Parkinson : quels sont les facteurs de mortalité ?

La dégénérescence maculaire augmente le risque d’accident vasculaire cérébral

Gérontechnologie (technologie pour personnes âgées)

Les médicaments anti-Alzheimer ont-ils peu d’efficacité ?

Pourquoi la ménopause favoriserait la maladie d’Alzheimer

Le déclin des fonctions cognitives commencerait vers 45 ans

ExonHit Therapeutics annonce ses résultats sur l’EHT 0202

Vitamines : diminuent-elles le risque de démence et d’AVC ?

Rotigotine

Activité physique : effet préventif sur la démence ?

Author Archives: Stéphane Bastianetto

  1. Parkinson : quels sont les facteurs de mortalité ?

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    Une étude américaine a identifié des facteurs de mortalité démographiques et cliniques chez des patients atteints de la maladie de Parkinson.

    Ces facteurs ouvrent la voie à de nouvelles stratégies de prévention.

    Cette étude, menée par une équipe de chercheurs de l’Université de Washington School of Medicine (St. Louis, USA), a évalué la mortalité de 138 000 patients atteints de la maladie de Parkinson.

    65% des patients avec une maladie de Parkinson ont vécu moins de 6 ans.

    Ces facteurs, identifiés après 6 ans de suivi, sont :

    Le sexe et la race. La mortalité est plus faible chez les patients atteints de Parkinson et qui sont de sexe féminin (-26%) et de race hispanique (-26%) ou asiatique (-14%). Les patients de race noire ont le taux de mortalité le plus élevé (66,4%), suivis par les patients de race blanche (64,6%), hispaniques (55,4%) et asiatiques (50,8%).

    La démence. La démence, diagnostiquée chez 69,6% des participants, augmente leur risque de décès (sur cette période de 6 ans). La fréquence de décès est plus élevée chez les patients noirs souffrant de démence (78,2%) suivis par les patients hispaniques (73,1%), asiatiques (69%) et blancs (66%). Les femmes parkinsoniennes souffrant d’une démence ont également un risque accru de décès (71,5%). Plus récemment, il a été montré que les patients présentant un parkinsonisme idiopathique et qui présentaient un déficit cognitif avaient une survie réduite, par rapport à ceux qui avaient une fonction cognitive normale.

    Le lieu de vie. Les malades vivant en milieu urbain et industriel semble présenter un risque légèrement plus élevé (+19%) de décès; une exposition accrus aux métaux peut en être la cause.




    Sources: Arch Neurology, Janvier 2012 et

  2. La dégénérescence maculaire augmente le risque d’accident vasculaire cérébral

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    La dégénérescence maculaire liée à l’âge augmente le risque (+ 56%) d’accident vasculaire cérébral (AVC), selon une étude au cours de laquelle les participants de 55 ans et plus ont été suivis durant au moins 14 ans.

    Ces patients ont subi durant cette période des examens de fond de l’œil pour détecter une éventuelle DMLA.

    Au cours de cette étude, 726 AVC ont été répertoriés, dont 397 d’origine ischémique, 59 d’origine hémorragique et 270 d’origine non précisée.

    Cette augmentation est essentiellement due à une augmentation (+ 600%) de l’incidence d’accident vasculaire cérébral d’origine hémorragique.

    La dégénérescence maculaire liée à l’âge est une maladie dégénérative qui touche la rétine de l’oeil, attaquant la vision centrale.

    Les facteurs de risque de la dégénérescence maculaire liée à l’âge sont les mêmes que ceux de l’accident vasculaire cérébral : tabagisme, hypertension artérielle

    Source : Wieberdink RG et al. Age-related macular degeneration and the risk of stroke: the Rotterdam study. Source : Stroke. 2011;42:2138-2142.

  3. Gérontechnologie (technologie pour personnes âgées)

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    La gérontechnologie englobe les nouvelles technologies destinées à améliorer la qualité de vie des personnes âgées, incluant aussi bien l’utilisation de logiciels ludiques de stimulation cognitive (tests et jeux sur ordinateur) que des services de vidéovigilance ou des dispositifs de géolocalisation destinés à surveiller ou retrouver des malades en errance.

    Pourquoi parle-t-on de gérontechnologie ?

    Un tiers des personnes âgées de plus de 65 ans utilisent un téléphone intelligent et près des deux tiers vont sur internet au moins une fois par semaine. Ce pourcentage augment constamment, ce qui explique l’importance croissante de la gérontechnologie.

    Les principales inventions technologiques sont destinées à améliorer la qualité de vie des personnes âgées. Elles servent notamment à moins les isoler, à faciliter la communication avec leurs proches, à stimuler leurs fonctions cognitives et à améliorer leur sécurité en cas de fugue.

    La vidéovigilance permet, grâce à des caméras installées au domicile, de donner l’alerte en cas de « situation à risque » (ex. chute, position immobile inhabituelle, temps anormalement long passé dans la salle de bains).

    Les dispositifs de géolocalisation permettent de retrouver des patients Alzheimer en errance après avoir quitté leur domicile. Des chercheurs américains ou japonais essayent même de mettre au point des robots dans le but d’aider les malades à effectuer certaines tâches domestiques.

    Les nouvelles technologies amélioreraient la qualité de vie des personnes atteintes de la maladie de Parkinson.

    Selon les conclusions d’un colloque organisé à Paris en 2012, les nouvelles technologies facilitent la prise en charge des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer, mais réduisent la place faite à l’accompagnement humain. 

  4. Les médicaments anti-Alzheimer ont-ils peu d’efficacité ?

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    Les médicaments* prescrits dans la maladie d’Alzheimer présentent une faible efficacité, selon le communiqué de presse de la Haute Autorité de Santé.

