Commentaires fermés sur ExonHit Therapeutics annonce ses résultats sur l’EHT 0202
ExonHit Therapeutics a annoncé la publication des résultats de Phase IIa d’EHT 0202, une molécule destinée au traitement de la maladie d’Alzheimer.
EHT 0202 est considéré par le laboratoire comme le premier représentant d’une nouvelle classe de médicament modifiant le cours de la maladie d’Alzheimer. EHT 0202 stimule une enzyme (appelée alpha-sécrétase), favorisant ainsi la forme non toxique de l’amyloïde (par opposition, l’activation des enzymes beta- et gamma-sécrétases favorisent la forme toxique de l’amyloïde).
EHT 0202 pourrait de ce fait réduire la formation des plaques amyloïde contenant les formes toxiques d’amyoïde.
L’étude randomisée en double-aveugle, et contrôlée par un placebo, a été réalisée dans une vingtaine de centres en France. Centre quatre-vingt dix sept patients âgés de 60 à 90 ans et souffrant de la maladie d’Alzheimer à des stades allant de léger à modéré a été sélectionné. 159 d’entre eux ont été randomisés pour recevoir le traitement de l’étude pendant une période de trois mois. L’EHT 0202 (40 ou 80 mg, par voie orale deux fois par jour) additionné d’inhibiteur de l’acétylcholinestérase (ex. Aricept) a été évalué en comparaison avec un placebo.
Objectif de l’étude: évaluer l’innocuité et la tolérance d’EHT 0202, ainsi que l’efficacité du traitement chez les patients souffrant de la maladie d’Alzheimer.
Résultats : EHT 0202 est sûr et généralement bien toléré par les patients.
Conclusion : une étude de Phase IIb est envisagée afin d’évaluer l’efficacité clinique de la molécule et de confirmer sa bonne tolérance sur un plus grand nombre de patients, et pendant une durée de traitement plus longue.
Glossaire
Essai clinique en phase I. Première étape de la vie d’un médicament ou d’un traitement. La phase I permet de déterminer la dose qui ne présente aucun danger ainsi que les possibles effets secondaires.
Essai clinique en phase II. Etude qui évalue l’efficacité clinique d’une molécule, et détermine ses éventuels effets secondaires. La phase 2 est subdivisée en deux phases : phases 2a et 2b. Alors que la phase 2a apprécie l’efficacité de la molécule sur un nombre limité (de 100 à 200) de patients, la phase 2b détermine la dose thérapeutique de la molécule sur une plus grande échelle (de 100 à plus de 300 patients). Le développement de la molécule peut s’arrêter durant cette phase si elle ne présente qu’une efficacité modeste et/ou des effets toxiques.
Essai clinique en phase III. Etude clinique contrôlée, randomisée et à double insu réalisée sur un grand nombre de patients (de 1000 à 3 000 et plus) visant à évaluer l’efficacité d’un médicament, en comparaison avec un traitement standard.
Cet article doit être considéré comme une information et non comme une consultation médicale qui relève, stricto sensu d’une relation individuelle avec un professionnel patenté et selon les règles en vigueur dans le pays. Nous n’assumons aucune responsabilité sur les conséquences liées à l’utilisation de ces renseignements.Pour de plus amples informations sur ce médicament, veuillez contacter votre médecin ou votre pharmacien.
Commentaires fermés sur Vitamines : diminuent-elles le risque de démence et d’AVC ?
De nombreuses études cliniques ont essayé de déterminer si une consommation quotidienne de vitamines – provenant de l’alimentation ou de suppléments alimentaires – diminue le risque de développer une démence (maladie d’Alzheimer, démence vasculaire) et ou d’être victime d’un accident vasculaire cérébral.
Après avoir analysé ces études –qui portent sur les vitamines A, B, C, E et l’acide folique et dont les résultats divergent parfois-, nous avons apporté une note d’appréciation pour chaque vitamine, les vitamines A, B, C, E et l’acide folique selon cinq niveaux d’appréciation : très improbable, improbable, incertain, probable ou très probable. Ces notes sont seront régulièrement mises a jour en fonction de l’avancée des études et de leurs résultats.
Les vitamines diminuent-elles le risque de démence ?
Vitamines B et l’acide folique
Les résultats d’études cliniques ont abouti à quatre observations:
Les taux sanguins élevés d’homocystéine – une molécule produite par notre organisme – augmentent le risque (de 40 à 50%) de maladies cardiaques et d’accidents vasculaires cérébraux, et, peut-être, de troubles cognitifs chez la personne âgée.
Ces taux élevés (> à 15 µmol/L) d’homocystéine sont plus fréquents chez les patients atteints de démence.
Cette augmentation est en grande partie due à une carence en acide folique (< à 14 nmol/L) et vitamines B. Cette carence est d’ailleurs observée chez les patients Alzheimer.
Un apport élevé en acide folique et vitamine B permet de réduire les taux d’homocystéine.
A partir de ces observations les chercheurs se sont posés la question suivante: une consommation d’acide folique et de vitamines B peut-elle être bénéfique?
Impact de la vitamine B12 dans la prévention de la maladie d’Alzheimer
Les personnes ayant de faibles niveaux de vitamine B12 seraient à risque plus élevé de développer la maladie d’Alzheimer, selon une étude suédoise portant sur 271 personnes en santé, âgées de 65 à 79 ans, et suivis pendant 7 ans.
Les auteurs de l’étude ont suivi pendant 7 ans les sujets et ont mesuré la concentration sanguine de l’acide aminé homocystéine dont des niveaux élevés ont des effets délétères dans le cerveau et le système cardiovasculaire. Ils ont également mesuré les niveaux de vitamine B12 connue pour diminuer les niveaux d’homocystéine.
Résultats : un niveau d’homocystéine modérément supérieur à la moyenne est associé à un risque plus élevé de 16 % de développer la maladie d’Alzheimer, alors qu’un niveau de B12 légèrement supérieur à la moyenne correspondait à un risque plus faible de 2 %.
Les personnes âgées souffrent souvent de carence en vitamine B12, que l’on retrouve dans les viandes, les poissons, le lait, les œufs et certains légumes verts.
Une étude précédente publiée dans PLOS One (Public Library of Science One) démontrait que des doses élevées de compléments de vitamines B (B6, B9 et B12) réduisaient de 30 à 50% l’atrophie cérébrale chez les personnes atteintes de déficit cognitif léger, et retarderaient ainsi l’apparition de la maladie d’Alzheimer.
Source: Hooshmand B et al. Homocysteine and holotranscobalamin and the risk of Alzheimer disease: a longitudinal study. Neurology. 2010 Oct 19;75(16):1408-14.
Vitamine E
Les effets bénéfiques de la vitamine E se manifestent seulement (surtout sinon exclusivement) si elle provient de la nourriture (son effet protecteur sous la forme de suppléments est hypothétique). La dose quotidienne efficace relevée avoisine celle de la dose quotidienne recommandée, soit 15mg/jour(22IU/jour). Selon les études épidémiologiques, la vitamine E réduit de 30 à 70% le risque de développer une maladie d’Alzheimer et de plus de deux tiers le risque de démence vasculaire.
