effet affectée).

    La communauté médicale est divisée sur la définition de troubles significatifs des capacités fonctionnelles. Son défi sera d’évaluer avec précision ces subtils changements.

    Un diagnostic de démence sera posé si la personne voit ses activités quotidiennes altérées et si d’autres fonctions cognitives sont affectées.

    Ces critères ont été proposés par Peterson RC et coll. Curent concepts in mild cognitive impairment. Archives of Neurology, 2001, 58:1985-1992.

    Prévalence

    La prévalence se situe entre 10% et 20% chez les plus de 65 ans. Selon l’étude canadienne «Canadian Study of health and Aging», près de 17% des personnes âgées souffriraient de trouble cogniitf léger. Ce pourcentage est de 22% chez les Américains âgés de 71 ans et plus (Source: Annals of Internal Medicine 2008;148:427-434).

    Selon une autre étude portant sur 12 000  jumeaux, le trouble cognitif léger toucherait 64% des personnes âgées de plus de 65 ans.

    La prévalence est de 39% chez ceux dont le trouble est subjectif (c’est-à-dire ressenti par le plaignant ou l’entourage mais non validé par des tests), alors qu’il est de 25% lorsque la plainte cognitive est objective (c’est-à-dire confirmée par des tests).

    Selon l’étude, le trouble cognitif léger (TCL) concerne la mémoire et l’attention. 

    Une autre étude souligne que les personnes souffrant de manière subjective de TCL sont avant tout des personnes ayant un niveau d’éducation élevé, le plus souvent mariées et vivant confortablement. Elle confirme que le faible niveau d’éducation a un impact négatif sur le fonctionnement cognitif. 

    Enfin, lorsqu’une personne âgée souffre d’un TCL, son frère jumeau (ou sa sœur jumelle) a un risque accru d’être atteinte.

    Facteurs vasculaires

    Une forte proportion de ces patients présentent des facteurs de risque vasculaires, en particulier une hypertension. La technique de neuroimagerie décèle dans certains cas des infarctus silencieux, qui amplifie le accélère la mort neuronale.

    Si aucun signe avant-coureur de maladie d’Alzheimer n’apparaît chez ces patients, les cliniciens utilisent le terme de déclin cognitif vasculaire (en anglais « vascular cognitive impairment »).

    Quels sont les liens entre le trouble cognitif léger et la démence ?

    Plusieurs études indiquent que 10 à 15% des personnes atteintes de DCL « progressent » dans une année vers une démence de type Alzheimer.

    Le diagnostic est donc d’un intérêt capital.

    Il convient de noter que certaines personnes souffrant d’un DCL ne deviendront pas démentes (25% selon une étude canadienne) ou développeront un autre type de démence (par exemple une démence d’origine vasculaire ou associée à un syndrome parkinsonien), reflétant la nature hétérogène de cette catégorie de sujets.

    Les patients souffrant de ce trouble représentent donc une catégorie de patients à risque de démence.

    Une grande majorité (jusqu’à 60%) de ces patients qui ont par la suite développé une maladie d’Alzheimer était dépressive. La dépression est donc un signe prédictif chez cette catégorie de patients.

    Partant du constat qu’il existe différents devenirs pour les patients présentant ce trouble, la communauté médicale s’est intéressée à d’autres formes de trouble cognitif léger, caractérisées par une atteinte de plusieurs domaines cognitifs et une préservation de la mémoire.

    Dans un article publié en 2001, l’équipe du docteur Petersen définit les différents sous-types de trouble et leurs possibles étiologies:

    Sous-types (Trouble cognitif léger = TCL)Possible étiologies
    TCL amnésique simple domaineMaladie d’Alzheimer
    TCL multidomaineMaladie d’Alzheimer
    Démence vasculaire
    Dépression
    TCL non amnésique multidomaineDémence fronto-temporale
    Démence à corps de Lewy
    Démence vasculaire
    Aphasie proressive primaire
    Maladie de Parkinson
    Maladie d’Alzheimer
    Autre pathologie neurodégénérative

    Alors que le TCL simple domaine se définit par l’atteinte d’une seule fonction cognitive (par exemple la mémoire), le TCL multidomaine se caractérise par le déficit de plusieurs domaines cognitifs (langage, fonctions exécutives et habiletés visuo-spatiales) avec ou sans déficit mnésique.

    En 2011, un institut national américain a défini les caractéristiques cliniques qui permettent de dire que la maladie d’Alzheimer est à l’origine d ‘un déclin cognitif léger chez une personne. Les voici : 

    • Problèmes de mémoire persistants.
    • Le déclin de la cognition est progressif et non brutal (on parle de plusieurs mois à plusieurs années).
    • Absence d’hallucinations ou  de troubles moteurs (caractérisques d’une démence à corps de Lewy).
    • Absence de facteurs de risques vasculaires ou de dommages vasculaires (l’hypothèse d’un déclin cognitif vasculaire est alors évoquée).
    • Absence de troubles importants du langage et du comportements (l’hypothèse d’une démence fronto-temporale est alors évoquée).

    Comment dépister le trouble cognitif léger ?

    Les différents tests neuropsychologiques permettent d’explorer les différents domaines cognitifs, ce qui permettra de déterminer les sous-types de trouble. Les principaux domaines cognitifs explorés sont la mémoire, le langage, les fonctions exécutives, l’attention et les capacités visuospatiales.

    • Mémoire. C’est principalement la mémoire épisodique qui est évaluée. Le Montreal Cognitive Assessment (MoCA) est un outil spécifique au dépistage du déclin cognitif léger.  Les autres tests les plus utilisés sont les tests de rappel libre (RL) et rappel indicé (RI) selon la procédure de Grober et Buschke et le test de reconnaissance visuelle DSM 48. Ces tests permettront de déterminer s’il y a une atteinte de l’hippocampe (test de Grober et Buschke) et du cortex périrhinal (DSM 48). Les autres tests utilisés sont le test des portes et le test de mémoire logique de la MEM III. Le cortex temporal est impliqué dans la reconnaissance des visages et des objets.
    • Langage. Le test DO80 et les tâches de fluence verbale catégorielle et sémantique permettent de mettre en évidence un atteinte des aires de Broca et de de Wernicke.
    • Fonctions exécutives, attention et mémoire de travail. Le test de Stroop, le test des tracés et l’échelle d’intelligence de Wechsler sont souvent utilisés dans l’évaluation de l’attention et des fonctions exécutives. Pour rappel, un déficit des fonctions exécutives et de la mémoire de travail reflètent une atteinte du cortex préfrontal et pariétal.
    • Capacité visuospatiale. Le test de la figure de Rey et la batterie de tests de perception développés par Warington (visual and object space perception battery) permettent de dépister des agnosies visuelles et spatiales. Pour rappel, le cortex pariétal postérieur est impliqué dans la conscience spatiale.

    Enfin, le mini-examen de l’état mental (MMSE) est d´une certaine utilité, mais manque de sensibilité. En revanche, le «Montreal Cognitive Assessment» et le «DemTect» semblent des tests prometteurs. Le «Montreal Cognitive Assessment» évalue le rappel différé, la fluence verbale, les habiletés visuospatiales, le calcul mental, l’orientation, l’attention, la concentration et les fonctions exécutives. Sa sensibilité, sa spécificité et sa valeur prédictive sont d´environ 90% (il existe 90% de risque qu´un sujet ayant obtenu un mauvais score à ce test soit atteint de DCL). Le «DemTect» est également un test précis et d´une très grande fiabilité.

    Mesure de l’autonomie

    il est nécessaire d’évaluer l’autonomie du patient grâce aux échelles d’évaluation des activités élémentaires de la vie quotidienne et des activités instrumentales de la vie quotidienne. Une personne avec un déficit cognitif léger est en théorie autonome. Elle peut cependant avoir des problèmes pour gérer ses finances ou conduire.

    Attention à certains médicaments

    Certains classes de médicaments peuvent entraîner des troubles cognitifs: il s’agit notamment des médicaments qui diminuent les niveaux d’acétylcholine dans le cerveau, les opiacés, les benzodiazépines, les hypnotiques, les antihistaminiques, les antidépresseurs tricycliques, les myorelaxants et les antiépileptiques.

    De plus, l’hypotension liée à un traitement intensif de l’hypertension et une hypoglycémie associée à un traitement intensif du diabète peut également contribuer au déclin cognitif.

    Diagnostic

    Neuroimagerie

    Il est maintenant admis que les tests neuropsychologiques et l’examen du cerveau par des techniques de neuroimagerie permettent non seulement:

    • de distinguer les personnes âgées ‘saines’ de celles ayant un trouble cognitif léger mais également,
    • d’identifier les sujets ayant une forte probabilité de développer une démence de type Alzheimer.

    Les personnes souffrant de ce trouble présentent une dilatation plus rapide des ventricules (reflétant une perte neuronale) que les personnes saines du même âge, selon une étude ayant utilisé la technique d’imagerie par résonance magnétique (IRM) volumétrique.

    Cette accélération peut être détectée deux ans avant l’apparition des premiers symptômes observés lors du DCL (Source: Neurology 2008;70:824-825,828-833).