    * Ebixa (mémantine, Lundbeck), Aricept (donépezil, Eisai), Exelon (rivastigmine, Novartis Pharma) et Reminyl (galantamine, Janssen Cilag).

    Elle recommande :
    – de limiter leurs prescriptions à un an, avec une réévaluation du traitement six mois après le début de celui-ci. Si le médicament atteint ses objectifs (ex. stabilisation ou ralentissement du déclin cognitif) et s’il n’a pas subi d’effet indésirable grave et/ou altérant sa qualité de vie, le traitement pourra être poursuivi jusqu’à un an.
    Au-delà d’un an, la Commission de la Transparence recommande que le renouvellement du traitement soit décidé en réunion en présence du patient (si son état le permet) et de l’entourage familial et médical. Le traitement sera reconduit si le groupe de spécialiste donne son accord.
    – que la prise en charge ne doit pas se limiter à une prescription médicamenteuse. Elle doit être avant tout multidisciplinaire.

    A la suite de nouvelles données scientifiques, la Haute Autorité de Santé avait décidé de réévaluer dès 2011 de l’efficacité des quatre médicaments anti-Alzheimer disponibles à l’heure actuelle. Ce travail de révision a été bouclé à la fin de cette année. Les membres de la Commission de la Transparence qui a participé à la réévaluation des médicaments soulignent que le rapport entre l’efficacité de ces médicaments et leurs effets indésirables est jugé faible.

    Cette commission estime que l’efficacité (discutable) de ces médicaments par rapport au placebo est principalement établie sur l’amélioration de la performance cognitive à court terme (un an maximum). Elle rajoute qu’il existe un risque d’effets indésirables (troubles gastro-intestinaux, cardiovasculaires et neuropsychiatriques notamment) pouvant nécessiter l’arrêt du traitement, ainsi qu’un risque accru d’interactions médicamenteuses (les patients âgés prennent souvent d’autres médicaments).



    La Commission de la Transparence considère donc qu’il n’y a pas de différence de tolérance et d’efficacité entre les quatre médicaments anti-Alzheimer et qu’ils n’apportent pas d’amélioration du service médical rendu.

    L’actualisation des recommandations de bonne pratique sur la prise en charge de la maladie d’Alzheimer aboutira à leur publication d’ici la fin de l’année 2011.

    En 2016, la HAS recommandera le déremboursement  des quatre médicaments prescrits dans le traitement des symptômes de la maladie d’Alzheimer, les jugeant peu ou pas efficace.

    Source : Haute Autorité de la Santé.

  5. Pourquoi la ménopause favoriserait la maladie d’Alzheimer

    1 Comment

    La ménopause provoque des changements métaboliques dans le cerveau qui peuvent augmenter le risque de maladie d’Alzheimer, selon une étude.

    Ces résultats expliqueraient pourquoi les femmes sont plus souvent atteintes par la maladie d’Alzheimer que les hommes – même en tenant compte du fait qu’elles vivent en moyenne plus longtemps.

    Les auteurs de l’étude indiquent que ces résultats pourraient mener au développement de tests de dépistage et d’interventions précoces pour contrer ou ralentir les changements métaboliques observés chez les femmes ménopausées.

    La maladie d’Alzheimer affecte un tiers des plus de 85 ans, et le processus de la maladie est connu pour commencer plusieurs décennies avant que les symptômes ne s’installent.

    « Cette étude suggère qu’il peut y avoir une fenêtre critique d’intervention, lorsque les femmes sont dans la quarantaine et la cinquantaine, pour détecter les signes métaboliques qui reflètent un risque plus élevé d’Alzheimer », a déclaré l’auteur principal.

    Le Dr Mosconi et ses collègues ont utilisé la tomographie par émission de positons (TEP) pour mesurer l’utilisation du glucose – principale source de carburant pour l’activité cellulaire – dans le cerveau de 43 femmes en bonne santé de 40 à 60 ans. 15 étaient en pré-ménopause, 14 en péri-ménopause et 14 en ménopause.

    La ménopause diminue l’activité de certaines régions du cerveau, comme dans la maladie d’Alzheimer

    Les tests ont révélé que les femmes qui étaient en ménopause ou péri-ménopausées présentaient des taux nettement plus faibles de métabolisme du glucose dans plusieurs régions du cerveau, comparées à celles qui étaient pré-ménopausées.

    Cette baisse du métabolisme était également observée dans le cerveau des patients qui se trouvaient dans les premiers stades de la maladie d’Alzheimer.

    De plus, les patientes ménopausées et péri-ménopausées ont présenté des niveaux plus faibles d’activité d’une enzyme impliquée dans le métabolisme (la cytochrome oxydase mitochondriale), ainsi que des scores inférieurs aux tests de mémoire standard.

    « Nos résultats montrent que la perte d’oestrogène dans la ménopause ne diminue pas seulement la fertilité, mais s’accompagne aussi de la perte d’un élément clé qui protège le cerveau, et d’une plus grande vulnérabilité au vieillissement cérébral et à la maladie d’Alzheimer. Les femmes ont donc besoin d’attention médicale vers la quarantaine, bien avant tout symptôme endocrinien ou neurologique ».

    Ces résultats corroborent l’hypothèse qu’il existe un lien physiologique entre la ménopause et la maladie d’Alzheimer. Le Dr Mosconi et ses collègues ont publié une étude en septembre qui a lié la ménopause à une accumulation accrue de la protéine amyloïde associée à la maladie d’Alzheimer dans le cerveau.

    Les chercheurs ont également observé des volumes réduits de matière grise (cellules cérébrales) et de matière blanche (composée de faisceaux de fibres nerveuses ou axones) dans les régions cérébrales fortement affectées par la maladie d’Alzheimer (par exemple l’hippocampe).