La vitamine E –contrairement aux vitamines A et C- semble freiner le déclin cognitif chez les personnes âgées et ce, quelle que soit sa source avec toutefois un apport minimal de 170 mg/jour (alimentation + suppléments) ou 18mg/jour (alimentation seulement).
Enfin, la vitamine E (au taux de 10 mg/jour) semble diminuer (de 30%) le risque de développer une maladie de Parkinson, alors que la vitamine C et la vitamine A sont inefficaces à cet égard.
Vous pouvez consulter notre article sur la vitamine E
Vitamine D
L’étude appelée Osteoporotic Fractures in Men Study a pour but de faire le lien entre le niveau sanguin de vitamine D et la performance cognitive. 1500 hommes ont participé à cette étude et ont été suivis pendant environ 5 ans.
Résultats: les hommes qui avaient les niveaux les plus bas de vitamine D avaient un risque accru de trouble cognitif, par rapport à ceux qui ont les niveaux les plus élevés. Ce risque augmente de +66% à 84% selon que la performance cognitive à été évaluée par le test des tracés ou le mini-examen de l’état mental. Cependant, cette augmentation n’est pas significative.
Une seconde étude (appelée Epidémiologie de l’Ostéoporose ou EPIDOS) publiée la même année indique que les femmes âgées de 75 ans ou plus ayant un déficit marqué en vitamine D (niveau inférieur à 10 ng/mL) ont un risque plus important (+99%) de trouble cognitif, évalué par le test Pfeiffer Short Portable Mental State Questionnaire.
Une troisième étude a comparé les niveaux sanguins de vitamine D chez 318 participants (âge moyen de 73,5 ans) avec la présence d’une démence. Les résultats démontrent qu’un niveau de vitamine D très inférieur à la normale (< 10 ng/mL) est présent chez 14,5% des sujets, alors qu’un niveau inférieurà la normale (< 30 ng/mL mais supérieure à 10 ng/mL) se retrouve chez près de la moitié des participants. Les 76 participants (23,9%) souffrant de démence ont en moyenne des niveaux de vitamine D significativement plus faibles que ceux des participants sains (respectivement 16,8 et 20,0 ng/mL).
La fréquence des démences est supérieure chez les individus ayant des niveaux de vitamine D inférieurs à 20 ng/mL, comparée à ceux présentant des niveaux plus élevés (30,5% vs 14,5%), ce qui représente un risque accru de démence de 130%. De plus, un déficit en vitamine D est associé à une plus grande fréquence de mini-infarctus cérébraux (10,1% vs 6,9%) et à une augmentation (+100%) du risque d’accidents vasculaires cérébraux.
Les auteurs émettent l’hypothèse qu’un apport en vitamine D réduit le risque de maladies neurodégénératives (démence, AVC) chez les personnes âgées présentant un déficit en vitamine D.
Les vitamines diminuent-elles le risque le risque d’accident vasculaire cérébral (AVC) ?
Acide folique et vitamines C et E
Il semble que ces vitamines soient efficaces lorsqu’elles proviennent de la nourriture (l’effet de suppléments alimentaires est peu probable). Le risque d’être victime d’un AVC est diminué de 30 à 70% et cette baisse se manifeste surtout chez les personnes à risque (hypertendus, fumeurs, diabétique). Les doses efficaces rapportées sont :
de 140 à 300 mg par jour pour la vitamine C
800 µg par jour pour l’acide folique (l’acide folique semble un peu moins efficace à la dose de 400 µg par jour)
Les vitamines améliorent-elles l’état des patients Alzheimer ?
Vitamine E
L’efficacité de la vitamine E (doses = 1000 à 2,000 IU/jour) sur les performances cognitives des patients Alzheimer est minime, bien que significative. La vitamine E est parfois combinée avec un médicament anti-Alzheimer (i.e. Reminyl, Aricept, exelon) alors qu’aucune étude clinique n’ait démontrée l’efficacité de cette combinaison.
Deux études randomisées avec placebo ont examiné le rôle de la vitamine E dans le traitement du déficit cognitif léger (DCL) ou de la maladie d’Alzheimer. Dans la première, les résultats indiquent qu’un traitement avec la vitamine E (2000 IU par an pendant 3 ans) n’empêche pas les patients souffrant de DCL de développer une maladie d’Alzheimer (pour rappel, 15% des patients DCL sont diagnostiqués Alzheimer par an). De plus le status cognitif de ces patients ne se trouvent pas améliorés (Petersen et al., 2005).
Concernant la deuxième étude, les auteurs concluent que la vitamine E (2000 IU/jour pendant deux ans) ralentit la progression de la maladie d’Alzheimer, bien que l’impact sur le déclin cognitif ne soit pas significatif (Sano et al., 1997).
Les vitamines C et E ralentissent-elles le déclin cognitif chez les personnes âgées ?
Les études longitudinales portant sur l’efficacité des vitamine C et E sur les fonctions cognitives des personnes âgées ont rapporté des résultats ambigus. Une étude de cohorte à montré qu’un apport en vitamine C provenant de l’alimentation présente un effet protecteur significatif sur le déclin cognitif, alors que deux autres études indiquent l’existence d’une association entre un ralentissement du déclin cognitif et une consommation de vitamines C et E provenant de suppléments alimentaires. (En revanche, une supplémentation en vitamine C seule n’aurait aucun effet bénéfique)
Trois études contrôlées et randomisées ont évalué l’efficacité des vitamines C (250 à 500 mg/jour) et E (600 à 900 IU/jour) sur le déclin cognitif de personnes âgées cognitivement intactes. Aucun effet bénéfique n’a été rapporté sur la performance cognitive des participants après 5 à 7 ans de traitement (rappelons que ces participants n’avaient aucun déficit cognitif). Dans la troisième et dernière étude, les auteurs concluent que la supplémentation en vitamine E ne ralentit pas le déclin cognitif.
Publications
Slinin Y et al. 25-Hydroxyvitamin D levels and cognitive performance and decline in elderly men. Neurology 2010;74:33–41.
Annweiler C et al. Association of vitamin D deficiency with cognitive impairment in older women. Neurology 2010;74:27–32.
Buell JS et al. 25-Hydroxyvitamin D, dementia, and cerebrovascular pathology in elders receiving home services. Neurology 2010;74:18–26.
Petersen R et al. Vitamin E and donepezil for the treatment of mild cognitive impairment. N Engl J Med 2005;352:2379-88.
Sano M et al. A controlled trial of selegiline, alpha-tocopherol, or both as treatment for Alzheimer’s disease. The Alzheimer’s Disease Cooperative Study. N Engl J Med. 1997 Apr 24;336(17):1216-22.
La rotigotine est indiquée dans le traitement des symptômes de la maladie de Parkinson, en monothérapie (stade précoce) ou en association avec la lévodopa (à tous les stades de la maladie), lorsque cette dernière devient moins efficace. Utilisé en monothérapie, ce médicament peut retarder l’utilisation de la lévodopa.