    D’autres changements ont également été mis en observé chez des patients DCL ayant développé par la suite une maladie d’Alzheimer: baisse du volume de l’hippocampe (le région cérébrale impliquée dans la mémoire), diminution de l’activité de certaines structures cérébrales (mise en évidence par la technique de tomographie par émission de positon), et dépôts de plaques amyloïde marquées par la molécule radioactive Pittsburgh Compound-B (technique de tomographie par émission de positon).

    Certains marqueurs biologiques sont susceptibles d’identifier des personnes à risque: présence élevée des protéines amyloïde et tau dans le liquide céphalorachidien, présence de la mauvaise forme de la protéine apolipoprotéine (appelée apolipoprotéine 4), niveaux élevés d´homocystéine et de cholestérol LDL, et dysfonctionnement olfactif. Ces observations doivent être confirmées et ne sont utilisées qu’à des fins de recherche. 

    Tests de laboratoire

    La mesure des niveaux de sels minéraux, de glucose, de calcium, des vitamines B6 et B12 et de la fonction thyroïdienne permet de les formes réversibles de déclin cognitif léger liées à une infection, une insuffisance rénale, une hypo- ou une hyperthyroïdisme, ou des niveaux anormaux de vitamines ou de sels minéraux.

    Thérapie

    Les patients avec un déficit cognitif léger et traités avec un inhibiteur de l’acétylcholinestérase (donépézil, galantamine, rivastigmine), n’ont pas moins de risque de développer une démence, comparés à ceux qui ne sont pas traités.

    De plus, ces médicaments n’ont aucun effet bénéfique sur la cognition de ces patients. Ils ne sont donc pas recommandés dans le traitement du déclin cognitif léger.

    Enfin, l’extrait de ginkgo biloba et une supplémentation en testostérone ne ralentissent pas le déclin cognitif léger.

    Conseils pour traiter les patients avec un déficit cognitif léger

    Il est possible de réduire le risque de trouble cognitif léger pour réduire le risque de démence.

    • Hypertension : contrôle de la pression artérielle.
    • Diabète : contrôle de la glycémie. Evitez l’hypoglycémie sévère.
    • Prévention des AVC : Traitement aux statines si indiqué.
    • Présence d’une fibrillation auriculaire: traitement avec un anti-coagulant ou un antithrombique.
    • Éviter l’alcohol.
    • Exercer des activités physiques et mentales.
    • Arrêtez de fumer
    • Encourager les interactions sociales
    • Gérer ses affaires sur le plan personnel et patrimonial.
    • Conduire et se déplacer dans sa maison sans danger (évitez les chutes).
    • Faire un suivi de sa performance cognitive tous les six mois environ.

    Références

    Chertkow H et coll. Diagnosis and treatment of dementia: 3. Mild cognitive impairment and cognitive impairment without dementia. CMAJ. 2008 May 6;178(10):1273-85.

    Gauthier S et coll. Mild cognitive impairment. Lancet. 2006 Apr 15;367(9518):1262-70.

    Cas pratique

    Mme J., âgée de 81 ans, souffrant d’hypertension et de l’hyperlipidémie, a consulté un neurologue car elle « oublie des choses qu’elle vient d’entendre ».

    Mme J. et son mari ont commencé à noter des problèmes de mémoire bénins un an plus tôt et ont remarqué que ces problèmes progressaient lentement.

    Son mari a remarqué que sa femme avait des difficultés à résoudre certains problèmes et à gérer son temps. Mme J. était facilement distraite et avait du mal à se rappeler des conversations récentes. Elle égarait des objets et passait beaucoup de temps à les chercher. Elle lisait moins qu’avant. Elle a demandé à plusieurs reprises comment effecteur certaines opérations sur son ordinateur et son téléphone cellulaire.

    Son mari a signalé qu’elle ne prenait aucune initiative et que leur maison semblait plus désordonnée.

    Elle avait de la difficulté à planifier le dîner et les mets qu’elle concoctait étaient moins sophistiqués.

    Les deux n’ont rapporté aucun changement dans le langage ou la parole.

    Elle a continué à conduire à proximité de son domicile sans faire d’accidents, mais avait de la difficulté à se souvenir de la direction à prendre pour aller dans des endroits familiers.

    Mme J. n’avait ni hallucinations ni troubles délirants. Elle dort bien, est de bonne humeur et n’a aucun problème de comportement ou de changements de personnalité.

    Elle exerce de manière autonome toutes les activités de la vie quotidienne (AVQ). Elle a connu ces deux derniers mois quelques problèmes d’incontinence urinaire.

    Concenant les activités instrumentales de la vie quotidienne (AIVQ), Mme J. a connu des difficultés à régler certaines factures. Malgré l’utilisation d’un pilulier compartimentée, Mme J. oublie occasionnellement de prendre ses médicaments.

    Mme J a déclaré à son médecin qu’elle déclinait les invitations de ses amies pour aller jouer au bridge car elle savait qu’elle ne pourrait se souvenir des cartes.

    Diagnostic

    Mme J. souffre d’un trouble cognitif léger, un stade clinique qui se situe entre un déclin cognitif considéré comme normal pour l’âge et un déclin cognitif plus marqué relié à une pathologie (ex. maladie d’Alzheimer).

    dans le déclin cognitif léger, l’altération des fonctions cognitives n’est pas suffisamment grave pour nécessiter une aide quotidienne qui permet d’assurer les activités élémentaires et instrumentales de la vie quotidienne.

  3. Parkinson: l’infection de l’intestin en cause

    Leave a Comment

    La maladie de Parkinson est associée à des changements dans la composition du microbiome de l’intestin.

    Dans la maladie de Parkinson, la capacité des bactéries de l’intestin à décomposer les graisses est altérée, ce qui rend plus difficile la régulation de la production d’acides biliaires.

    Cette perturbation de la production d’acides biliaires pourraient être un indicateur potentiel de la maladie .

    Les traitements ciblant le microbiome et les acides biliaires peuvent aider à retarder la progression de la maladie de Parkinson.

    Des études soulignent l’hypothèse d’un lien entre une inflammation de l’intestin et l’apparition de la maladie de Parkinson. Des pesticides et des bactéries seraient en cause.

    Maladie de Parkinson et inflammation de l’intestin

    Les problèmes digestifs précèdent souvent les symptômes moteurs de la maladie de Parkinson. Il est possible que l’alpha-synucléine, dont l’accumulation dans le cerveau est à l’origine de ces symptômes, apparaisse d’abord dans le nerf vague qui innerve le tube digestif pour aboutir dans le cerveau via ce nerf. Une expérience réalisée chez le rat a d’ailleurs montré que l’on pouvait provoquer la maladie en inoculant ces agrégats d’alpha-synucléine, la protéine caractéristique de la maladie de Parkinson, dans la paroi de l’intestin.

    Possible lien entre l’inflammation de l’intestin et le cerveau

    Cette protéine synucléine pourrait provoquer une inflammation intestinale où se concentrent des cellules du système immunitaire et dont la fonction est de contrôler les bactéries du microbiote intestinal. Certaines personnes seraient plus sensibles à développer une inflammation de l’intestin.

    D’autre part, certaines bactéries qui provoquent une inflammation seraient à l’origine d’une accumulation de la protéine amyloïde, en cause dans la maladie d’Alzheimer.

    Alzheimer : le microbiote intestinal en cause ?

    Source : Killinger BA et coll. The vermiform appendix impacts the risk of developing Parkinson’s disease. Sci Transl Med.  31;10(465), 2018.

    La prévention de l’appendice diminuerait le risque de Parkinson

    L’ablation de l’appendice  diminuerait d’un quart le risque de maladie de Parkinson et retarde la progression chez celles qui développent la maladie. Cette étude confirme le lien entre une lésion de l’intestin et celle du cerveau.

    Une étude épidémiologique américaine (Van Andel Research Institute à Grand Rapid)  portant sur près de 1,7 million de Suédois rapporte que l’ablation préventive de l’appendice (petite excroissance dans le gros intestin) diminue de 20% à 25% (chez les personnes vivant en milieu rural) le risque de développer la maladie de Parkinson.

    https://www.neuromedia.ca/certains-pesticides-et-solvants-augmentent-le-risque-de-parkinson

  4. Parkinson : des pesticides et solvants en cause

    1 Comment

    Certains scientifiques suggèrent qu’il existe un lien entre l’exposition à certaines toxines environnementales, telles que les pesticides, les métaux lourds et d’autres substances, et un risque élevé de développer la maladie de Parkinson.

    Parkinson : une liste de pesticides et solvants établie par les autorités européennes

    L’Autorité européenne de sécurité des aliments rapelle dans un récent rapport de 2016 que certains produits, notamment des pesticides sont dangereux pour les cerveaux car à l’origine de certains cas de maladie de Parkinson.

    L’Autorité européenne de sécurité alimentaire (EFSA) a identifié 16 produits chimiques associés très probablement à l’apparition de la maladie de Parkinson. Pour en arrriver à ce résultat, les auteurs ont analysé les études publiées dans ce domaine entre 1990 à 2015. Certains sont utilsés en recherche pour service de modèle de maladie de Parkinson en s’attaquant spécifiquement aux neurones de la dopamine (MPTP, 6-OHDA), d’autres sont des pesticides et insecticides (ex paraquat, roténone) qui détruisent les neurones en produisant des radicaux libres. La roténone agit en particulier sur les mitochondries.