    La ménopause depuis longtemps est connue pour causer des symptômes tels que la dépression, l’anxiété, l’insomnie et des déficits cognitifs.

    Les scientifiques croient largement qu’ils sont causés en grande partie par un déclin des niveaux d’oestrogène. Les récepteurs d’œstrogènes (récepteurs sur lesquels se fixe l’œstrogène pour agir) se trouvent sur les cellules du cerveau et il est de plus en plus admis que ces récepteurs sont moins « performants » en raison des faibles niveaux d’œstrogènes, ce qui expose plus facilement les neurones aux maladies.

    « Notre travail indique que les femmes peuvent avoir besoin d’antioxydants pour protéger leur activité cérébrale, en combinaison avec des stratégies pour maintenir des niveaux d’œstrogène adéquats », a déclaré le Dr Mosconi.

    « Une recherche est nécessaire pour tester l’efficacité et l’innocuité de l’hormonothérapie aux premiers stades de la ménopause, et de corréler ces changements hormonaux avec le risque de développer la maladie d’Alzheimer ».

    Source : L. Mosconi et coll. Perimenopause and emergence of an Alzheimer’s bioenergetic phenotype in brain and periphery. PLOS ONE, 2017; 12 (10): e0185926.

  6. Le déclin des fonctions cognitives commencerait vers 45 ans

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    Les capacités cognitives de l’homme (sauf le vocabulaire) commenceraient à décliner dès l’âge de 45 ans, soit bien avant l’âge de 60 ans comme cela est généralement admis.

    Une étude impliquant plus de 7000 hommes et femmes a déterminé l’âge à laquelle le déclin cognitif débute. Pour cela, les participants étaient répartis en fonction de leur âge : 45-49 ans, 50-54 ans, 55-59 ans, 60-64 ans et 65-70 ans.

    Leur niveau de formation était également pris en compte : études secondaires complétées ou non, études universitaires. Les différents domaines  des fonctions cognitives ont été évalués à l’aide d’une batterie de tests pendant une période de 10 ans : raisonnement, mémoire verbale, fluence verbale, mémoire sémantique, test de vocabulaire.

    Résultats

    Sur 10 ans, la capacité de raisonnement a décliné de 3,6% pour les hommes et les femmes âgés de 45 à 49 ans. Le déclin des fonctions cognitives est respectivement de 9,6% et de 7,4% pour ceux et celles âgés de 65 à 70 ans.

    Conclusion
    Le déclin des fonctions  cognitives de l’homme  – l’exception du vocabulaire – commencerait dès l’âge de 45 ans, soit bien avant l’âge de 60 ans comme cela est généralement admis.

    Ce déclin est d’autant plus rapide que les gens sont âgés.

    Archana Singh-Manoux, le principal auteur de l’étude, déclare :

    il est important de déterminer l’âge auquel le déclin cognitif commence parce qu’il est « probablement plus efficace d’agir dès le début du déclin.

    Source : British Medical Journal 2012.

  7. ExonHit Therapeutics annonce ses résultats sur l’EHT 0202

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    ExonHit Therapeutics a annoncé la publication des résultats de Phase IIa d’EHT 0202, une molécule destinée au traitement de la maladie d’Alzheimer.

    EHT 0202 est considéré par le laboratoire comme le premier représentant d’une nouvelle classe de médicament modifiant le cours de la maladie d’Alzheimer. EHT 0202 stimule une enzyme (appelée alpha-sécrétase), favorisant ainsi la forme non toxique de l’amyloïde (par opposition, l’activation des enzymes beta- et gamma-sécrétases favorisent la forme toxique de l’amyloïde).

    EHT 0202 pourrait de ce fait réduire la formation des plaques amyloïde contenant les formes toxiques d’amyoïde.

    L’étude randomisée en double-aveugle, et contrôlée par un placebo, a été réalisée dans une vingtaine de centres en France. Centre quatre-vingt dix sept patients âgés de 60 à 90 ans et souffrant de la maladie d’Alzheimer à des stades allant de léger à modéré a été sélectionné. 159 d’entre eux ont été randomisés pour recevoir le traitement de l’étude pendant une période de trois mois. L’EHT 0202 (40 ou 80 mg, par voie orale deux fois par jour) additionné d’inhibiteur de l’acétylcholinestérase (ex. Aricept) a été évalué en comparaison avec un placebo.

    Objectif de l’étude: évaluer l’innocuité et la tolérance d’EHT 0202, ainsi que l’efficacité du traitement chez les patients souffrant de la maladie d’Alzheimer.

    Résultats : EHT 0202 est sûr et généralement bien toléré par les patients.

    Conclusion : une étude de Phase IIb est envisagée afin d’évaluer l’efficacité clinique de la molécule et de confirmer sa bonne tolérance sur un plus grand nombre de patients, et pendant une durée de traitement plus longue.

    Glossaire

    Essai clinique en phase I. Première étape de la vie d’un médicament ou d’un traitement. La phase I permet de déterminer la dose qui ne présente aucun danger ainsi que les possibles effets secondaires.



    Essai clinique en phase II. Etude qui évalue l’efficacité clinique d’une molécule, et détermine ses éventuels effets secondaires. La phase 2 est subdivisée en deux phases : phases 2a et 2b. Alors que la phase 2a apprécie l’efficacité de la molécule sur un nombre limité (de 100 à 200) de patients, la phase 2b détermine la dose thérapeutique de la molécule sur une plus grande échelle (de 100 à plus de 300 patients). Le développement de la molécule peut s’arrêter durant cette phase si elle ne présente qu’une efficacité modeste et/ou des effets toxiques.

    Essai clinique en phase III. Etude clinique contrôlée, randomisée et à double insu réalisée sur un grand nombre de patients (de 1000 à 3 000 et plus) visant à évaluer l’efficacité d’un médicament, en comparaison avec un traitement standard.