La rotigotine (NEUPRO®) a été approuvée par Santé Canada en mars 2013, et devient devenant ainsi le seul nouveau traitement de la maladie de Parkinson approuvé au Canada au cours des cinq dernières années. Le NEUPRO®, dont la substance active est la rotigotine (un agoniste dopaminergique, est offert en timbre transdermique, permettant une libération sur 24 heures à travers la peau dans la circulation sanguine. NEUPRO® est efficace dans le traitement des symptômes moteurs associés à la maladie de Parkinson.
Comment fonctionne la rotigotine ?
Voir la fiche sur les autres médicaments appartenant à la même catégorie (bromocriptine, cabergoline, lisuride, pergolide, pramipexole et ropinirole).
Posologie
La rotigotine est administrée une fois par jour par voie transdermique qui libère durant 24 heures le médicament à travers la peau (abdomen, cuisse, hanche, épaule ou bras). Au stade précoce de la maladie de Parkinson, la dose initiale est de 2 mg/jour. Cette dose est ensuite augmentée chaque semaine par étapes de 2 mg/jour jusqu’à atteindre au bout d’un mois la dose efficace (environ 5 mg par jour). La dose maximale de 8 mg/jour. Au stade avancé de la maladie, la dose de départ est de 4 mg/jour. Cette dose est ensuite augmentée chaque semaine par étapes de 2 mg/24 h jusqu’à atteindre la dose efficace (dose maximale = 16 mg/jour). Selon les études cliniques, la dose moyenne quotidienne (en monothérapie) est d’environ 5 mg/jour.
Effets indésirables les plus fréquents
Voir la fiche sur les autres médicaments appartenant à la même catégorie.
Contre-indications/Mises en garde/Précautions d’emploi
Voir la fiche sur les autres médicaments appartenant à la même catégorie.
Efficacité démontrée par la rotigotine au cours des études
La lévodopa est le médicament le plus utilisé dans le traitement de la maladie de Parkinson. Elle traverse la barrière hémato-encéphalique (une paroi qui sépare le cerveau du sang) pour se rendre dans le cerveau où elle est convertie en dopamine. Cette conversion en dopamine explique certainement ses effets atténuants sur les symptômes parkinsoniens. Bien que la lévodopa améliore les symptômes moteurs chez les patients atteints de la maladie de Parkinson, un traitement de plus de 5 ans provoque des complications motrices sévères (akinésie, effets « on-off », dyskinésies), probablement dues à la sévérité des troubles moteurs et la durée du traitement par la lévodopa. Ces complications motrices peuvent être atténuées, pendant environ 3 ans, par une classe de médicaments appelés agonistes dopaminergiques. Ces médicaments sont la bromocriptine, la cabergoline, le lisuride, le pergolide, le piribédil, le pramipexole, le ropinirole et la rotigotine.
De récentes études utilisant des protocoles comparables ont permis de comparer de manière rigoureuse l’efficacité des agonistes dopaminergiques. Les essais cliniques pris en compte ont duré de 3 à 12 mois et répondent à des critères d’inclusion stricts : essais randomisés à double insu versus placebo ou lévodopa. La durée minimale (3 mois) et maximale (12 mois) de traitement se justifie respectivement par le besoin de parvenir à un équilibre posologique et par le fait d’éviter les biais liés à l’évolution de la maladie. L’âge moyen des malades – en majorité des hommes – se situe autour de 60 ans.
L’efficacité est mesurée par la variation du score de l’Unified Parkinson’s Disease Rating Scale* (UPDRS en abrégé) entre le groupe traité avec le médicament (avec ou sans lévodopa) et le groupe placebo (avec ou sans lévodopa). Plus la différence est élevée, plus le médicament est efficace.
* Unified Parkinson’s Disease Rating Scale. Echelle évaluant la sévérité de la maladie de Parkinson. Elle comprend quatre aspects: état mental, comportement et humeur; activités de la vie quotidienne; état moteur et complications du traitement. Les patients traités avec un agoniste dopaminergique ont moins de risque de développer des dyskinésies (-49%), une dystonie (-36%) et des fluctuations motrices (-25%) que ceux traités seulement avec la lévodopa. La variation des scores de l’UPDRS est la suivante : pergolide (5,9 variation entre groupe traité et groupe placebo); piribédil (7,3); pramipexole (6); ropinirole (4,7) et rotigotine (5,3).
Effets indésirables. Les oedèmes constituent les effets indésirables les plus fréquents (+268%), suivis de la somnolence (+49%), constipation (+59%), vertiges (+45%), hallucination (+69%) et des nausées (+32%). Ces effets sont liés aux propriétés dopaminergiques de ces médicaments. La fréquence des interruptions de traitements due aux effets secondaires est deux fois et demie plus élevée chez ceux traités avec ces médicaments, comparée au groupe contrôle.
Ratio efficacité/tolérance. Ce ratio reflète le rapport entre le bénéfice que procure le médicament et le risque encouru par le patient. Le meilleur score est obtenu avec le piribédil, suivi du pramipexole, pergolide, rotigotine et ropinirole. En conclusion, bien que ces médicaments présentent une efficacité comparable, le piribédil est le médicament produisant le moins d’effets indésirables (en particulier les nausées) et ayant le meilleur ratio efficacité/tolérance.
Publications
Etminan M et coll. Comparison of the risk of adverse events with pramipexole and ropinirole in patients with Parkinson’s disease: a meta-analysis. Drug Saf. 2003;26:439-44.
Etminan M et coll. Increased risk of somnolence with the new dopamine agonists in patients with Parkinson’s disease: a meta-analysis of randomised controlled trials. Drug Saf. 2001;24:863-8.
Bonuccelli U. Comparing dopamine agonists in Parkinson’s disease. Curr Opin Neurol. 2003 16, 1:S13-9.
Inzelberg R et coll. Cabergoline, pramipexole and ropinirole used as monotherapy in early Parkinson’s disease: an evidence-based comparison. Drugs Aging 2003;20:847-55.
Stowe RL. Dopamine agonist therapy in early Parkinson’s disease. Cochrane Database Syst Rev. 2008 Apr 16;(2):CD006564.
Jankovic J, Stacy M. Medical management of levodopa-associated motor complications in patients with Parkinson’s disease. CNS Drugs. 2007;21(8):677-92.
Gallagher DA, Schrag A. Impact of newer pharmacological treatments on quality of life in patients with Parkinson’s disease. CNS Drugs. 2008;22(7):563-86.
Pour de plus amples informations sur ce médicament, veuillez contacter votre médecin ou votre pharmacien. Cet article doit être considéré comme une information et un outil de formation et non comme une consultation médicale; laquelle relève, stricto sensu, d’une relation individuelle avec un professionnel patenté et selon les règles en vigueur dans le pays.
Même un peu d’activité physique peut prévenir de la démence
Les personnes âgées sédentaires ont un risque de démence plus élevé que celles qui exercent régulièrement des activités physiques d’intensité modérée à intense.
Une activité physique modérée peut inclure la marche rapide, de la bicyclette à vitesse moyenne (15 km/h), de la danse ou du jardinage.