    En voici la liste :

    • Methyl-4-Phenyl-1,2,3,6-Tetrahydropyridine (MPTP, toxine synthétique )
    • Roténone (pesticide)
    • 6-hydroxydopamine (6-OHDA)
    • Paraquat (herbicide)
    • Manganèse
    • Amphétamine (psychostimulant)
    • Carbamate (pesticide)
    • Isoquinoline/salsolinol
    • Organochlorine (pesticide utilisé dans le DDT)
    • Organophosphate
    • 1-trichloromethyl-1,2,3,4-tetrahydro-betacarboline
    • Carbolinium
    • Particules (pollution atmosphérique)
    • Pyréthroide (pesticide)
    • Polychlorinated biphenyls
    • Fungal
    • Haloperidol (antipsychotique)

    Un des plus vieux pesticides associé à la maladie de Parkinson

    Une étude de 2016 démontre le lien entre un pesticide (heptachlor) et le développement de la maladie de Parkinson. L’heptachlor, utilisé en agriculture pour protéger les cultures de maïs, fut retrouvé dans des produits laitiers dans les années 1980. Sa production et sa vente sont maintenant interdites.

    Ces travaux sont basés sur les données provenant de 449 hommes américano- japonais suivis pendant plus de 30 ans, jusqu’à leur décès.

    Les scientifiques ont découvert des traces d’heptachlor dans le cerveau de 90 % des personnes qui avaient consommé le plus de lait. Le pesticide a également été retrouvé chez 63 % de ceux qui n’en buvaient jamais.

    Les personnes qui buvaient plus de deux verres de lait par jour au début de l’étude avaient une perte de 40 % de neurones de la substance noire, comparées aux hommes qui consommaient moins de deux verres. La substance noire est une partie du cerveau qui est détruite dans la maladie de Parkinson.

    Etrangement, cette association n’est pas retrouvée chez les buveurs de lait qui, par ailleurs, étaient fumeurs. Cette observation confirme l’hypothèse que la nicotine possède un rôle protecteur dans la maladie de Parkinson.

    Cette association entre le pesticide et la maladie de Parkinson ne signifie pas nécessairement qu’il existe un lien de cause à effet.

    Source: Abbott RD et coll.Midlife milk consumption and substantia nigra neuron density at death.Neurology. 2015 Dec 9.

    Pesticides: les viticulteurs particulièrement exposés à leurs effets délétères

    Les chercheurs de l’Agence nationale de sécurité sanitaire, de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES) ont analysé les données de 900 viticulteurs âgés de 40 et 50 ans pendant une période d’un an.

    Leurs résultats démontrent que les viticulteurs exposés aux pesticides et aux fongicides voient leurs fonctions cognitives (mémoire, attention) se dégrader plus vite, comparés aux autres agriculteurs. Cette dégradation des fonctions cognitives apparaît nettement chez les viticulteurs exposés à plusieurs produits simultanément. Source : Occupational and Environmental Medicine.

    Le lien entre pesticides et solvants et maladie de Parkinson confirmé confirmé par une étude de 2003

    Une méta-analyse de 2013 regroupant de plus de 100 études  montre que l’exposition aux pesticides, désherbants et solvants est associée à un risque plus élevé de maladie de Parkinson.

    Cela concerne notamment l’exposition au paraquat (herbicide) ou aux fongicides manèbe et le mancozèbe, avec un risque multiplié par deux.

    « Nous ne savons pas quelle voie d’exposition (inhalation, absorption par la peau) affecte le risque de Parkinson », a déclaré Dr. Cereda, médecin à l’hôpital de Pavie en Italie.

    «Toutefois, notre étude suggère que le risque augmente avec le dose et la durée de l’exposition.»

    Source : Exposure to pesticides or solvents and risk of Parkinson disease. Neurology, mai 2013.

    France : La maladie de Parkinson reconnue maladie professionnelle chez les agriculteurs

    En 2012, la maladie de Parkinson a été reconnue maladie professionnelle chez les agriculteurs qui vont pouvoir être pris en charge à 100%  et indemnisés en cas  de maladies. La raison est l’utilisation de pesticides par cette catégorie professionnelle, dont la manipulation à long terme augmente le risque de maladie de Parkinson.

    La condition pour bénéficier de ce remboursement est  de justifier d’une certaine durée d’exposition (10 ans en l’occurrence) et d’un certain taux d’incapacité, à savoir au moins 25%.

    Les solvants industriels augmentent le risque de maladie de Parkinson

    Les personnes exposées au trichloroéthylène (TCE), présentent un risque multiplié par six de développer la maladie de Parkinson. L’étude de 2012 s’est basée sur l’analyse de 99 paires de jumeaux américains, dont l’un des deux seulement souffrait de la maladie. Cette étude confirme le rôle néfaste des contaminants environnementaux dans la maladie de Parkinson.

    Le trichloroéthylène est un solvant utilisé dans le dégraissage à la vapeur, dans le nettoyage à froid de pièces métalliques, dans le nettoyage à sec et dans certains produits à usage domestique. Une exposition élevée peut causer une irritation des yeux et de la gorge, des maux de tête, des nausées, des étourdissements, voire une confusion. Il fait partie depuis 1999 de la liste des substances toxiques par Environnement Canada. Source: Goldman SM et coll. Solvent exposures and parkinson disease risk in twins. Source : Ann Neurol. Novembre 2011.

  5. Matériel médical à domicile pour les personnes âgées

    Leave a Comment

    Le marché du matériel médical se développe à grands pas, en particulier celui destiné plus spécialement aux seniors qui représentent une catégorie de la population de plus en plus importante et la plus vulnérable.

    Au 1er janvier 2020, les personnes âgées d’au moins 65 ans représentaient 20,5 % de la population en France. Jusqu’en 2040, la proportion des personnes de 65 ans ou plus progresserait fortement pour atteindre 25%. Cette forte augmentation est inéluctable et résulte majoritairement de l’augmentation de l’espérance de vie que de l’arrivée dans cette classe d’âge de toutes les générations issues du baby-boom.

    De nombreux établissements de santé et entreprises qui s’adressent à une clientèle de personnes âgées s’efforcent d’apporter à ces personnes âgées toute l’aide dont elles peuvent bénéficier, en proposant notamment des produits leur permettant de vivre à la maison.

    L’objectif de ce matériel médical est de favoriser une vie autonome en toute sécurité, qu’il soit destiné au grand public ou aux professionnels de la santé. Bon nombre de ces produits peuvent les aider à modifier une maison en fonction de leurs besoins en matière de santé et de sécurité, comme l’amélioration de l’accès aux lits, aux salles de bain et aux cuisines. D’autres produits de soins de santé soutiennent les activités de la vie quotidienne comme prendre son bain, s’habiller et gérer ses médicaments. 

    De nos jours, bien vieillir peut être facile grâce aux innovations et aux nouvelles technologies. Ces équipements peuvent permettre aux personnes âgées de se protéger et de vivre quotidiennement dans un environnement plus sécurisé.

    Voici quelques-uns des produits de soins à domicile pour personnes âgées les plus utiles dans lesquels on peut investir pour faciliter la vie de la personne âgée et de celle de son entourage.

    Fauteuils roulants électriques

    Les fauteuils roulants électriques sont très populaires parmi les personnes âgées de nos jours. Les gens arrivent à un moment de leur vie où ils se rendent compte qu’ils ont besoin d’aide pour marcher, souvent en raison de problèmes de hanche, d’arthrite ou de troubles moteurs de type parkinsonien.

    Les fauteuils roulants électriques sont très bénéfiques pour les personnes âgées car ils leur offrent un moyen de mobilité indépendant afin qu’ils puissent se déplacer et accomplir les tâches quotidiennes confortablement. Certaines personnes âgées voient d’un bon œil un fauteuil roulant électrique car il les soutient et les accompagne dans toutes leurs activités quotidiennes.

    Barres d’appui et barres de sécurité pour toilettes

    Les barres d’appui et les cadres de sécurité des toilettes offrent un soutien aux personnes âgées qui ont des difficultés d’équilibre lorsqu’elles utilisent la salle de bain. Ces rails et barres sont réglables pour s’adapter à différentes hauteurs et largeurs de salle de bain afin de répondre aux besoins de chaque personne âgée. Les barres d’appui peuvent être utilisées pour aider les personnes âgées à se lever d’une position assise et les soutenir dans leur déplacement.

    Tapis de douche pour baignoire

    Un tapis de douche pour baignoire peut rendre le bain plus sûr pour les personnes âgées. Un tapis de douche durable leur permet d’entrer et de sortir de la baignoire assez facilement, sans glisser ni trébucher. Ce tapis de douche unique crée une surface antidérapante dans une douche qui peut empêcher de nombreuses blessures.

    Chaises de douche

    Les chaises de douche peuvent être utilisées pour soutenir le corps de la personne âgée et économiser de l’énergie pendant le lavage. Ils offrent confort et stabilité sous la douche, et contribuent également à l’équilibre. Les chaises de douche avec dossier et accoudoirs permettent aux seniors de se lever plus facilement sans risque de glisser. 

    Pommes de douche à main

    Une pomme de douche à main est détachable du support mural réglable ou fixe. Il est doté d’un tuyau extensible pour que les personnes âgées puissent tenir la pomme de douche dans leur main et la déplacer librement autour du corps.