    Cet article doit être considéré comme une information et non comme une consultation médicale qui relève, stricto sensu d’une relation individuelle avec un professionnel patenté et selon les règles en vigueur dans le pays. Nous n’assumons aucune responsabilité sur les conséquences liées à l’utilisation de ces renseignements.Pour de plus amples informations sur ce médicament, veuillez contacter votre médecin ou votre pharmacien.

  8. Vitamines : diminuent-elles le risque de démence et d’AVC ?

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    De nombreuses études cliniques ont essayé de déterminer si  une consommation quotidienne de vitamines – provenant de l’alimentation ou de suppléments alimentaires – diminue le risque de développer une démence (maladie d’Alzheimer, démence vasculaire) et ou d’être victime d’un accident vasculaire cérébral.

    Après avoir analysé ces études –qui portent sur les vitamines A, B, C, E et l’acide folique et dont les résultats divergent parfois-, nous avons apporté une note d’appréciation pour chaque vitamine, les vitamines A, B, C, E et l’acide folique selon cinq niveaux d’appréciation : très improbable, improbable, incertain, probable ou très probable. Ces notes sont seront régulièrement mises a jour en fonction de l’avancée des études et de leurs résultats.

    Les vitamines diminuent-elles le risque de démence ?

    Vitamines B et l’acide folique

    Les résultats d’études cliniques ont abouti à quatre observations:

    1. Les taux sanguins élevés d’homocystéine – une molécule produite par notre organisme – augmentent le risque (de 40 à 50%) de maladies cardiaques et d’accidents vasculaires cérébraux, et, peut-être, de troubles cognitifs chez la personne âgée.
    2. Ces taux élevés (> à 15 µmol/L) d’homocystéine sont plus fréquents chez les patients atteints de démence.
    3. Cette augmentation est en grande partie due à une carence en acide folique (< à 14 nmol/L) et vitamines B. Cette carence est d’ailleurs observée chez les patients Alzheimer.
    4. Un apport élevé en acide folique et vitamine B permet de réduire les taux d’homocystéine.

    A partir de ces observations les chercheurs se sont posés la question suivante: une consommation d’acide folique et de vitamines B peut-elle être bénéfique?

    Impact de la vitamine B12 dans la prévention de la maladie d’Alzheimer

    Les personnes ayant de faibles niveaux de vitamine B12 seraient à risque plus élevé de développer la maladie d’Alzheimer, selon une étude suédoise portant sur 271 personnes en santé, âgées de 65 à 79 ans, et suivis pendant 7 ans.

    Les auteurs de l’étude ont suivi pendant 7 ans les sujets et ont mesuré la concentration sanguine de l’acide aminé homocystéine dont des niveaux élevés ont des effets délétères dans le cerveau et le système cardiovasculaire. Ils ont également mesuré les niveaux de vitamine B12 connue pour diminuer les niveaux d’homocystéine.

    Résultats : un niveau d’homocystéine modérément supérieur à la moyenne est associé à un risque plus élevé de 16 % de développer la maladie d’Alzheimer, alors qu’un niveau de B12 légèrement supérieur à la moyenne correspondait à un risque plus faible de 2 %.

    Les personnes âgées souffrent souvent de carence en vitamine B12, que l’on retrouve dans les viandes, les poissons, le lait, les œufs et certains légumes verts.

    Une étude précédente publiée dans PLOS One (Public Library of Science One) démontrait que des doses élevées de compléments de vitamines B (B6, B9 et B12) réduisaient de 30 à 50% l’atrophie cérébrale chez les personnes atteintes de déficit cognitif léger, et retarderaient ainsi l’apparition de la maladie d’Alzheimer.

    Source: Hooshmand B et al. Homocysteine and holotranscobalamin and the risk of Alzheimer disease: a longitudinal study. Neurology. 2010 Oct 19;75(16):1408-14.



    Vitamine E

    Les effets bénéfiques de la vitamine E se manifestent seulement (surtout sinon exclusivement) si elle provient de la nourriture (son effet protecteur sous la forme de suppléments est hypothétique). La dose quotidienne efficace relevée avoisine celle de la dose quotidienne recommandée, soit 15mg/jour(22IU/jour). Selon les études épidémiologiques, la vitamine E réduit de 30 à 70% le risque de développer une maladie d’Alzheimer et de plus de deux tiers le risque de démence vasculaire.

    La vitamine E –contrairement aux vitamines A et C- semble freiner le déclin cognitif chez les personnes âgées et ce, quelle que soit sa source avec toutefois un apport minimal de 170 mg/jour (alimentation + suppléments) ou 18mg/jour (alimentation seulement).

    Enfin, la vitamine E (au taux de 10 mg/jour) semble diminuer (de 30%) le risque de développer une maladie de Parkinson, alors que la vitamine C et la vitamine A sont inefficaces à cet égard.

    Vous pouvez consulter notre article sur la vitamine E

    Vitamine D

    L’étude appelée Osteoporotic Fractures in Men Study a pour but de faire le lien entre le niveau sanguin de vitamine D et la performance cognitive. 1500 hommes ont participé à cette étude et ont été suivis pendant environ 5 ans.

    Résultats: les hommes qui avaient les niveaux les plus bas de vitamine D avaient un risque accru de trouble cognitif, par rapport à ceux qui ont les niveaux les plus élevés. Ce risque augmente de +66% à 84% selon que la performance cognitive à été évaluée par le test des tracés ou le mini-examen de l’état mental. Cependant, cette augmentation n’est pas significative.