«Il n’est pas nécessaire de pratiquer une activité physique intense pour réduire le risque de démence», a déclaré l’auteur principal de l’étude, chercheur à l’Université de Californie (Los Angeles, Etats-Unis).
Les participants à l’étude âgés de 75 ans ou plus sont ceux qui ont obtenu le plus de bénéfice de l’exercice, démontrant que l’on est jamais trop vieux pour faire de l’exercice et en tirer profit. Cela s’explique par le fait qu’ils sont à un âge ou le risque de démence est le plus grand.
Les scans du cerveau des participants ont montré que ceux qui font de l’exercice sont plus en mesure de résister aux effets du vieillissement sur le cerveau. En effet, les individus qui font régulièrement de l’exercice tendent à avoir un volume cérébral plus grand que ceux qui restent sédentaires, signe d’une meilleure santé du cerveau.
3 700 personnes de 60 ans et plus ont participé à l’étude.
Les chercheurs ont mesuré la fréquence des exercices pratiqués par les participants et les ont suivis pendant une décennie. Au cours de l’étude, 236 personnes ont développé une démence.
Pour étudier comment l’activité physique pourrait avoir affecté le risque de démence, les chercheurs ont divisé la population de l’étude en cinq groupes allant de sédentaire à très actif.
Le groupe comprenant les personnes les plus sédentaires étaient 50 % plus susceptibles de développer une démence, comparé aux quatre autres groupes. En d’autres termes, même un peu d’exercice est bénéfique.
L’équipe de recherche a également comparé l’activité physique à des scans du cerveau, et a trouvé un lien direct entre l’exercice et la taille du cerveau. Les personnes âgées qui ont étaient les plus actives sont celles dont le volume du cerveau était le plus important.
Plusieurs hypothèses ont été avancées pour expliquer ces observations.
L’augmentation de la circulation sanguine causée par l’activité physique pourrait «renforcer» le cerveau, augmenter son volume et favoriser la croissance de neurones supplémentaires ;
L’exercice physique pourrait conduire à une densité accrue des connexions entre les neurones (synapses) et créer des voies alternatives en cas d’atrophie du cerveau liée à l’âge. C’est un peu comme si une ville présentait des itinéraires alternatifs pour les conducteurs afin d’éviter un encombrement.
L’exercice favorise la sécrétion de molécules dans le cerveau, en particulier le facteur neurotrophique dérivé du cerveau (en anglais Brain-Derived-Growth Factor ou BDNF). Le BDNF favorise la croissance de nouveaux neurones et préserve ceux que nous avons déjà.
La bonne réponse est probablement une combinaison de ces trois hypothèses.
Ces résultats confirment d’autres études qui avaient rapporté un lien entre l’exercice et la prévention la démence. Cependant, les essais cliniques visant à démontrer sans ambiguité ce lien ont jusqu’à présent été décevants. Source : Physical Activity, Brain Volume, and Dementia Risk: The Framingham Study, Journals of Gerontology: Medical Sciences, juillet 2016..
L’exercice aérobique augmente la circulation cérébrale
Des séances d’exercice aérobique améliorent la santé cérébrale des personnes âgées souffrant de troubles cognitifs légers. Cette amélioration – qui apparaît au bout de 6 mois – se traduit par une augmentation de la circulation cérébrale et une réduction des niveaux de protéines tau phosphorylées.
Soixante cinq adultes âgés de 55 à 89 ans, souffrant de déclin cognitif léger et prédiabétiques – ont participé à des séances d’activités physiques.
Les séances, supervisées par un entraîneur, consistaient à effectuer des exercices de haute intensité ou des étirements de 45 à 60 minutes, quatre fois par semaine pendant 6 mois.
La zone cardiaque du groupe « aérobique », est d’intensité modérée. Elle se situe entre 70% à 80% de la fréquence cardiaque de réserve *.
La zone cardiaque du groupe contrôle (qui n’effectue que des séances d’étirement) est d’intensité légère. Elle se situe sous 35% de la fréquence cardiaque de réserve.
* La fréquence cardiaque de réserve est la différence entre la fréquence cardiaque maximale et la fréquence cardiaque de repos.
À la fin des six mois de séances, le liquide céphalorachidien (LCR) et le sang des patients ont été collectés. Ces derniers ont également passé des tests cognitifs et physiques, accompagnés d’examens de neuroimagerie.
Source : 8th Clinical Trials Conference on Alzheimer’s Disease (CTAD), novembre 2015.
L’exercice physique préserve les facultés cognitives des personnes âgées
Deux études, présentées à la conférence internationale 2011 de l’Association Alzheimer (Paris) confirment l’association entre l’activité physique et la préservation des capacités cognitives chez les personnes âgées.
La première étude, réalisée par des chercheurs américains du Harvard Medical School, s’est intéressée au lien existant entre l’exercice physique et le déclin mental chez 2800 femmes âgées de plus de 65 ans souffrant de problèmes cardiovasculaires.
Après cinq ans de suivi, il apparut que les femmes les plus actives (l’activité consistait à marcher 30 minutes par jour) obtenaient de meilleurs résultats aux tests cognitifs, comparées à celles qui restaient inactives.
La seconde étude impliquant près de 200 volontaires âgés en moyenne de 75 ans confirma que les plus sédentaires étaient les plus susceptibles de voir leurs capacités cognitives décliner.
Une étude précédente paru dans la revue Neurology indiquait qu’une marche de 9,5 kilomètres par semaine permettait de maintenir de freiner le déclin des capacités cognitives chez les aînés.
Sources: Physical Activity and Cognition in Women With Vascular Conditions. Arch Intern Med. 2011;171(14):1244-1250 et Activity Energy Expenditure and Incident Cognitive Impairment in Older Adults. Arch Intern Med. 2011;171(14):1251-1257.
Les bienfaits de l’exercice physique sur l’hippocampe confirmés
Une étude réalisée sur 120 adultes âgés de 65 ans environ confirme le rôle bénéfique de l’activité physique et la santé mentale. La moitié des participants ont été soumis à un entraînement physique pendant un an. Le volume de l’hippocampe (région cérébrale impliquée dans la mémoire) des sujets ayant suivi l’entraînement a augmenté de 2% par rapport au volume mesuré au début de l’étude. En revanche, celui des sujets contrôles sédentaires a baissé de 1,4%.
Ce résultat est d’autant plus spectaculaire que l’activité physique était d’intensité modérée : 40 minutes de marche, trois fois par semaine.
Cette augmentation du volume hippocampique s’accompagne de celle des niveaux sanguins de BNDF, un facteur de croissance possédant des propriétés protectrices sur les neurones, et censé stimuler la production de nouveaux neurones (phénomène appelé neurogénèse).
On savait déjà que l’hippocampe s’atrophiait dans certaines pathologies, dont bien entendu la maladie d’Alzheimer, mais aussi la dépression.
Source : Erickson et coll. Exercise training increases size of hippocampus and improves memory. Proc Natl Acad Sci U S A. 2011 108(7):3017-22.