    Avec la pomme de douche à main, les personnes âgées peuvent diriger le débit d’eau là où elles sont nécessaires, économisant ainsi l’eau. Les personnes âgées à mobilité réduite peuvent profiter davantage de cet outil et peuvent se nettoyer de manière autonome en position assise. Les pommes de douche à main sont moins susceptibles de glisser et sont donc moins susceptibles de causer des blessures. 

    Système d’alerte médicale avec GPS

    Si une personne âgée choisit de vivre seule, un système doit être mis en place pour qu’en cas d’urgence, il y ait une assistance immédiate. Il existe de nombreux systèmes d’alerte médicale mobiles, dont la plupart ne nécessitent qu’une simple pression sur un bouton pour avertir une équipe d’intervention d’urgence ou un membre de la famille en quelques secondes. Pour des raisons de sécurité supplémentaires, ces systèmes disposent également d’un système de suivi GPS. 

    Matériel médical pour professionnels

    Oxymètre de pouls qui mesure la SpO2 (niveaux de saturation en oxygène du sang). Une personne en bonne santé devrait se situer entre 94 % et 100 %. 

    Les innovations technologiques concernent non seulement du matériel pour les personnes âgées elles-mêmes mais également des équipements médicaux pour les professionnels de la santé (infirmières, kinésithérapeutes), tels que des équipements diagnostiques et de laboratoire.

    Ce matériel médical comprend des biens de consommation à usage unique (p.ex. pansements, masques respiratoires, gel hydroalcoolique, gants médicaux) et des équipements plus durables tels que que l’électrocardiogramme, le tensiomètre, le thermomètre et les stéthoscopes.

    Les oxymètres de pouls sont également très populaires en période de COVID. Ces appareils mesurent deux choses distinctes : le premier chiffre qui apparaît est la fréquence du pouls, habituellement accompagné d’un petit cœur, alors que le second chiffre est le niveau d’oxygène dans le sang. 

  6. Rivastigmine

    Commentaires fermés sur Rivastigmine

    La rivastigmine est indiquée dans le traitement symptomatique des formes légères à modérément sévères de la maladie d’Alzheimer.

    En France, la rivastigmine est également indiquée dans le traitement des formes légères à  modérément sévères de démence chez les patients souffrant d’une maladie de Parkinson idiopathique.

    Substance activeNom commercialLaboratoire
    Tartrate hydrogéné de rivastigmineExelon®Novartis Pharma

    Comment la rivastigmine fonctionne ?

    Il existe un faisceau de neurones qui se projettent dans deux structures du cerveau appelées cortex et hippocampe.

    Ces neurones libèrent un neurotransmetteur jouant un rôle prépondérent dans l’apprentissage et la mémoire : l’acétylcholine.

    Ce faisceau de neurones produisant l’acétylcholine est appelé « la voie cholinergique neuronale ».

    La destruction progressive de cette voie cholinergique entraîne la diminution de production d’acétylcholine.

    Cette diminution d’acétylcholine est très vraisemblablement la cause des symptômes observés dans la maladie d’Alzheimer (perte de mémoire, perte de l’orientation…).

    La rivastigmine augmente la libération d’acétylcholine dans le cortex et l’hippocampe en bloquant l’action de l’acétylcholinestérase, une enzyme qui dégrade l’acétylcholine libérée par les neurones.

    On dit que la rivastigmine est un inhibiteur de l’acétylcholinestérase.

    L’augmentation d’acétylcholine dans le cerveau est sensée être responsable de l’amélioration des symptômes observée après un traitement à la rivastigmine.

    La rivastigmine a été approuvée dans une soixantaine de pays, dont la plupart des pays européens et d’Amérique du Nord. Elle est commercialisée depuis le dépuis des années 2000.

    Sa demi-vie est de une à deux heures, mais sa dissociation de son récepteur es tlongue, si bien que la rivastigmine reste active pendant environ 10 heures après son administration.

    Efficacité le la rivastigmine dans la maladie d’Alzheimer

    Les données évaluant l’efficacité de la rivastigmine dans le traitement de la maladie d’Alzheimer (au stade léger à modérément sévère) proviennent à ce jour de 11 essais cliniques. Ces essais cliniques  randomisées en double aveugle contre placebo ont été d’une durée de 3 à 12 mois environ.

    Ces résultats (comparés au groupe placebo) ont montré que la rivastigmine  (6-12 mg/jour) a des effets bénéfiques se traduisant par une amélioration, une stabilisation ou un retard du déclin des domaines suivants :

    • Impression clinique globale,
    • performance cognitive et,
    • activités de la vie quotidienne.

    Aucun effet bénéfique n’a été rapporté sur le comportement.

    Les effets bénéfiques sur l’impression clinique globale n’apparaissent qu’après 26 semaines de traitement.

    Selon la Commission de la Transparence de la Haute Autorité de Santé (France), environ un tiers des patients tirent un bénéfice du traitement.

    La Commission considère que ce médicament a un effet bénéfique modeste. (Amélioration du Service Médical Rendu de niveau IV)

    Malgré un rapport efficacité/effets indésirables modeste, la Commission considère que le Service Médical Rendu de ce médicament reste important (niveau II).

    Décembre 2011. La Haute Autorité de Santé conclut dans un communiqué
    de presse que les quatre médicaments* prescrits dans la maladie d’Alzheimer présentent un intérêt thérapeutique faible.

    * Ebixa (mémantine, Lundbeck), Aricept (donépezil, Eisai), Exelon (Rivastigmine, Novartis Pharma) et Reminyl (galantamine, Janssen Cilag).

    Elle recommande de limiter leurs prescriptions à un an, avec une réévaluation du traitement six mois après le début de celui-ci. Si le médicament atteint ses objectifs (ex. stabilisation ou ralentissement du déclin cognitif) et s’il n’a pas subi d’effet indésirable grave et/ou altérant sa qualité de vie, le traitement pourra être poursuivi jusqu’à un an.

    Au-delà d’un an, la Commission de la Transparence recommande que le renouvellement du traitement soit décidé en réunion en présence du patient (si son état le permet) et de l’entourage familial et médical. Le traitement sera reconduit si le groupe de spécialiste donne son accord.

    A la suite de nouvelles données scientifiques, la Haute Autorité de Santé avait décidé de réévaluer dès 2011 les quatre médicaments de la maladie d’Alzheimer disponibles à l’heure actuelle. Ce travail de révision a été bouclé à la fin de cette année. Les membres de la Commission de la Transparence qui a participé à la réévaluation des médicaments
    soulignent que le rapport entre l’efficacité de ces médicaments et leurs effets indésirables est jugé faible.

    Cette commission estime que l’efficacité (discutable) de ces médicaments par rapport au placebo est principalement établie sur l’amélioration de la performance cognitive à court terme (un an maximum). Elle rajoute qu’il existe un risque d’effets indésirables (troubles gastro-intestinaux, cardiovasculaires et neuropsychiatriques notamment) pouvant
    nécessiter l’arrêt du traitement, ainsi qu’un risque accru d’interactions médicamenteuses (les patients âgés prennent souvent d’autres médicaments).

    La Commission de la Transparence considère donc qu’il n’y a pas de différence de tolérance et d’efficacité entre les quatre médicaments et qu’ils n’apportent pas d’amélioration du service médical rendu.

    L’actualisation des recommandations de bonne pratique sur la prise en charge de la maladie d’Alzheimer aboutira à leur publication d’ici la fin de l’année 2011. Source :Haute Autorité de la Santé.

    Janvier 2012. Le guide NICE TA1111 (National Institute for Health and Clinical Excellence) recommande l’utilisation du patch EXELON (rivastigmine) dans le traitement de la maladie d’Alzheimer (intensité légère à modérée). Selon les chercheurs, ce mode d’administration permet d’obtenir un niveau stable du médicament dans la circulation sanguine (sur une période de 24hrs), réduisant ainsi le risque d’effets indésirables. Le risque d’interaction avec d’autres médicaments est également réduit. Enfin, il réduit les contraintes liées à la prise orale de médicaments.

    Source : National Institute for Health and Clinical Excellence (NICE) Final Appraisal Determination. Donepezil, galantamine, rivastigmine and memantine for the treatment of Alzheimer’s disease (review of NICE technology appraisal guidance 111). Issue date: January 2011.

    Des résultats confirmés par Cochrane

    Selon une méta-analyse publiée dans Cochrane portant sur 9 études cliniques (4775 participants), la rivastigmine est plus efficace que le placebo dans les trois domaines suivants : cognitif, fonctionnel (AVQ, AVD) et impression globale chez les patients souffrant de la maladie d’Alzheimer d’intensité légère à grave, jusqu’à 52 semaines (Birks, 2009).

    Efficacité dans d’autres maladies

    Des essais cliniques sont menés dans le traitement d’autres troubles/maladies résumés dans le tableau ci-dessous.