    Une seconde étude (appelée Epidémiologie de l’Ostéoporose ou EPIDOS) publiée la même année indique que les femmes âgées de 75 ans ou plus ayant un déficit marqué en vitamine D (niveau inférieur à 10 ng/mL) ont un risque plus important (+99%) de trouble cognitif, évalué par le test Pfeiffer Short Portable Mental State Questionnaire.

    Une troisième étude a comparé les niveaux sanguins de vitamine D chez 318 participants (âge moyen de 73,5 ans) avec la présence d’une démence. Les résultats démontrent qu’un niveau de vitamine D très inférieur à la normale (< 10 ng/mL) est présent chez 14,5% des sujets, alors qu’un niveau inférieur à la normale (< 30 ng/mL mais supérieure à 10 ng/mL) se retrouve chez près de la moitié des participants. Les 76 participants (23,9%) souffrant de démence ont en moyenne des niveaux de vitamine D significativement plus faibles que ceux des participants sains (respectivement 16,8 et 20,0 ng/mL).

    La fréquence des démences est supérieure chez les individus ayant des niveaux de vitamine D inférieurs à 20 ng/mL, comparée à ceux présentant des niveaux plus élevés (30,5% vs 14,5%), ce qui représente un risque accru de démence de 130%. De plus, un déficit en vitamine D est associé à une plus grande fréquence de mini-infarctus cérébraux (10,1% vs 6,9%) et à une augmentation (+100%) du risque d’accidents vasculaires cérébraux.

    Les auteurs émettent l’hypothèse qu’un apport en vitamine D réduit le risque de maladies neurodégénératives (démence, AVC) chez les personnes âgées présentant un déficit en vitamine D.

    Les vitamines diminuent-elles le risque le risque d’accident vasculaire cérébral (AVC) ?

    Acide folique et vitamines C et E

    Il semble que ces vitamines soient efficaces lorsqu’elles proviennent de la nourriture (l’effet de suppléments alimentaires est peu probable). Le risque d’être victime d’un AVC est diminué de 30 à 70% et cette baisse se manifeste surtout chez les personnes à risque (hypertendus, fumeurs, diabétique). Les doses efficaces rapportées sont :

    • de 140 à 300 mg par jour pour la vitamine C
    • 800 µg par jour pour l’acide folique (l’acide folique semble un peu moins efficace à la dose de 400 µg par jour) 

    Les vitamines améliorent-elles l’état des patients Alzheimer ?

    Vitamine E

    L’efficacité de la vitamine E (doses = 1000 à 2,000 IU/jour) sur les performances cognitives des patients Alzheimer est minime, bien que significative. La vitamine E est parfois combinée avec un médicament anti-Alzheimer (i.e. Reminyl, Aricept, exelon) alors qu’aucune étude clinique n’ait démontrée l’efficacité de cette combinaison.

    Deux études randomisées avec placebo ont examiné le rôle de la vitamine E dans le traitement du déficit cognitif léger (DCL) ou de la maladie d’Alzheimer. Dans la première, les résultats indiquent qu’un traitement avec la vitamine E (2000 IU par an pendant 3 ans) n’empêche pas les patients souffrant de DCL de développer une maladie d’Alzheimer (pour rappel, 15% des patients DCL sont diagnostiqués Alzheimer par an). De plus le status cognitif de ces patients ne se trouvent pas améliorés (Petersen et al., 2005).

    Concernant la deuxième étude, les auteurs concluent que la vitamine E (2000 IU/jour pendant deux ans) ralentit la progression de la maladie d’Alzheimer, bien que l’impact sur le déclin cognitif ne soit pas significatif (Sano et al., 1997).

    Les vitamines C et E ralentissent-elles le déclin cognitif chez les personnes âgées ?

    Les études longitudinales portant sur l’efficacité des vitamine C et E sur les fonctions cognitives des personnes âgées ont rapporté des résultats ambigus. Une étude de cohorte à montré qu’un apport en vitamine C provenant de l’alimentation présente un effet protecteur significatif sur le déclin cognitif, alors que deux autres études indiquent l’existence d’une association entre un ralentissement du déclin cognitif et une consommation de vitamines C et E provenant de suppléments alimentaires. (En revanche, une supplémentation en vitamine C seule n’aurait aucun effet bénéfique)

    Trois études contrôlées et randomisées ont évalué l’efficacité des vitamines C (250 à 500 mg/jour) et E (600 à 900 IU/jour) sur le déclin cognitif de personnes âgées cognitivement intactes. Aucun effet bénéfique n’a été rapporté sur la performance cognitive des participants après 5 à 7 ans de traitement (rappelons que ces participants n’avaient aucun déficit cognitif). Dans la troisième et dernière étude, les auteurs concluent que la supplémentation en vitamine E ne ralentit pas le déclin cognitif.

    Publications

    Slinin Y et al. 25-Hydroxyvitamin D levels and cognitive performance and decline in elderly men. Neurology 2010;74:33–41.

    Annweiler C et al. Association of vitamin D deficiency with cognitive impairment in older women. Neurology 2010;74:27–32.

    Buell JS et al. 25-Hydroxyvitamin D, dementia, and cerebrovascular pathology in elders receiving home services. Neurology 2010;74:18–26.

    Petersen R et al. Vitamin E and donepezil for the treatment of mild cognitive impairment. N Engl J Med 2005;352:2379-88.

    Sano M et al. A controlled trial of selegiline, alpha-tocopherol, or both as treatment for Alzheimer’s disease. The Alzheimer’s Disease Cooperative Study. N Engl J Med. 1997 Apr 24;336(17):1216-22.

     

  9. Rotigotine

    Commentaires fermés sur Rotigotine

    La rotigotine est indiquée dans le traitement des symptômes de la maladie de Parkinson, en monothérapie (stade précoce) ou en association avec la lévodopa (à tous les stades de la maladie), lorsque cette dernière devient moins efficace. Utilisé en monothérapie, ce médicament peut retarder l’utilisation de la lévodopa.