Marcher ralentit le déclin cognitif
La marche a un effet préventif aussi bien chez les seniors en bonne santé que chez ceux souffrant d’un déficit cognitif léger ou de la dmaladie d’Alzheimer. Ces résultats ont été annoncés lors d’une conférence d’imagerie médicale à Chicago (nov 2010).
Cette étude a évalué l’impact de la marche sur une période allant jusqu’à 10 ans. Les auteurs ont par la suite mesuré le volume cérébral par IRM, en particulier dans la zone cérébrale impliquée dans la mémoire et l’apprentissage (cortex entorhinal et temporal). Sur les 426 participants, 299 étaient restés en bonne santé mental alors que 127 présentaient des troubles cognitifs (83 avec déficit cognitif léger été 44 avec une maladie d’Alzheimer). Rappelons que le volume cérébral est un signe d’intégrité : si le volume diminue (c’est-à-dire s’il y a atrophie), cela signifie que les neurones meurent.
L’analyse des résultats indique qu’une marche hebdomadaire de 10 km préserve l’intégrité du cerveau et réduit le risque de trouble cognitif chez les seniors an bonne santé.
En ce qui concerne les patients souffrant de déficit cognitif léger ou de maladie d’Alzheimer, il apparaît que marcher 8 km par semaine ralentit le déclin cognitif et préserve le volume cérébral (le score au test cognitif MMSE a baissé de 5 points chez les patients n’ayant pas pratiqué assidument à la marche, comparé à une baisse de seulement 1 point chez ceux ayant marché au moins 8 km par semaine).
Une autre étude souligne l’influence génétique sur l’effet bénéfique de l’activité physique. Celle-ci démontre que les sujets ayant une prédisposition génétique* à la maladie d’Alzheimer sont ceux qui bénéficieront le mieux de l’exercice physique.
L’étude divisait les individus (âgés de 65 à 85 ans) en quatre groupes en fonction de la présence ou non d’une prédisposition génétique et d’une activité physique faible ou élevée. Les auteurs de l’étude ont soumis les participants à un test mental et mesuré en parallèle leur activité cérébrale par IRM fonctionnelle, dans le but d’évaluer leur performance mnésique. Ainsi, les sujets portant le gène APOE4 et pratiquant une activité physique ont une activité cérébrale plus importante que ceux restant sédentaires.
Cet écart est moindre chez ceux n’ayant pas de prédisposition génétique. * Le facteur de prédisposition génétique de la maladie d’Alzheimer identifié chez les personnes est le gène APOE4 (allèle 4 du gène de l’apolipoprotéine E)
Source: Smith JC et al. Interactive effects of physical activity and APOE-e4 on BOLD semantic memory activation in healthy elders. NeuroImage, 2011; 54 (1): 635 DOI.
Commentaires fermés sur Activité physique pour personnes âgées
L’activité physique améliore la force musculaire chez les personnes âgées.
Elle a également un effet bénéfique chez les personnes âgées à mobilité réduite.
Les personnes âgées qui pratiquent une activité physique sont moins susceptibles de souffrir plus tard d’un handicap.
L’activité physique chez les personnes âgées en bonne santé
Une étude australienne a mis au point un programme d’exercices en résistance (exercices de musculation) et aérobiques qui améliorent (de 22%) la force musculaire et la vitesse de marche (comparées au groupe sans entraînement).
Ce programme d’entraînement de 8 semaines présente l’avantage d’être commode et bon marché. En effet, ces activités ne sont effectuées qu’une fois par semaine par les personnes âgées. De plus, les exercices aérobiques peuvent être faits à la maison.
Les personnes étaient âgées de 65 à 84 ans et n’avaient aucun trouble cardiovasculaire, respiratoire, cognitif ou neurologique. Elles n’avaient pas effectué d’activité physique durant l’année précédente.
En quoi consiste ce programme ?
Les exercices en résistance -supervisés par un professeur- ont été réalisés une fois par semaine à l’aide d’appareils de musculation faisant travailler la poitrine, les biceps, les jambes (flexion, extension, presse oblique).
Toutes les sessions ont débuté par un échauffement de 10 minutes (étirement, abdominaux).
Les sujets ont accompli trois séries de huit répétitions en augmentant progressivement la résistance : 45 % de résistance maximale lors de la série 1, 60 % lors de la série 2 et 75 % lors de la série 3 (la résistance maximale est le poids maximal que l’on peut soulever seulement une fois).
Le mouvement concentrique (mouvement provoquant un raccourcissement des muscles) doit être aussi rapide que possible, alors que le mouvement excentrique (mouvement provoquant une élongation des muscles) est d’environ 3 sec.
Durant les exercices aérobiques, les participants ont entrepris trois séries de 10 répétitions pour chaque exercice, excepté pour le test de l’escalier (cinq répétitions).
Exercice du ballon suisse: le participant place un ballon entre le bas de son dos et un mur. Avec les mains sur leurs hanches, il descend le plus bas possible en faisant rouler la balle le long du mur (le torse reste droit). Il revient ensuite à sa position de départ.
Exercices de la chaise: lors du 1er exercice, le participant reste sur une chaise (d’une hauteur de 43 cms) les bras en croix sur sa poitrine. Il se lève ensuite et retourne à sa position de départ. Le 2e exercice consiste à s’étendre en poussant sur ses bras. Durant ce mouvement, on doit garder les pieds joints sur le sol.
Exercice de l’escalier: monter et descendre deux étages de 9 marches (15 cm de hauteur par marche).
Exercice du mollet: la pointe des pieds posée sur une plateforme de 10 cm de hauteur (les talons sont sur le sol), soulevez les talons et maintenez-vous le plus haut possible.
Exercice de l’épaule: assis sur une chaise les bras sur les côtés, le participant soulève les bras latéralement à hauteur des épaules puis revient à sa position de départ.
Ce programme a été évalué à l’aide de tests mesurant la force musculaire et reproduisant les tâches de vie quotidienne (monter et descendre des escaliers, marcher 400 mètres etc.).
Source: Clinical Physiology and Functional Imaging 26, 5, 305–313.
L’activité physique, même légère, peut bénéficier aux personnes âgées à mobilité réduite
L’activité physique d’intensité légère peut être bénéfique pour le cœur des personnes âgées – même si celles-ci ont des problèmes de mobilité.
Il est bien connu que la pratique régulière d’un exercice régulier rend le cœur plus robuste, quelque soit l’âge. Mais il existe peu de données concernant les personnes âgées à mobilité réduite – par exemple celles souffrant d’arthrite du genou – dont la capacité à faire de l’exercice est limitée.
Les professionnels de la santé conseillent aux personnes âgées de faire au moins 30 minutes par jour d’exercice d’intensité modérée, ce qui peut être très difficile pour une personne âgée à mobilité réduite.
Une équipe de chercheurs (Université de Floride, Etats-Unis) ont constaté que les adultes âgés à mobilité réduite qui pratiquaient certains mouvements quotidiennement – comme le ménage ou la marche lente – avaient un risque plus faible d’être victime d’une crise cardiaque au cours des 10 prochaines années.
Cette association entre activité légère et risque de crise cardiaque ne prouve pas qu’il existe un lien de cause à effet.