    Troubles/maladies Domaines étudiés
    Déclin cognitif léger • Performance cognitive 
    • Effet préventif sur la maladie d’Alzheimer ?
    Démence mixte/vasculaire* • Performance cognitive 
    • Comportement
    Démence à corps de Lewy • Performance cognitive 
    • Comportement
    Démence associée à la maladie de Parkinson • Performance cognitive 
    • Comportement 
    • Troubles du sommeil

    * Les données évaluant l’efficacité de la rivastigmine dans le traitement de la démence mixte et/ou vasculaire (au stade léger à modéré) proviennent à ce jour d’un seul essai clinique randomisé en double aveugle contre placebo, d’une durée de 6 mois. Cette étude a montré que la rivastigmine a un effet modeste sur la performance cognitive, mais aucun effet sur les autres domaines (comparé au groupe placebo). De plus la fréquence des effets indésirables (anoréxie, nausée, vomissement, diarrhée et insomnie)est supérieure à celle du groupe placebo. Les données sont insuffisantes pour que la prescription de la rivastigmine soit préconisée. (voir actualités)

    La rivastigmine prévient les chutes chez les patients atteints de Parkinson 

    Le traitement avec la rivastigmine (Exelon, Novartis Pharma) réduit les chutes chez les patients atteints de la maladie de Parkinson (stade modéré), selon une étude de phase 2.

    « Le traitement améliore la démarche, la vitesse de la marche et l’équilibre, le tout s’accompagnant d’une réduction du taux de chute », a déclaré l’un des chercheurs britanniques (Université de Bristol, Royaume-Uni).

    Les résultats, bien que très encourageants, doivent être reproduits à plus grande échelle dans un essai de phase 3 avant que le médicament soit recommandé pour prévenir les chutes.

    Dans la maladie de Parkinson, la diminution de l’acétylcholine (un neurotransmetteur) contribue à affaiblir la démarche et la démarche, et diminue la performance cognitive.

    La rivastigmine est déjà approuvée dans le traitement de la démence associée à la maladie de Parkinson, mais pas encore pour traiter les troubles de la marche.

    Le médicament augmente la cognition en empêchant la dégradation de l’acétylcholinestérase – enzyme qui dégrade l’acétylcholine.

    L’étude a inclus 130 patients atteints de la maladie de Parkinson sans démence qui avaient en moyenne chuté 5 fois lors de l’année précédente. Les participants ont été traités au hasard avec un placebo ou la rivastigmine, la dose étant augmentée de 3 mg par jour pour atteindre 12 mg par jour.

    Les participants ont marché 18 m avec un appareil de mesure autour de leur taille. Ceux-ci devaient dans le même temps énuméré des mots commençant par la même lettre (double tâche simple) ou par des lettres alternées (double tâche complexe ; ex lettres A, E, A, E..).

    Les chercheurs ont constaté que le nombre de chutes mensuel était réduit de 45% chez le groupe traité à la rivastigmine.

    Le médicament n’a pas d’effets significatifs sur les épisodes de « gel de la marche » ou les résultats neuropsychologiques (ex. peur de tomber, anxiété ou dépression).

    Les deux groupes ont rapporté un nombre élevé d’événements indésirables, avec des effets indésirables gastro-intestinaux (nausées et vomissements) plus fréquents dans le groupe traité.

    En affectant directement l’attention, il est possible que les patients atteints de maladie de Parkinson et traités avec la rivastigmine sont en mesure de prêter plus d’attention à leur marche et donc de tomber moins souvent.

    L’autre hypothèse est que le médicament stabilise la marche en affectant directement certaines voies neuronales du tronc cérébral (partie du cerveau qui contrôle la posture).

    Bien que les exercices physiques aient un effet bénéfique (ex. tai-chi, exercices pour améliorer la force et l’équilibre et prévenir les chutes), les patients ont besoin d’être très motivés et de ne pas avoir de troubles cognitifs marqués. Des thérapies telles que la stimulation cérébrale profonde nécessitent que le patient soit relativement en bonne santé.

    Source : E. J. Henderson et coll. Rivastigmine for gait stability in patients with Parkinson’s disease (ReSPonD): a randomised, double-blind, placebo-controlled, phase 2 trial. Lancet Neurol. Volume 15, No. 3, 249–258, mars 2016.

    Posologie et mode d’administration

    La rivastigmine est généralement prise deux fois par jour.

    La dose initiale est de 1,5mg deux fois par jour (soit 3 mg/jour) et peut être doublée si le patient tolère bien la dose initiale pendant au moins deux semaines de traitement.

    La dose habituelle de rivastigmine varie de 6 à 12 mg/jour.

    La dose maximale ne doit pas dépasser 6 mg deux fois par jour (soit 12 mg/jour).

    Chaque gélule contient 1,5mg, 3mg, 4,5mg ou 6mg de rivastigmine.

    La solution orale contient 2 mg de rivastigmine par ml.

    Ne pas prendre 2 doses à la fois si l’on a omis de prendre une dose à l’heure habituelle.

    Les patients doivent être surveillés de près (pour déceler les effets indésirables eventuels) au début du traitement et lorsque l’on augmente la dose.

    Contre-indications – mises en garde

    • La rivastigmine est contre-indiquée chez les personnes souffrant d’insuffisance hépatique.
    • La rivastigmine peut amplifier la relaxation musculaire durant une anesthésie.
    • La rivastigmine peut empêcher l’action de médicaments anticholinergiques (médicament bloquant les effets de l’acétylcholine) ou, au contraire, augmenter les effets d’agents mimant ceux de l’acétylcholine.
    • Les patients ayant été victimes de convulsions ou ayant un risque élevé de développer un ulcère seront étroitement surveillés.

    Effets indésirables

    Les effets indésirables sont plus fréquents chez les patients traités à la rivastigmine (6-12 mg/jour) que chez le groupe placebo. Les troubles digestifs constituent l’effet indésirable le plus fréquent et peuvent entraîner un arrêt du traitement.

    Les effets indésirables les plus courants obtenus chez les patients traités à la rivastigmine (aux doses de 6 à 12 mg/jour) sont la nausée (37%), les vomissements (23%), les étourdissements (19%), la diarrhée (16%), les maux de tête (15%), l’anorexie (13%), les douleurs d’estomac (11%) et la fatigue (7%).Cependant, ils sont généralement d’intensité légère à modérée.

    Selon une étude canadienne menée sur l’analyse de 1,4 millions de dossiers de patients âgés de plus de 67 ans, la prise récente d’inhibiteurs d’acétylcholinestérase (donépézil, rivastigmine ou galantamine) augmente le risque (+113%) d’hospitalisation provoquée par une bradycardie (ralentissement du rythme cardiaque au dessous de la normale, c’est-à-dire inférieur à 60 battements par minute). Les autres médicaments ne sont pas reliés à la prise d’autres médicaments (ex. pompe à proton). Source: Park-Wyllie LY et coll. Cholinesterase inhibitors and hospitalization for bradycardia: a population-based study (source: PLoS Med. 2009 Sep;6(9):e1000157)

    Publications

    Craig D, Birks J. Rivastigmine for vascular cognitive impairment. Cochrane Database of Systematic Reviews 2004, Issue 2. Art. No.: CD004744. DOI: 10.1002/14651858.CD004744.pub2.

    Kavirajan H, Schneider LS. Lancet Neurol. 2007 Sep;6(9):782-92. Efficacy and adverse effects of cholinesterase inhibitors and memantine in vascular dementia: a meta-analysis of randomised controlled trials.

    Pour de plus amples informations sur ce médicament, veuillez contacter votre médecin ou votre pharmacien.

    Cet article doit être considéré comme une information et un outil de formation et non comme une consultation médicale; laquelle relève, stricto sensu, d’une relation individuelle avec un professionnel patenté et selon les règles en vigueur dans le pays.

  7. Jouer pour faire travailler sa mémoire

    Leave a Comment

    L’une des recommandations pour prévenir la maladie d’Alzheimer est de faire travailler sa mémoire. La réserve cognitive est un concept affirmant que notre cerveau peut faire face et même réparer les lésions qu’il subit. Il nous est dit que les activités qui vont stimuler notre cerveau lui permettront d’entretenir cette réserve. Les réseaux neuronaux ainsi consolidés deviendraient plus efficaces et compenseraient les réseaux en mauvais état. Ainsi, la réserve cognitive retarderait l’arrivée des premiers symptômes d’Alzheimer.

    Parmi les activités recommandées pour faire travailler notre mémoire, le jeu figure en bonne place aux côtés de la lecture, d’activités créatives comme la peinture, le bricolage. Les spécialistes nous recommandent aussi de voyager, car la nouveauté stimule notre cerveau.

    Pixabay

    Lorsque nous avons lu ces recommandations, une idée à rapidement germé dans notre esprit à savoir combiner nouveauté et jeu. Pourquoi ne pas nous essayer à des jeux que nous ne connaissons que de nom. Les jeux de cartes figurants dans la liste des jeux conseillés, la solution qui s’est immédiatement imposé était de nous essayer aux jeux de casino et plus particulièrement aux sites de jeux en ligne comme ceux qui nous sont proposés par dépôt 5$ casino. Nous ferions ainsi d’une pierre trois coups, car l’apprentissage de l’outil informatique fait lui aussi partie des activités recommandées pour faire travailler notre mémoire.

    Avantages

    L’inconvénient des jeux de cartes joués de façon traditionnelle, mis à part les patiences ou solitaires, est que vous avez besoin d’autres joueurs pour pouvoir y jouer. Vous ne pouvez donc pas y jouer lorsque vous en avez envie, mais lorsque l’heure convient aussi à vos partenaires de jeu. De plus, il suffit qu’un seul joueur se désiste, alors qu’il faut être 4 pour pouvoir jouer, pour annuler votre séance de jeu. À l’opposé, lorsque vous jouez en ligne les versions numériques des jeux ont été conçues pour vous permettre d’y jouer seul.