    La rotigotine (NEUPRO®) a été approuvée par Santé Canada en mars 2013, et devient devenant ainsi le seul nouveau traitement de la maladie de Parkinson approuvé au Canada au cours des cinq dernières années.  Le NEUPRO®, dont la substance active est la rotigotine (un agoniste dopaminergique, est offert en timbre transdermique, permettant une libération sur 24 heures à travers la peau dans la circulation sanguine. NEUPRO® est efficace dans le traitement des symptômes moteurs associés à la maladie de Parkinson.

     

    Comment fonctionne la rotigotine ?

    Voir la fiche sur les autres médicaments appartenant à la même catégorie (bromocriptine, cabergoline, lisuride, pergolidepramipexole et ropinirole).
     

    Posologie

    La rotigotine est administrée une fois par jour par voie transdermique qui libère durant 24 heures le médicament à travers la peau (abdomen, cuisse, hanche, épaule ou bras). Au stade précoce de la maladie de Parkinson, la dose initiale est de 2 mg/jour. Cette dose est ensuite augmentée chaque semaine par étapes de 2 mg/jour jusqu’à atteindre au bout d’un mois la dose efficace (environ 5 mg par jour). La dose maximale de 8 mg/jour. Au stade avancé de la maladie, la dose de départ est de 4 mg/jour. Cette dose est ensuite augmentée chaque semaine par étapes de 2 mg/24 h jusqu’à atteindre la dose efficace (dose maximale = 16 mg/jour). Selon les études cliniques, la dose moyenne quotidienne (en monothérapie) est d’environ 5 mg/jour.



    Effets indésirables les plus fréquents

    Voir la fiche sur les autres médicaments appartenant à la même catégorie.
     

    Contre-indications/Mises en garde/Précautions d’emploi

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    Efficacité démontrée par la rotigotine au cours des études

    La lévodopa est le médicament le plus utilisé dans le traitement de la maladie de Parkinson. Elle traverse la barrière hémato-encéphalique (une paroi qui sépare le cerveau du sang) pour se rendre dans le cerveau où elle est convertie en dopamine. Cette conversion en dopamine explique certainement ses effets atténuants sur les symptômes parkinsoniens. Bien que la lévodopa améliore les symptômes moteurs chez les patients atteints de la maladie de Parkinson, un traitement de plus de 5 ans provoque des complications motrices sévères (akinésie, effets « on-off », dyskinésies), probablement dues à la sévérité des troubles moteurs et la durée du traitement par la lévodopa. Ces complications motrices peuvent être atténuées, pendant environ 3 ans, par une classe de médicaments appelés agonistes dopaminergiques. Ces médicaments sont la bromocriptine, la cabergoline, le lisuride, le pergolide, le piribédil, le pramipexole, le ropinirole et la rotigotine.

    De récentes études utilisant des protocoles comparables ont permis de comparer de manière rigoureuse l’efficacité des agonistes dopaminergiques. Les essais cliniques pris en compte ont duré de 3 à 12 mois et répondent à des critères d’inclusion stricts : essais randomisés à double insu versus placebo ou lévodopa. La durée minimale (3 mois) et maximale (12 mois) de traitement se justifie respectivement par le besoin de parvenir à un équilibre posologique et par le fait d’éviter les biais liés à l’évolution de la maladie. L’âge moyen des malades – en majorité des hommes – se situe autour de 60 ans.

    L’efficacité est mesurée par la variation du score de l’Unified Parkinson’s Disease Rating Scale* (UPDRS en abrégé) entre le groupe traité avec le médicament (avec ou sans lévodopa) et le groupe placebo (avec ou sans lévodopa). Plus la différence est élevée, plus le médicament est efficace.

    * Unified Parkinson’s Disease Rating Scale. Echelle évaluant la sévérité de la maladie de Parkinson. Elle comprend quatre aspects: état mental, comportement et humeur; activités de la vie quotidienne; état moteur et complications du traitement. Les patients traités avec un agoniste dopaminergique ont moins de risque de développer des dyskinésies (-49%), une dystonie (-36%) et des fluctuations motrices (-25%) que ceux traités seulement avec la lévodopa. La variation des scores de l’UPDRS est la suivante : pergolide (5,9 variation entre groupe traité et groupe placebo); piribédil (7,3); pramipexole (6); ropinirole (4,7) et rotigotine (5,3).

    Effets indésirables. Les oedèmes constituent les effets indésirables les plus fréquents (+268%), suivis de la somnolence (+49%), constipation (+59%), vertiges (+45%), hallucination (+69%) et des nausées (+32%). Ces effets sont liés aux propriétés dopaminergiques de ces médicaments. La fréquence des interruptions de traitements due aux effets secondaires est deux fois et demie plus élevée chez ceux traités avec ces médicaments, comparée au groupe contrôle.

    Ratio efficacité/tolérance. Ce ratio reflète le rapport entre le bénéfice que procure le médicament et le risque encouru par le patient. Le meilleur score est obtenu avec le piribédil, suivi du pramipexole, pergolide, rotigotine et ropinirole. En conclusion, bien que ces médicaments présentent une efficacité comparable, le piribédil est le médicament produisant le moins d’effets indésirables (en particulier les nausées) et ayant le meilleur ratio efficacité/tolérance.

    Publications

    Etminan M et coll. Comparison of the risk of adverse events with pramipexole and ropinirole in patients with Parkinson’s disease: a meta-analysis. Drug Saf. 2003;26:439-44.

    Etminan M et coll. Increased risk of somnolence with the new dopamine agonists in patients with Parkinson’s disease: a meta-analysis of randomised controlled trials. Drug Saf. 2001;24:863-8.