Malgré cela, ces résultats devraient encourager les médecins et les familles à aider les personnes âgées à trouver des moyens de rester actives.
L’étude actuelle a inclus 1170 adultes âgés de 70 ans avec une mobilité réduite. Leurs auteurs rapportent que les participants étaient capables de marcher une certaine distance – environ un tour de piste – sans aide, mais qu’ils avaient de la difficulté à monter les escaliers ou à marcher à un rythme plus rapide.
L’équipe de chercheurs a constaté qu’en moyenne, les participants étaient sédentaires pendant plus de 10 heures par jour. Ils ont passé au moins trois heures à être actifs en pratiquant une activité d’intensité légère (ménage, marche lente).
Le risque de crise cardiaque augmentait de 1% chaque fois qu’une personne restait 30 minutes inactive (ex : si une personne reste sédentaire 6 heures par jour, le risque augmente de 12 %).
Cette association ne s’explique pas par d’autres facteurs tels que des problèmes cardiaques existants, des troubles du sommeil ou une dépression.
Selon les chercheurs, « il n’est jamais trop tard pour les personnes de bénéficier de l’activité physique ».
Ils soulignent que des séances d’exercices structurées sous supervision présentent le double avantage de tisser des liens et de motiver les seniors à rester actifs.
Source : J. D. Fitzgerald et coll. Association of Objectively Measured Physical Activity With Cardiovascular Risk in Mobility-limited Older Adults. Journal of the American Heart Association, 2015.
L’activité physique facilite le rétablissement en cas de blessure ou maladie invalidante
Les adultes âgés qui pratiquent régulièrement de l’exercice –principalement la marche d’allure modérée – sont moins susceptibles de souffrir plus tard d’un handicap.
Ils ont également tendance à récupérer plus rapidement suite à accident.
Les chercheurs ont constaté que des personnes âgées sédentaires qui pratiquaient une activité de manière routinière avaient un risque moindre de souffrir d’une blessure invalidante ou d’une maladie. C’est également le cas des individus avec un handicap physique et qui pratiquent une activité.
Pour les chercheurs, le message est clair :
il n’est jamais trop tard pour récolter les bienfaits de l’exercice. Il semble que les personnes qui étaient actives étaient plus résiliantes.
Il est bien connu que l’exercice régulier présente un bénéfice multiple sur les maladies cardiaques, le diabète, certains cancers et la dépression.
Cette étude démontre que l’exercice pouvait non seulement réduire le risque de souffrir d’un handicap, mais surtout faciliterait le rétablissement de certaines personnes.
L’équipe de chercheurs a recruté plus de 1 600 adultes sédentaires âgés de 70 à 89 ans. La moitié des volontaires ont participé à un programme d’exercice, tandis que l’autre moitié ont suivi des cours de sensibilisation sur la santé. L’objectif a été de marcher 2 heures et demi par semaine durant 3 ans et demi.
Source: Katz P. et coll., Annals of Internal Medicine, septembre 2016.
Commentaires fermés sur Capture sensorielle : pour prévenir les agitations
La capture sensorielle est une technique de la méthodologie des soins
Gineste-Marescotti pour prévenir les comportements d’agitation.
A l’heure où les plaintes de soignants soumis à l’agressivité des patients déments augmentent dans des proportions inquiétantes, la nécessité de nouvelles approches de soins nous paraît déterminante.
On compte déjà en service de longue durée plus de 30 % des patients qui ont des comportements gênants pour les soignants. Plus de 10 % de ces patients ont des comportements qui tendent à agresser directement ces professionnels.
Avec le Centre de Consultation et de Formation en Psychogériatrie de Montréal (CCFP), nous travaillons à réunir nos approches, diversion et capture, dans une modélisation qui semble permettre, à ce stade de la recherche, de résoudre quasiment 95 % des comportements agressifs et perturbateurs des patients déments âgés.
Principes de la capture sensorielle
Les préliminaires : chaque soin doit être précédé d’un temps de « préliminaires ». D’une durée de 1 à 5 minutes, il comporte différentes étapes :
L’approche visuelle : obligatoirement faite dans un tunnel de communication, le soignant se présente de face, seul, et tente « d’accrocher » le regard de la personne. Il évite de rentrer directement dans la bulle d’intimité, et se tient au début de la relation à une distance d’environ 50 cms du visage du patient.
Le contact : la main se pose avec tendresse en suivant les principes du toucher tendresse que nous avons développés (voir www.cec-formation.net/capture.html), sur une partie assez neutre du corps : mollet, avant-bras. La main se pose par le bout des doigts, jusqu’au contact complet de la paume. A partir de ce moment et durant toute la phase de capture, une main doit toujours rester en contact avec le patient, ne le quitter sous aucun prétexte.
La parole est présente dès l’entrée dans le champ visuel : le ton est audible, doux, calme, et commence par bonjour, suivi d’un silence pour attendre une réaction. Le soignant se présente à chaque fois : « bonjour, je m’appelle Yves ».
Les phrases qui suivent sont toujours à composante d’aide, de soutien : « ça va je suis là pour vous aider, je suis un ami, je m’appelle Yves, je viens m’occuper de vous pour vous aider ».
Ces répétitions ont pour but de tenter de retrouver une mémoire affective d’instants calmes, sereins. Les mots choisis, s’ils créent des liens mnésiques, ne doivent retrouver que des états corporels liés à des situations de bien-être.
Les mots rappelant une situation de conflits sont à proscrire absolument (« je viens vous donner un bain », par exemple, pour un patient qui en a horreur).
Cette phase de capture sensorielle dure tant que les cris, l’agitation, ou les gémissements subsistent. Si l’apaisement n’est pas obtenu au bout de cinq minutes, le soignant doit renoncer au soin, et revenir le proposer plus tard.
Tout soin effectué sous contrainte ne fera qu’hypothéquer les chances d’une relation apaisée avec le patient.
La douceur est l’outil du soignant s’occupant de patients atteints de démence
Yves Gineste Professeur d’éducation physique Directeur de CEC-Formation Limoges (France)
Commentaires fermés sur Unités neurovasculaires : réagir très vite en cas d’AVC
Les unités neurovasculaires permettent une prise en charge spécialisée et une surveillance permanente des patients ayant subi un AVC.
En 2011 a eu lieu la 9e Journée mondiale de lutte contre les accidents vasculaires cérébraux (AVC), une occasion de rappeler que les AVC doivent être traités le plus rapidement possible. On estime que 2 millions de neurones meurent par minute suite à un AVC.
C’est pour cette raison qu’un plan de lutte 2010-2014 a été mis en place en France avec un Centre d’urgence (appel d’urgence 15) du Samu qui dirigera le patient vers une unité neuro-vasculaire composée d’une équipe multidisciplinaire (neurologues, kinésithérapeutes, orthophonistes, ergothérapeutes, psychologues).
L’objectif est de parvenir à traiter plus de 80 % de cas d’AVC par ce dispositif. En 2012, il existait plus d’une centaines unités neuro-vasculaires. Le Plan AVC 2010-2014 prévoit d’en créer 25 supplémentaires en 2011.