    De plus, il existe de nombreux sites où vous trouverez des joueurs disponibles à toute heure du jour et de la nuit. Tout au plus, vous devrez réserver une place pour une partie, le temps que d’autres joueurs s’inscrivent. Cela prend au maximum 30 minutes. Internet abolit le temps et l’espace. Imaginons qu’il soit 2 heures du matin au Canada, trouver des partenaires de jeux ne sera pas simple. Mais, à Hong Kong il est 15 h et en France 8 h. Par conséquent, il sera facile de rencontrer des joueurs d’autres pays comme Hong Kong ou la France sur un site de jeu en ligne qui seront disponibles pour jouer.

    Pixabay

    Les jeux

    Sur les sites de casinos en ligne vous pouvez jouer au Poker, au Blackjack, au Baccarat, à Dragon Tiger ainsi qu’au Hi-Lo. Il s’agit de jeux où la mémoire est mise à contribution ainsi que vos aptitudes au calcul mental.

    Un dernier point à connaître est qu’il est recommandé de jouer à des jeux différents et non à un seul. Généralement, lorsqu’on joue uniquement avec ses amis, on joue toujours au même jeu. À la longue la mémoire ne sera pas autant stimulée qu’elle pourrait l’être, car l’habitude engendre des réactions réflexes. Pour nous, les sites de casino en ligne qui offrent des jeux différents sont parfaits pour cela.

  8. Donépézil

    1 Comment

    Indications

    Le donépézil (Aricept) est prescrit dans le traitement symptomatique des formes légères à modérément sévères de la maladie d’Alzheimer.

    Le donépézil ne soigne pas la maladie d’Alzheimer, mais il peut aider à ralentir la progression des symptômes.

    Aricept , également connu sous le nom de Donezepil, ne ralentit pas la progression de la maladie dans le cerveau, mais il peut ralentir davantage le déclin de la cognition, généralement pendant environ six mois. Aricept était le deuxième médicament approuvé dans la maladie d’Alzheimer.

    Comment fonctionne le donépézil ?

    Il existe un faisceau de neurones qui se projettent dans deux structures du cerveau : le cortex et l’hippocampe; appelé ‘la voie cholinergique neuronale’.

    En effet, les neurones libèrent un neurotransmetteur: l’acétylcholine qui joue un rôle prépondérant dans l’apprentissage et la mémoire.

    La destruction progressive de cette voie cholinergique entraîne la diminution de production d’acétylcholine qui est très vraisemblablement la cause des symptômes observés dans la maladie d’Alzheimer (perte de mémoire, perte de l’orientation…).

    Le donépézil augmente la libération d’acétylcholine en bloquant l’action de l’acétylcholinestérase, une enzyme qui dégrade l’acétylcholine libérée par les neurones.

    Ceci entraîne une augmentation dans la fente synaptique de la concentration d’acétylcholine et l’augmentation de la transmission cholinergique.

    On dit que le donepezil est un inhibiteur de l’acétylcholinestérase.

    L’augmentation d’acétylcholine dans le cerveau est sensée être responsable de l’amélioration des symptômes observée après un traitement au donepezil.

    Maladie d’Alzheimer (stade léger à modéré)

    Les données évaluant l’efficacité du donépézil dans le traitement de la maladie d’Alzheimer (au stade léger à modérément sévère) proviennent à ce jour de 24 essais cliniques. Ces essais cliniques randomisées en double aveugle contre placebo ont été d’une durée de 3 à 13 mois.

    Ces résultats (comparés au groupe placebo) ont montré que le donépézil (5 à 10 mg/jour) a des effets bénéfiques se traduisant par une amélioration, une stabilisation ou un retard du déclin des domaines suivants:
    – Impression clinique globale,
    – performance cognitive et, dans une moindre mesure,
    – activités de la vie quotidienne,
    – comportement.

    Les résultats cliniques ayant évalué l’effet du donépézil sur les activités de la vie quotidienne et le comportement sont moins solides. Selon la Commission de la Transparence de la Haute Autorité de Santé (France), environ un tiers des patients tirent un bénéfice du traitement.

    La Commission considère que ce médicament a un effet bénéfique modeste. (Amélioration du Service Médical Rendu de niveau IV)

    Malgré un rapport efficacité/effets indésirables modeste, la Commission considère que le Service Médical Rendu de ce médicament reste important (niveau II).

    La Haute Autorité de Santé donne son avis sur les médicaments anti-Alzheimer

    Alzheimer : la vitamine E ralentit le déclin fonctionnel

    Maladie d’Alzheimer (stade modéré à sévère)

    Une équipe de chercheurs a étudié l’efficacité du donépezil sur des patients souffrant de la forme sévère de la maladie d’Alzheimer.

    Caractéristiques de l’étude : Les auteurs de sont basés sur quatre études cliniques incluant 904 patients traités pendant 24 semaines. Le Severe Impairment Battery (SIB) a été utilisé pour mesurer l’état cognitif global et évaluer les différentes fonctions cognitives (attention, mémoire, orientation, langage, capacités visuo-spatiales et constructives, interactions sociales).

    Résultats: le donépezil a un effet bénéfique sur le fonctionnement cognitif de cette catégorie de patients, comparé au groupe placebo. Il existe un différence statistiquement significative selon l’échelle SIB (6.22 points de différence entre les deux groupes).

    Sept des neuf domaines cognitifs évalués par l’échelle SIB sont améliorés chez les patients traités au donépezil, par rapport au groupe placebo. Cette amélioration s’accompagne d’une amélioration des activités de la vie quotidienne. Source : J Alzheimers Dis. 2010; 21: 843-851.

    Effet très modeste

    Cette étude indique que le déclin cognitif des patients Alzheimer, au stade modéré ou sévère, était plus faible lorsque ces derniers prenaient du donépézil depuis au moins 3 mois, comparé à ceux qui n’en prenaient pas. L’effet bénéfique du médicament était plus significatif lorsque les symptômes étaient moins marqués au début de l’étude.

    Cependant, ces résultats sont à analyser avec prudence pour deux raisons :

    1. L’effet bénéfique de l’Aricept est faible.

    2. Certains patients dont on soupçonnait de ne pas bien prendre leurs médicaments, ont été exclus de l’étude.

    Les auteurs ont déclaré des conflits d’intérêts pour avoir reçu des paiements des compagnies pharmaceutiques (Eisai et Pfizer) qui ont développé l’Aricept.

    Alzheimer : le donépézil est-il le médicament le plus efficace ?

    Le donépezil (Aricept) semble être le médicament le plus efficace pour améliorer la cognition (mémoire, concentration, vigilance) et l’humeur des patients atteints de la maladie d’Alzheimer.

    Cependant, les patients qui ont pris le dopepézil étaient plus susceptibles d’avoir des effets secondaires (nausées, vomissements et diarrhée) que ceux qui ont reçu un placebo, selon une étude publiée dans le Journal of the American Geriatrics Society.

    « La maladie d’Alzheimer est la forme la plus commune de démence, et la plupart des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer, au stade modéré à sévère, prendront des médicaments qui vont améliorer leur performance cognitive », déclare l’auteur principal de l’étude.

    Bien qu’il existe des études antérieures portant sur l’innocuité et l’efficacité des quatres médicaments prescrits dans le traitement de la démence d’Alzheimer (donépézil, galantamine, rivastigmine et mémantine), les auteurs ont déclaré que c’était la première à comparer leur sécurité et leur efficacité.

    L’étude a inclus 142 essais cliniques, avec un nombre de patients variant de 13 à 2 045, pour un total de 33 889 patients.

    L’efficacité portait sur la cognition, le comportement, la santé globale, la mortalité, les événements indésirables graves (chutes, bradycardie, maux de tête, diarrhée, vomissements et nausées).

    Selon les chercheurs, le donépezil est probablement le médicament le plus efficace et serait le premier choix probable pour les patients et les cliniciens.

    À noter qu’aucun risque important d’effets indésirables (chutes ou faible fréquence cardiaque) n’a été associé à l’un des médicaments de l’étude. Ces résultats doivent cependant être confirmés.

    Les recherches antérieures effectuées par les auteurs ont révélé que ces médicaments n’améliorent pas la cognition ou le fonctionnement chez les personnes souffrant d’un déficit cognitif léger.

    Source: Andrea C et coll. Comparative Effectiveness and Safety of Cognitive Enhancers for Treating Alzheimer’s Disease: Systematic Review and Network Metaanalysis. Journal of the American Geriatrics Society, septembre 2017.

    Une étude confirmée par Cochrane

    Selon une méta-analyse publiée dans Cochrane portant sur 24 études cliniques (5796 participants), le donépézil est plus efficace que le placebo dans les quatre domaines suivants : cognitif, fonctionnel (AVQ, AVD), comportemental et impression globale chez les patients souffrant de la maladie d’Alzheimer d’intensité légère à grave, jusqu’à 52 semaines (Birks and Harvey, 2006)

    Autres troubles/maladies

    Des essais cliniques ont été menés dans le traitement d’autres troubles/maladies résumés dans le tableau ci-dessous.