    Bonuccelli U. Comparing dopamine agonists in Parkinson’s disease. Curr Opin Neurol. 2003 16, 1:S13-9.

    Inzelberg R et coll. Cabergoline, pramipexole and ropinirole used as monotherapy in early Parkinson’s disease: an evidence-based comparison. Drugs Aging 2003;20:847-55.

    Stowe RL. Dopamine agonist therapy in early Parkinson’s disease. Cochrane Database Syst Rev. 2008 Apr 16;(2):CD006564.

    Jankovic J, Stacy M. Medical management of levodopa-associated motor complications in patients with Parkinson’s disease. CNS Drugs. 2007;21(8):677-92.

    Gallagher DA, Schrag A. Impact of newer pharmacological treatments on quality of life in patients with Parkinson’s disease. CNS Drugs. 2008;22(7):563-86.

     

    Pour de plus amples informations sur ce médicament, veuillez contacter votre médecin ou votre pharmacien. Cet article doit être considéré comme une information et un outil de formation et non comme une consultation médicale; laquelle relève, stricto sensu, d’une relation individuelle avec un professionnel patenté et selon les règles en vigueur dans le pays.

  10. Activité physique : effet préventif sur la démence ?

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    Même un peu d’activité physique peut prévenir de la démence

    Les personnes âgées sédentaires ont un risque de démence plus élevé que celles qui exercent régulièrement des activités physiques d’intensité modérée à intense.

    Une activité physique modérée peut inclure la marche rapide, de la bicyclette à vitesse moyenne (15 km/h), de la danse ou du jardinage.

    «Il n’est pas nécessaire de pratiquer une activité physique intense pour réduire le risque de démence», a déclaré l’auteur principal de l’étude, chercheur à l’Université de Californie (Los Angeles, Etats-Unis).

    Les participants à l’étude âgés de 75 ans ou plus sont ceux qui ont obtenu le plus de bénéfice de l’exercice, démontrant que l’on est jamais trop vieux pour faire de l’exercice et en tirer profit. Cela s’explique par le fait qu’ils sont à un âge ou le risque de démence est le plus grand.

    Les scans du cerveau des participants ont montré que ceux qui font de l’exercice sont plus en mesure de résister aux effets du vieillissement sur le cerveau. En effet, les individus qui font régulièrement de l’exercice tendent à avoir un volume cérébral plus grand que ceux qui restent sédentaires, signe d’une meilleure santé du cerveau.

    3 700 personnes de 60 ans et plus ont participé à l’étude.

    Les chercheurs ont mesuré la fréquence des exercices pratiqués par les participants et les ont suivis pendant une décennie. Au cours de l’étude, 236 personnes ont développé une démence.

    Pour étudier comment l’activité physique pourrait avoir affecté le risque de démence, les chercheurs ont divisé la population de l’étude en cinq groupes allant de sédentaire à très actif.

    Le groupe comprenant les personnes les plus sédentaires étaient 50 % plus susceptibles de développer une démence, comparé aux quatre autres groupes. En d’autres termes, même un peu d’exercice est bénéfique.

    L’équipe de recherche a également comparé l’activité physique à des scans du cerveau, et a trouvé un lien direct entre l’exercice et la taille du cerveau. Les personnes âgées qui ont étaient les plus actives sont celles dont le volume du cerveau était le plus important.

    Plusieurs hypothèses ont été avancées pour expliquer ces observations.

    1. L’augmentation de la circulation sanguine causée par l’activité physique pourrait «renforcer» le cerveau, augmenter son volume et favoriser la croissance de neurones supplémentaires ;
    2. L’exercice physique pourrait conduire à une densité accrue des connexions entre les neurones (synapses) et créer des voies alternatives en cas d’atrophie du cerveau liée à l’âge. C’est un peu comme si une ville présentait des itinéraires alternatifs pour les conducteurs afin d’éviter un encombrement.
    3. L’exercice favorise la sécrétion de molécules dans le cerveau, en particulier le facteur neurotrophique dérivé du cerveau (en anglais Brain-Derived-Growth Factor ou BDNF). Le BDNF favorise la croissance de nouveaux neurones et préserve ceux que nous avons déjà.

    La bonne réponse est probablement une combinaison de ces trois hypothèses.



    Ces résultats confirment d’autres études qui avaient rapporté un lien entre l’exercice et la prévention la démence. Cependant, les essais cliniques visant à démontrer sans ambiguité ce lien ont jusqu’à présent été décevants.
    Source : Physical Activity, Brain Volume, and Dementia Risk: The Framingham Study, Journals of Gerontology: Medical Sciences, juillet 2016..

    L’exercice aérobique augmente la circulation cérébrale

    Des séances d’exercice aérobique améliorent la santé cérébrale des personnes âgées souffrant de troubles cognitifs légers. Cette amélioration – qui apparaît au bout de 6 mois – se traduit par une augmentation de la circulation cérébrale et une réduction des niveaux de protéines tau phosphorylées.

    Soixante cinq adultes âgés de 55 à 89 ans, souffrant de déclin cognitif léger et prédiabétiques – ont participé à des séances d’activités physiques.

    Les séances, supervisées par un entraîneur, consistaient à effectuer des exercices de haute intensité ou des étirements de 45 à 60 minutes, quatre fois par semaine pendant 6 mois.

    La zone cardiaque du groupe « aérobique », est d’intensité modérée. Elle se situe entre 70% à 80% de la fréquence cardiaque de réserve *.

    La zone cardiaque du groupe contrôle (qui n’effectue que des séances d’étirement) est d’intensité légère. Elle se situe sous 35% de la fréquence cardiaque de réserve.

    * La fréquence cardiaque de réserve est la différence entre la fréquence cardiaque maximale et la fréquence cardiaque de repos.