En France, les AVC affectent 140 000 personnes par an, en particulier les individus âgés de 65 ans et plus (ils représentent les trois quarts des cas).
Ils provoquent dans plus de 2/3 des cas des séquelles neurologiques irréversibles (ex. hémiplégie, perte de la parole).
Comme le rappelle le Docteur F. Woimant (hôpital Lariboisière, Paris), ils ont pour « origine une mauvaise circulation du sang due à des dépôts de cholestérol sur les parois internes des artères ou vaisseaux sanguins du cerveau. L’irrigation sanguine est affectée ainsi que l’état de santé global de la personne. Plus grave, une artère peut se boucher (80% des cas; NDLR : AVC d’origine ischémique) ou se rompre (20 %; NDLR : AVC d’origine hémorragique) : c’est l’AVC ».
Il existe des signes et symptômes avant-coureurs qui surviennent quelques heures ou quelques jours avant l’AVC: perte de force, engourdissement d’un membre supérieur, du visage, troubles de la parole, de la vision…
Ces symptômes traduisent l’existence de mini-lésions appelées « Accidents ischémiques transitoires » (AIT) et constituent une urgence médicale. Si la personne ne consulte pas rapidement, un AVC peut se déclarer. « En cas d’infarctus cérébral, Il faut déboucher l’artère dans les premières 4,5 heures. Si on intervient dans la première heure, nous aurons un bien meilleur résultat », souligne le Docteur Woimant.
Les unités neurovasculaires auront des effets indéniables sur les AVC
Le professeur Mathieu Zuber estimait lors d’un colloque au ministère de la Santé que les bénéfices d’une prise en charge dans des unités neurovasculaires des AVC seraient indéniables avec « une réduction de 20 % de décès et de dépendance ».
En cas d’AVC, faites le 15 en France
La survenue d’un AVC nécessite d’agir rapidement (dans les 3 heures environ) afin de limiter, voire de prévenir les dommages neuronaux par l’administration d’un traitement anti-thrombique dans le cas d’un AVC d’origine ischémique.
C’est pour cette raison qu’une campagne d’information et de prévention a été lancée en France en vue d’inciter le public à composer le numéro 15 (le centre d’appel du SAMU).
L’ECPA (abréviation de Evaluation Comportementale de la douleur chez la Personne Âgée) est une échelle comportementale d’évaluation de la douleur chez la personne âgée ayant un trouble de la communication.
L’ évaluation Comportementale de la douleur chez la Personne Âgée est faite à partir d’un ensemble de mots reliés à la douleur.
Elle évite une sous- estimation de la douleur en permettant de dépister, de quantifier et de suivre l’évolution de la douleur du patient.
C’est une échelle rapide (5 minutes) qui permet des mesures répétées, avec une fréquence qui varie selon le type de douleurs prises en charge (douleur aiguë ou chronique).
Elle est basée sur l’observation des malades avant et pendant les soins potentiellement douloureux.
L’échelle Evaluation Comportementale de la douleur chez la Personne Âgée comprend 8 items :
L’observation avant les soins de 4 items
L’observation pendant les soins de 4 items.
Chaque item comporte 5 degrés de gravité allant de 0 à 4 (douleur maximale).
Les 8 items de l’échelle
Observation 5 minutes avant les soins
Item 1. Expression du visage.
Visage détendu (0 point).
Visage soucieux (1 point).
Le sujet grimace de temps en temps (2 points).
Le regard est effrayé ou le visage est crispé (3 points).
L’expression est complètement figée (4 points).
Item 2. Position spontanée au repos.
Aucune position antalgique (0).
Le sujet évite une position (1).
Le sujet choisit une position antalgique (2).
Le sujet recherche sans succès une position antalgique (3).
Le sujet reste immobile, comme cloué par la douleur (4).
Item 3. Mouvements ou mobilité du patient.
Le sujet se mobilise comme d’habitude (0).
Le sujet bouge comme d’habitude mais évite certains mouvements (1).
Le sujet se laisse mobiliser ou se mobilise sans y accorder une attention particulière (0).
Le sujet a un regard attentif et semble craindre la mobilisation et les soins (1).
Le sujet retient de la main ou guide les gestes lors de la mobilisation ou des soins (2).
3 : Le sujet adopte une position antalgique lors de la mobilisation ou des soins (3).
4 : Le sujet s’oppose à la mobilisation ou aux soins (4).
Item 7. Réactions pendant les soins des zones douloureuses.
Aucune réaction pendant les soins (0).
Réaction pendant les soins, sans plus (1).
Réaction au toucher des zones douloureuses (2).
3 : Réaction à l’effleurement des zones douloureuses (3).
4 : L’approche des zones est impossible (4).
Item 8. Plaintes exprimées pendant le soin.
Le sujet ne se plaint pas (0).
Le sujet se plaint si le soignant s’adresse à lui (1).
Le sujet se plaint dès la présence du soignant (2).
3 : Le sujet gémit ou pleure silencieusement de façon spontanée (3).
4 : Le sujet crie ou se plaint violemment de façon spontanée (4).
Cotation de l’échelle Evaluation Comportementale de la douleur
La cotation globale de l’ECPA va de 0 à 32. Plus le score est élevé plus la douleur est importante
Source
Morello R et coll. A scale to measure pain in non- verbally communicating older patients: the EPCA-2. Study of its psychometric properties. Pain. 2007 Dec 15.
Les suppléments d’oméga-3 ne semblent pas avoir d’effets bénéfiques sur la santé cardiovasculaire.
De nouvelles données publiées aujourd’hui montrent qu’il y a peu ou pas d’effet réducteur des suppléments d’oméga 3 sur le risque de souffrir d’une maladie cardiovasculaire cardiaque, que ce soit une maladie cardiaque ou un accident vasculaire cérébral ou de la mort.
Omega 3 est un type de graisse. De petites quantités d’acides gras oméga 3 sont essentielles à une bonne santé, et elles se retrouvent dans les aliments que nous mangeons. Les principaux types d’acides gras oméga 3 sont; l’acide alphalinolénique (ALA), l’acide eicosapentaénoïque (EPA) et l’acide docosahexaénoïque (DHA).
L’ALA se trouve normalement dans les graisses provenant des aliments végétaux, tels que les noix et les graines. L’EPA et le DHA, appelés acides gras oméga 3 à longue chaîne, sont naturellement présents dans les poissons gras, tels que le saumon et les huiles de poisson, y compris l’huile de foie de morue.
La consommation accrue d’acides gras oméga 3 est largement encouragée dans le monde en raison d’un fait qu’ils protégeraient contre les maladies cardiovasculaires. Il y a plus d’un mécanisme possible pour aider à prévenir les maladies mettant en jeu le système cardiovasculaire, ainsi que réduire la pression artérielle ou les niveaux de cholestérol. Les acides gras oméga 3 sont facilement disponibles sous forme de suppléments en vente libre et ils sont largement achetés et utilisés.