    Troubles/maladies Domaines étudiés
    Déclin cognitif léger Mémoire 
    Effet préventif
    Démence vasculaire* Performance cognitive 
    Activités de la vie quotidienne 
    Fonctionnement général
    Démence à corps de Lewy Performance cognitive 
    Comportement
    Démence associée à la maladie de
    Parkinson
    Performance cognitive

    * Les données évaluant l’efficacité du donépézil dans le traitement de la démence vasculaire (au stade léger à modéré) proviennent à ce jour de 3 essais cliniques randomisés en double aveugle contre placebo, d’une durée de 6 mois.

    Ces résultats (comparés au groupe placebo) ont montré que le donépézil (5 à 10 mg/jour) a un effet modeste sur la performance cognitive, mais aucun effet sur les autres domaines.

    De plus la fréquence des effets indésirables (anoréxie, nausée, vomissement, diarrhée et insomnie) est supérieure à celle du groupe placebo.

    Selon plusieurs chercheurs, la prescription du donépézil à ce stade n’est pas préconisée.

    Posologie et mode d’administration

    Le donépézil est pris une fois par jour par voie orale.

    La dose initiale est de 5 mg/jour pendant le premier mois et pourra être augmentée jusqu’à 10 mg/jour (dose maximale recommandée). Les patients doivent être surveillés (pour déceler les effets indésirables éventuels) lorsque l’on démarre le traitement et l’on augmente la dose.

    Chaque comprimé contient 5mg ou 10mg de donepezil.

    Ne pas prendre 2 doses à la fois si l’on a omis de prendre une dose à l’heure habituelle.

    Le donépézil a démontré une efficacité à la posologie minimale (5 mg/jour) recommandée par la Commission d’autorisation de mise sur le marché (France).

    Contre-indications – mises en garde

    • Le donépézil est contre-indiqué chez les personnes ayant une hypersensibilité connue au donépézil, souffrant d’insuffisance rénale ou hépatique.
    • Le donépézil peut amplifier la relaxation musculaire durant une anesthésie.
    • Le donépézil peut provoquer une bradycardie (ralentissement du rythme cardiaque).
    • L’administration du donépézil avec des médicaments anticholinergiques (médicament bloquant les effets de l’acétylcholine) ou, au contraire, avec des médicaments mimant les effets de l’acétylcholine sont à éviter.
    • Les patients ayant été victimes de convulsions ou ayant un risque élevé de développer un ulcère doivent être surveillés.

    Selon une étude canadienne menée sur l’analyse de 1,4 millions de dossiers de patients âgés de plus de 67 ans, la prise récente d’inhibiteurs d’acétylcholinestérase (donépézil, rivastigmine ou galantamine) augmente le risque (+113%) d’hospitalisation provoquée par une bradycardie (ralentissement du rythme cardiaque au dessous de la normale, c’est-à-dire inférieur à 60 battements par minute). Les autres médicaments ne sont pas reliés à la prise d’autres médicaments (ex. pompe à proton). Source: Park-Wyllie LY et coll. Cholinesterase inhibitors and hospitalization for bradycardia: a population-based study (PLoS Med. 2009 Sep;6(9):e1000157).

    Effets indésirables du donépézil

    Le médicament est en général bien toléré. Les troubles digestifs constituent l’effet indésirable le plus fréquent et peuvent entraîner un arrêt du traitement. Ces troubles ont été moins nombreux à la dose de 5 mg/jour qu’à celle de 10 mg/jour.

    Les effets indésirables les plus courants avec le donepezil (aux doses de 5-10 mg/jour) sont la bradycardie, la nausée, la diarrhée, l’insomnie, les vomissements, les crampes musculaires, la fatigue et l’anorexie. Ces effets sont généralement passagers et de faible intensité.

    Les effets indésirables sur le système respiratoire sont rares.

    Références

    La réévaluation des médicaments anti-Alzheimer. Commission de la Transparence de la Haute 
    Autorité de Santé (2007).

    Kavirajan H, Schneider LS. Lancet Neurol. 2007 Sep;6(9):782-92. Efficacy and adverse effects of cholinesterase inhibitors and memantine in vascular dementia: a meta-analysis of randomised controlled trials.

    Birks J, Harvey RJ. Donepezil for dementia due to Alzheimer’s disease. Cochrane Database of Systematic Reviews 2006, Issue 1. Art. No.: CD001190. DOI: 10.1002/14651858.CD001190.pub2.

    Pour de plus amples informations sur ce médicament, veuillez contacter votre médecin ou votre pharmacien.

    Cet article doit être considéré comme une information et un outil de formation et non comme une consultation médicale; laquelle relève, stricto sensu, d’une relation individuelle avec un professionnel patenté et selon les règles en vigueur dans le pays.

  9. Stabilisateur de l’humeur

    Leave a Comment

    Un stabilisateur de l’humeur est un médicament utilisé dans le traitement des troubles bipolaires. On l’appelle également psychotrope.

    Le stabilisateur de l’humeur doit être efficace lors de la phase manique ou dans la phase dépressive.

    Cette classe de médicament inclut le lithium, l’acide valproïque, la carbamazépine et certains antipsychotiques atypiques.

    Lithium : le stabilisateur de l’humeur le plus connu

    Le lithium a montré son efficacité dans le traitement des troubles bipolaires après la seconde guerre mondiale. Il est prescrit en amérique du nord au début des années 1970. Il agit au niveau des récepteurs des neurones mais aussi à l’intérieur des ces cellules. Son mécanisme d’action est complexe. Il entraîne une aumentation des neurotransmetteurs sérotnonie et dopamine. C’est le traitement de premier choix dans la phase maniaque et la phase dépressive.

    Ce stabilissteur de l’humeur semble plus efficae chez les patients qui présentent une humeur élevée en l’absence de symptômes dépressifs.

    Le lithium est l’un des stabilisateurs de l’humeur les plus anciens et les plus efficaces utilisés pour traiter la manie et les symptômes dépressifs du trouble bipolaire.

    Indications

    • Phase maniaque et dépressive (trouble bipolaire de type I)
    • Phase hypomaniaque et dépressive (trouble bipolaire de type II)
    • Troubles dépressifs (en combinaison avec un anti-dépresseur)

    Contre indications

    • Dommages au cerveau
    • Insuffisance cardiaque
    • Insuffisance rénale

    Effets indésirables

    Nausées, vomissements, diarrhées, goût métallique, fatigue, étourdissement, problème de mémoire, bradycardie, hypothyroidie, peau sèche, psoriasis, vision embrouillée.

    Acide valproïque

    Cette molécule, initiallement mise en évidence pour ses effets antiépileptiques, présente des effets propre à un stabilisateur sur l’humeur suite àux premières études parues dans les années 1960. Il est prescrit à titre prophylactique dans la traitement des troubles bipolaires.

    Mécanismes d’action

    L’acide valproïque augmente les concentrations de GABA, qui est une neurottransmetteur inhibiteur présent en forte quantité dans le cerveau. Il présente également des effets protecteurs sur les neurones.

    Contre-indications

    • Insuffisance hépatique
    • Pancréatitre
    • Grossesse

    Effets indésirables

    Fatigue, somnolence, troubles de la coagulation, nausées, vomissements, troubles menstruels, acnée, perte de cheveux.

    Interactions médicamenteuses

    Certains médicaments augmentent la concentration de ce stabilisateur de l’humeur : certains antidépresseurs, antipsychotiques, antibiotiques, aspirine.

    Certains médicaments diminuent la concentration de l’acide valproïque : carbamazépine

    Carbamazépine

    L’amérique du Nord a approuvé la carbamazépine dans le traitement de la phase maniaque.

    Ce stabilisateur de l’humeur réduit l’entrée de calcium dans la cellule neuronale et ainsi son hyperactivité. Il augment également l’activité du GABA.

    Indications

    • Troubles bipolaires de types I et II.
    • Phase maniaque
    • Epilepsie

    Effets indésirables

    Fatigue, somnolence, nausées, vomissements, troubles menstruels, éruption cutanée.

    Interactions médicamenteuses

    Certains médicaments augmentent la concentration de la carbamazépine : acide valproique, antidépresseurs tricycliques, antipsychotiques, antibiotiques, aspirine.

    Certains médicaments augmentent la concentration de l’acide valproïque : carbamazépine.

    Lamogitrine : un stabilisateur de l’humeur autorisé dans les années 2000

    La lamogitrine est un antiépileptique qui est actuellement precrit dans le traitement prophylactique du trouble bipolaire de type I. et dans le traitement de la phase dépressive dans le trouble bipolaire de type II. Ce stabilisateur de l’humeur ne semble efficace dans le traitement de la manie.

    Il a le même mécanisme d’acion que l’acide valproique et la carbamazépine.

    Contre-indications

    • Insuffisance hépatique.
    • Insuffisance rénale.

    Principaux effets indésirables

    Fatigue, somnolence, tremblements, nausées, vomissements, troubles menstruels, éruption cutanée.

  10. Stimulation magnétique transcrânienne

    Leave a Comment

    La stimulation magnétique transcrânienne est une méthode de stimulation cérébrale non invasive développée pour le traitement des troubles psychiatriques et neurologiques. 

    Bien que son mécanisme d’action exact ne soit toujours pas clair, les résultats indiquent que la stimulation magnétique transcrânienne joue un rôle dans l’inhibition et l’excitation à long terme des neurones dans certaines zones du cerveau. 

    Maladie d’Alzheimer

    Juin 2015. La stimulation du cerveau semble avoir des effets bénéfiques sur des patients atteints de la maladie d’Alzheimer à un stade précoce.