    À la fin des six mois de séances, le liquide céphalorachidien (LCR) et le sang des patients ont été collectés. Ces derniers ont également passé des tests cognitifs et physiques, accompagnés d’examens de neuroimagerie.

    Source : 8th Clinical Trials Conference on Alzheimer’s Disease (CTAD), novembre 2015.

    L’exercice physique préserve les facultés cognitives des personnes âgées

    Deux études, présentées à la conférence internationale 2011 de l’Association Alzheimer (Paris) confirment l’association entre l’activité physique et la préservation des capacités cognitives chez les personnes âgées.

    La première étude, réalisée par des chercheurs américains du Harvard Medical School, s’est intéressée au lien existant entre l’exercice physique et le déclin mental chez 2800 femmes âgées de plus de 65 ans souffrant de problèmes cardiovasculaires.

    Après cinq ans de suivi, il apparut que les femmes les plus actives (l’activité consistait à marcher 30 minutes par jour) obtenaient de meilleurs résultats aux tests cognitifs, comparées à celles qui restaient inactives.

    La seconde étude impliquant près de 200 volontaires âgés en moyenne de 75 ans confirma que les plus sédentaires étaient les plus susceptibles de voir leurs capacités cognitives décliner.

    Une étude précédente paru dans la revue Neurology indiquait qu’une marche de 9,5 kilomètres par semaine permettait de maintenir de freiner le déclin des capacités cognitives chez les aînés.

    Sources: Physical Activity and Cognition in Women With Vascular Conditions. Arch Intern Med. 2011;171(14):1244-1250 et Activity Energy Expenditure and Incident Cognitive Impairment in Older Adults. Arch Intern Med. 2011;171(14):1251-1257.

    Les bienfaits de l’exercice physique sur l’hippocampe confirmés

    Une étude réalisée sur 120 adultes âgés de 65 ans environ confirme le rôle bénéfique de l’activité physique et la santé mentale. La moitié des participants ont été soumis à un entraînement physique pendant un an. Le volume de l’hippocampe (région cérébrale impliquée dans la mémoire) des sujets ayant suivi l’entraînement a augmenté de 2% par rapport au volume mesuré au début de l’étude. En revanche, celui des sujets contrôles sédentaires a baissé de 1,4%.

    Ce résultat est d’autant plus spectaculaire que l’activité physique était d’intensité modérée : 40 minutes de marche, trois fois par semaine.

    Cette augmentation du volume hippocampique s’accompagne de celle des niveaux sanguins de BNDF, un facteur de croissance possédant des propriétés protectrices sur les neurones, et censé stimuler la production de nouveaux neurones (phénomène appelé neurogénèse).

    On savait déjà que l’hippocampe s’atrophiait dans certaines pathologies, dont bien entendu la maladie d’Alzheimer, mais aussi la dépression.

    Source : Erickson et coll. Exercise training increases size of hippocampus and improves memory. Proc Natl Acad Sci U S A. 2011 108(7):3017-22.

    Marcher ralentit le déclin cognitif

    La marche a un effet préventif aussi bien chez les seniors en bonne santé que chez ceux souffrant d’un déficit cognitif léger ou de la dmaladie d’Alzheimer. Ces résultats ont été annoncés lors d’une conférence d’imagerie médicale à Chicago (nov 2010).

    Cette étude a évalué l’impact de la marche sur une période allant jusqu’à 10 ans. Les auteurs ont par la suite mesuré le volume cérébral par IRM, en particulier dans la zone cérébrale impliquée dans la mémoire et l’apprentissage (cortex entorhinal et temporal). Sur les 426 participants, 299 étaient restés en bonne santé mental alors que 127 présentaient des troubles cognitifs (83 avec déficit cognitif léger été 44 avec une maladie d’Alzheimer). Rappelons que le volume cérébral est un signe d’intégrité : si le volume diminue (c’est-à-dire s’il y a atrophie), cela signifie que les neurones meurent.

    L’analyse des résultats indique qu’une marche hebdomadaire de 10 km préserve l’intégrité du cerveau et réduit le risque de trouble cognitif chez les seniors an bonne santé.

    En ce qui concerne les patients souffrant de déficit cognitif léger ou de maladie d’Alzheimer, il apparaît que marcher 8 km par semaine ralentit le déclin cognitif et préserve le volume cérébral (le score au test cognitif MMSE a baissé de 5 points chez les patients n’ayant pas pratiqué assidument à la marche, comparé à une baisse de seulement 1 point chez ceux ayant marché au moins 8 km par semaine).

    Une autre étude souligne l’influence génétique sur l’effet bénéfique de l’activité physique. Celle-ci démontre que les sujets ayant une prédisposition génétique* à la maladie d’Alzheimer sont ceux qui bénéficieront le mieux de l’exercice physique.

    L’étude divisait les individus (âgés de 65 à 85 ans) en quatre groupes en fonction de la présence ou non d’une prédisposition génétique et d’une activité physique faible ou élevée. Les auteurs de l’étude ont soumis les participants à un test mental et mesuré en parallèle leur activité cérébrale par IRM fonctionnelle, dans le but d’évaluer leur performance mnésique. Ainsi, les sujets portant le gène APOE4 et pratiquant une activité physique ont une activité cérébrale plus importante que ceux restant sédentaires.

    Cet écart est moindre chez ceux n’ayant pas de prédisposition génétique. * Le facteur de prédisposition génétique de la maladie d’Alzheimer identifié chez les personnes est le gène APOE4 (allèle 4 du gène de l’apolipoprotéine E)

    Source: Smith JC et al. Interactive effects of physical activity and APOE-e4 on BOLD semantic memory activation in healthy elders. NeuroImage, 2011; 54 (1): 635 DOI.