Une nouvelle revue systématique de Cochrane , publiée en juillet 2018 dans la bibliothèque Cochrane, rassemble les résultats de soixante-dix-neuf essais randomisés portant sur 112 059 personnes. Ces études ont évalué les effets de la consommation de graisses oméga 3 en suppléments, sur les maladies du cœur et de la circulation. Vingt-cinq études ont été jugées dignes de confiance parce qu’elles étaient bien conçues et bien menées.
Les études ont recruté des hommes et des femmes, certains en bonne santé et d’autres souffrant de maladies existantes en Amérique du Nord, en Europe, en Australie et en Asie. La plupart des études ont examiné l’impact de l’administration d’un supplément d’oméga 3 à longue chaîne sous forme de gélule et l’ont comparé à une pilule factice (placebo). Seuls quelques-uns ont évalué la consommation de poisson entier. La plupart des essais ont ajouté des acides gras oméga 3 ALA à des aliments comme la margarine ou ont utilisé des aliments riches en ALA comme les noix, comparés à des aliments habituels (non enrichis).
Les chercheurs de Cochrane ont constaté que l’augmentation des oméga 3 à longue chaîne n’apporte que peu ou pas d’effet significatif sur le risque de décès, quelle qu’en soit la cause. Le risque de décès quelle qu’en soit la cause était de 8,8% chez les personnes qui avaient augmenté leur consommation d’acides gras oméga 3, comparativement à 9% chez les personnes des groupes témoins.
Les omégas 3 n’ont pas d’effet bénéfique sur la santé cardiovasculaire
Ils ont également constaté que prendre plus de graisses oméga 3 à longue chaîne (y compris EPA et DHA), principalement par le biais de suppléments, a peu ou pas d’effet bénéfique sur les maladies cardiovasculaires, de décès coronariens, de maladies coronariennes, d’AVC ou d’irrégularités cardiaques. Les acides gras oméga 3 à longue chaîne ont probablement réduit certaines graisses sanguines, les triglycérides et le cholestérol HDL. Réduire les triglycérides est susceptible de protéger les maladies cardiaques, mais réduire les HDL a l’effet inverse. Les chercheurs ont recueilli des informations sur les effets néfastes des études, mais les informations sur les saignements et les caillots sanguins étaient très limitées.
La revue systématique suggère que manger plus d’ALA, (un des principaux oméga 3) provenant de la nourriture ou des suppléments a peu ou pas d’effet sur le risque de décès d’origine cardiovasculaire ou de décès de toute cause.
Cependant, manger plus d’ALA réduit probablement le risque d’irrégularités cardiaques de 3,3 à 2,6%. L’augmentation de l’oméga 3 ou de l’ALA à longue chaîne n’a probablement aucun effet sur le poids corporel ou l’embonpoint.
L’auteur principal de Cochrane, le Dr Lee Hooper de l’Université d’East Anglia, Royaume-Uni, a déclaré: «Nous pouvons être confiants dans les résultats de cette revue qui vont à l’encontre de la croyance populaire selon laquelle les suppléments d’oméga 3 à longue chaîne protègent le cœur. En dépit de toutes ces informations, nous ne voyons pas d’effets protecteurs.
L’étude fournit des preuves solides que la prise de suppléments d’oméga 3 (huile de poisson, EPA ou DHA) à longue chaîne ne profite pas à la santé cardiovasculaire ni ne réduit le risque d’AVC ou de décès, quelle qu’en soit la cause. D’un autre côté, alors que le poisson gras est un aliment sain, le petit nombre d’essais n’indique pas clairement si le fait de manger plus de poisson gras protège nos coeurs.
Source: Abdelhamid AS et coll. Omega 3 fatty acids for the primary and secondary prevention of cardiovascular disease. Cochrane Database of Systematic Reviews, juillet 2018.
Selon des chercheurs, la quarantaine peut constituer une étape critique de la vie chez la femme pour mettre en place les interventions visant à prévenir les chutes.
La recherche, qui s’appuie sur les données de TILDA (étude longitudinale irlandaise sur le vieillissement) et sur des études similaires réalisées en Australie, en Grande-Bretagne et aux Pays-Bas, montre que la prévalence des chutes augmente chez les femmes à partir de 40 ans : 9% chez les 40-44 ans, 19% chez les 45-49 ans, 21% chez les 50-54 ans, 27% chez les 55-59 ans et 30% chez les 60-64 ans.
Selon les auteurs, les résultats indiquent que la quarantaine peut constituer une étape critique de la vie pour les interventions visant à prévenir les chutes. L’étude a incorporé les données de 19 207 hommes et femmes âgés de 40 à 64 ans. Il a été récemment publié dans la revue internationale PLOS ONE.
Avec une personne âgée sur trois tombant au moins une fois par an et un adulte sur deux au-delà de 80 ans, les chutes constituent un problème de santé majeur. Les conséquences graves pour la santé comprennent les fractures, les traumatismes crâniens, une baisse des interactions sociales, un risque accru d’admission dans une maison de soins infirmiers, la diminution de l’indépendance et, par la suite, un besoin accru de soins.
Les experts en santé estiment que les coûts des chutes en Irlande devraient dépasser le milliard d’euros d’ici 2020.
Dr Geeske Peeters, auteur principal de l’article, déclaré:
Les chercheurs et les médecins ont toujours supposé que les chutes sont un problème qui ne concerne que les personnes de plus de 65 ans. L’étude montre que la prévalence des chutes est déjà très élevée à partir de 50 ans. En fait, nos recherches montrent qu’il y a une forte augmentation de la prévalence des chutes chez les femmes à la quarantaine. Les facteurs de risque que l’on retrouve sont les problèmes d’équilibre, la prise de somnifères, le diabète et l’arthrite.
Les stratégies recommandées pour la prévention des chutes chez les personnes âgées ne sont pas suffisamment efficaces, selon les auteurs. Des études antérieures montrent qu’en théorie, l’exercice peut réduire le taux de chute jusqu’à 32% et que l’évaluation et le traitement des facteurs de risque peuvent réduire le taux de chute jusqu’à 24%. Cependant, les dossiers de blessures à l’hôpital montrent que le nombre de blessures dues à des chutes nécessitant des soins médicaux continue d’augmenter.
Le Dr Peeters a poursuivi: « Les stratégies de prévention actuelles attendent essentiellement que les personnes développent des facteurs de risque et essaient ensuite de les faire disparaître. Il peut être préférable et plus efficace de prévenir les facteurs de risque ou de les détecter à un stade précoce. »
Le moment de l’augmentation des chutes coïncide avec le début de la ménopause, la diminution des capacités d’équilibre et l’augmentation de la présence de vertiges et d’évanouissements, qui bénéficieront toutes des stratégies de prévention des chutes susmentionnées.
Le Dr Peeters a conclu: « Une meilleure compréhension des facteurs à l’origine de cette augmentation du risque de chute à l’âge mûr pourrait être la clé d’interventions précoces de prévention efficaces ».
Source: G. Peeters et coll. Should prevention of falls start earlier? Co-ordinated analyses of harmonised data on falls in middle-aged adults across four population-based cohort studies. PLOS ONE, 2018; 13 (8): e0201989.