    La stimulation magnétique transcrânienne (ou TMS) est une technique déjà utilisée dans le traitement des dépressions sévères résistantes et des hallucinatoires chez les personnes schizophrènes.

    Le principe de la TMS est de moduler l’activité de régions du cerveau (dont l’hippocampe) à l’aide d’un champ magnétique fourni par une bobine électrique, dans le but de stimuler certaines fonctions du cerveau.

    L’objectif de ce traitement, proposé par une jeune pousse israélienne (Neuronix) est de ralentir le déclin cognitif des patients. Ces derniers pratiquent simultanément des exercices d’entraînement pour faire travailler leur mémoire (dont la mémoire visuelle), leur langage et leurs capacités spatiales. La durée du traitement est d’un mois et demi, à raison de cinq séances d’une heure par semaine.

    En France, le traitement est proposé aux patients par l’équipe médicale de l’hôpital de Besançon (dix séances de 30 minutes chacun), avec des résultats positifs sur la mémoire visuelle, la mémoire verbale antérograde et l’efficience cognitive, ainsi qu’une amélioration de la qualité de vie.

    Selon certains psychiatres, les effets bénéfiques de la TMS seraient dus avant tout à une réduction de la sévérité des symptômes dépressifs, plutôt qu’à une action directe sur les fonctions cognitives.

    __________

    Décembre 2014. Le Pr  Gilles Kemoun, professeur et chercheur à  l’université de Poitiers, présente les résultats sur la combinaison d’une stimulation transcrânienne avec des exercices de stimulation cognitive sur des patients atteints de la maladie d’Alzheimer.

    Lire l’entrevue complète

    Maladie de Parkinson

    Mai 2015. La stimulation magnétique transcrânienne répétitive (SMTr), pourrait réduire les troubles de la marche et la perte d’équilibre chez des patients atteints de la maladie de Parkinson.

    Ces troubles sont présents chez la moitié de ces patients.

    Il avait été préalablement montré que la stimulation cérébrale profonde pouvait également diminuer les symptômes moteurs de la maladie.

    La SMTr, méthode indolore et moins invasive, consiste à appliquer une bobine de cuivre sur le cuir chevelu du patient. Cette bobine permet de moduler l’activité de certains neurones des aires motrices du cerveau.

    Cette étude sud-coréenne a été menée sur 17 patients parkinsoniens traités à l’aide de la SMTr ou d’un placebo (dans ce cas, aucune courant de haute fréquence n’était transmis), à raison de cinq séances de 20 minutes réparties sur une semaine.

    Les patients ont été examinés à trois reprises : avant et immédiatement après les séances de stimulation, puis une semaine après les séances. Parallèlement, les participants ont continué à prendre leurs médicaments anti-Parkinson (exemple : lévodopa).

    Résultats : une diminution des troubles moteurs est observée chez les patients traités par SMTr, comparée au groupe placebo. Cet effet thérapeutique perdure une semaine après traitement.

    Des études de long terme et de plus grande envergure sont nécessaires afin de confirmer l’effet bénéfique de cette nouvelle approche, et d’envisager une prise en charge par la sécurité sociale.

    La stimulation magnétique transcrânienne répétitive semble également efficace pour traiter certains troubles mentaux : troubles de l’humeur (dépression et anxiété) chez les personnes réfractaires, hallucinations auditives chez les personnes schizophrènes.

    Source : Min Su Kim et alii. Efficacy of cumulative high-frequency rTMS on freezing of gait in Parkinson’s disease. Restorative Neurology and Neuroscience, 2015; 33 (4): 521.

    __________

    Juin 2014. La stimulation cérébrale profonde (SCP) est reconnue comme un traitement qui améliore les symptômes moteurs chez les patients atteints de la maladie de Parkinson, aux stades précoce et avancé de la maladie.

    Des chercheurs britanniques (King’s College Hospital et King’s College, Londres) suggèrent que la SCP peut diminuer le nombre et la sévérité des symptômes non moteurs.

    Ainsi, cette technique qui consiste à stimuler un noyau situé en profondeur du cerveau  – appelé noyau sous thalamique – entraîne une diminution des problèmes de sommeil  et des symptômes de fatigue qui accompagne la maladie. Concernant le sommeil, les chercheurs ont observé une amélioration de la qualité et de la durée du sommeil ainsi qu’une diminution des dystonies.

    Cependant, il faut noter la présence de symptômes neuropsychiatriques (hypersexualité, jeu compulsif, boulimie) qui ont tendance à s’aggraver chez les patient qui bénéficient d’une SCP.

    La maladie de Parkinson affecte 5 millions de personnes dans le monde. On estime que sa prévalence doublera d’ici l’année 2030. La dépression, l’anxiété, le trouble olfactif, la transpiration et les troubles vésicaux et intestinaux font partie des symptômes non moteurs.

    Source: Lisa Klingelhoefer et al. An Update of the Impact of Deep Brain Stimulation on Non Motor Symptoms in Parkinson’s Disease.Journal of Parkinson’s Disease, juin 2014.

    Accident vasculaire cérébral

    Novembre 2014. La stimulation transcrânienne par courant direct (tDCS) permet d’augmenter les performances motrices chez les victimes d’un AVC, selon une étude menée par des neurologues belges (CHU Dinant Godinne et Université catholique de Louvain) et publiée dans la revue Brain.

    La tDCS est une méthode de stimulation cérébrale indolore consistant à appliquer de faibles courants électriques au moyen d’électrodes sur la tête du patient, pendant de courts laps de temps.

    La majorité des patients qui survivent à un accident vasculaire cérébral présentent des séquelles permanentes affectant la motricité (hémiparésie) ou la parole (aphasie).

    Lors d’une première séance de stimulation, les patients apprenaient avec la main paralysée à effectuer une tâche combinant vitesse et précision. Une semaine plus tard, les patients reproduisaient cette même tâche pendant que l’imagerie par résonance magnétique fonctionnelle enregistrait leur activité cérébrale. L’étude a démontré que la tDCS améliore nettement la motricité de la main paralysée.

    __________

    Mai 2013. Selon une étude menée sur 18 patients victimes d’un AVC, la stimulation de neurones permettrait une meilleure récupération, comparée à des soins traditionnels (kinésithérapie, ergothérapie). Pour en arriver à cette conclusion, les chercheurs ont implanté une électrode à travers le crâne du patient puis ont stimulé électriquement une zone du cerveau (on parle de stimulation magnétique transcrânienne ou TMC). La capacité de récupération augmente de 44% lorsque les séances de rééducation s’accompagnent d’une TMC. Cet effet bénéfique perdure 6 mois après la stimulation.

    L’idée de la TMC repose sur le constat qu’après un AVC, la lésion d’un côté du cerveau (donc d’un des deux hémisphères) induit une hyperactivité de l’autre hémisphère. L’objectif de la TMC est d’inhiber l’hyperactivité du côté non lésé.

    Source: Frontiers in human neuroscience, mai 2013.

    Mémoire

    Août 2014. Des chercheurs ont réussi à stimuler l’hippocampe, la zone du cerveau impliquée dans la mémoire, sans poser d’électrodes à l’intérieur du crâne.

    Cette technique non invasive, appelée stimulation magnétique transcrânienne, consiste à appliquer un champ magnétique à l’extérieur du cerveau, créant des courants électriques dans les neurones du cortex.

    L’hippocampe étant située dans la partie profonde du cerveau, il ne peut être atteint par le champ magnétique. Les chercheurs ont réussi à montrer qu’une zone située dans le cortex – non loin de la paroi crânienne – pouvait transmettre les signaux électriques à l’hippocampe.

    Afin d’atteindre avec précision l’hippocampe, dont la position varie de quelques centimètres en fonction des individus, les chercheurs utilisent l’imagerie médicale afin de déterminer précisément sa localisation avant d’appliquer le champ magnétique.

    Des expériences ont été menées sur 16 personnes en bonne santé, âgés de 21 à 40 ans qui ont vu leur performance mnésique s’améliorer d’après les tests de mémoire qu’ils ont passés.

    Les chercheurs espèrent que cette technique de stimulation puisse être utile chez des patients souffrant de déficit de mémoire suite à une maladie d’Alzheimer ou une lésion cérébrale.

    Source: Voss J, Wang JX, Rogers LM, et al. Targeted enhancement of cortical-hippocampal brain networks and associative memory. Science, août 2014.

    Dépression

    Plusieurs études ont montré que la SMT réduit les symptômes de patients souffrant de dépression résistant au traitement tradictionnel. Cependant, l’amélioration reste modeste. L’amélioration s’accompagne d’un retour à la normale du métabolisme dans la région préfrontale.

    La stimulation transcrânienne à courant continu direct

    Cette technique de neuromodulation sûre et non-invasive permettant de modifier l’activité cérébrale. Elle consiste à appliquer un courant électrique de faible intensité (entre 1 et 2 mA) entre deux électrodes placées sur le crâne.

    Son efficacité thérapeutique a été rapportée dans mentales maladies psychiatriques, notamment la dépression.

    La stimulation transcrânienne à courant continu direct semble également améliorer la performance cognitive chez les patients ayant un déficit cognitif (exemple perte de mémoire).

    Certains médecins dénoncent l’usage privé que pourraient en faire des particuliers sans surveillance médical.