Le MMSE est un test servant à vérifier si les fonctions cognitives d’une personne sont déficientes. A partir du score obtenu au test, le médecin peut exclure un déficit cognitif léger (DCL), voire une démence. En revanche, le MMSE n’est pas précis pour diagnostiquer un DCL ou une démence.
Des auteurs ont réalisé une méta-analyse afin de déterminer si le score obtenu au MMSE permet de prédire la survenue d’une démence chez une personne avec un DCL.
Onze études avec 1569 patients souffrant d’un décifit cognitif léger ont été incluses dans la méta-analyse. La durée moyenne de suivi varie de 15 mois à 7 ans.
Les auteurs concluent que l’utilisation isolée du MMSE ne permet par d’identifier les patients avec un DCL susceptibles de développer une démence. Des tests complémentaires plus élaborés devraient être proposés pour prédire cette conversion.
Le problème reste de connaître l’intérêt de dépister les patients avec un DCL et qui développeront une démence. En effet, il n’existe pas de preuves scientifiques démontrant que certaines approches médicamenteuses (par exemple la prise en charge de la dépression ou de l’hypertension, le traitement avec des inhibiteurs des cholinestérases) ou non médicamenteuses (par exemple des exercices cognitifs) pourraient ralentir, voire empêcher cette progression.
Source : Arevalo-Rodriguez I et alii. Mini-Mental State Examination (MMSE) for the detection of Alzheimer’s disease and other dementias in people with mild cognitive impairment (MCI). Cochrane Database Syst Rev 2015, Issue 3.
Peu de patients diabétiques âgés présentant une faible pression sanguine et de faibles taux d’hémoglobine glyquée* (HbA1c) provoqués par leur traitement ont vu leur traitement allégé.
* Le taux d’ HbA1c reflète le taux de sucre dans le sang sur plusieurs semaines.
« Nous avons observé que seulement une personne sur quatre a bénéficié d’une modification de leur traitement parce qu’elles avaient une faible pression sanguine et de faibles niveaux de glucose.
L es personnes âgées sont plus sensibles aux effets secondaires des médicaments. Il peut être dangereux de surmédicaliser les patients âgés, en particulier les patients diabétiques qui présentent une pression sanguine trop faible (c’est-à-dire une pression systolique inférieure à 120 mm de Hg ou un taux d’hémoglobine glyquée inférieur à 6 %).
Les personnes à risque sont celles qui sont traitées avec beaucoup de médicaments et celles qui ont des antécédents d’effets secondaires aux médicaments.
La communauté médicale recommande d’éviter l’utilisation de médicaments qui abaisse les niveaux d’hémoglobine glyquée sous la barre des 7,5% chez les personnes âgées de plus de 65 ans. Elle préconise de garder des niveaux de HbA1c entre 7,5% et 8 %.
Concernant la pression artérielle, il est recommander de traiter la pression sanguine systolique chez les personnes âgées afin d’atteindre un objectif inférieur à 150 mm de Hg plutôt que 140 mm Hg.
Cette étude rétrospective incluait les données provenant de plus de 200 000 patients âgés diabétiques de 70 ans et plus et traités avec des antihypertenseurs.
Parmi eux, plus de la moitié avaient une pression sanguine relativement basse (120-129 mm Hg systolique ou moins de 65 mm Hg diastolique) ou très basse (moins de 120/65 mm Hg). Moins d’un quart de ces patients voyaient leur traitement anti-hypertenseur allégé.
Parmi les patients diabétiques traités, plus de 20% présentaient des niveaux d’HbA1c relativement faibles (6.0%–6.4%) ou très faibles (moins de 6.0%). Seulement 21 % à 27 % ont été traités de manière moins drastique.
Les chercheurs se sont aperçus également que peu de médecins suivaient régulièrement les taux d’HbA1c ou les niveaux de pression artérielle de leurs patients diabétiques.
Certains médecins mettent l’accent sur le fait que l’on ne connaît pas les effets à long terme d’un allègement des traitements.
Source : Sussman JB et alii. Rates of Deintensification of Blood Pressure and Glycemic Medication Treatment Based on Levels of Control and Life Expectancy in Older Patients With Diabetes Mellitus. JAMA Intern Med, octobre, 2015.
Commentaires fermés sur Test de gestion des finances
Le test de gestion des finances vise à apprécier leurs capacités mentales, à identifier des capacités amoindries, voire des troubles cognitifs, même légers.
Il évalue la capacité des personnes âgées à gérer leurs finances personnelles-
Les concepteurs de ce test considèrent en effet, que la maîtrise des instruments monétaires et la gestion des finances personnelles constituent une activité cognitive complexe qui met en jeu, le calcul, la mémoire, le jugement …et fait donc davantage appel à des capacités intellectuelles que d’autres activités plus routinières, telles que préparer son repas, exécuter des taches ménagères, faire sa toilette…
Nous présentons ici une formule aménagée et simplifiée de ce test qui ne met en jeu que des connaissances courantes, familières et habituelles que la plupart des adultes ont acquises et pratiquées dans leur vie.
Nous n’avons donc pas retenu les exercices qui supposent des connaissances techniques avancées, en tout cas moins courantes, qui pourraient en quelque sorte fausser l’appréciation des capacités mentales.
En effet, dans des exercices faisant appel, par exemple à des notions de taux d’intérêt, de placements.., une personne ayant eu une activité de technicien, ouvrier, scientifique, médecin….pourrait apparaître artificiellement désavantagée par rapport à celle qui a travaillé dans la banque, les assurances ou le commerce. La formation et l’expérience antérieures risquent de biaiser l’appréciation stricte de l’état des capacités mentales et son évolution avec l’âge.
Le test proposé ici comprend 8 tâches, avec exercices, relevant de la gestion familière, quotidienne mais présentant toutefois différents niveaux de complexité. Ces tâches sont réparties en 3 domaines d’activités.
L’examinateur donne une note à chacun des exercices selon la cotation indiquée, reprise et extraite du test complet. La note globale est obtenue en additionnant les résultats de chaque exercice que l’on peut comparer à la note totale maximale.
Domaine 1 : capacités de base dans la manipulation de la monnaie
Les opérations doivent porter sur la monnaie du pays de la personne testée et qui lui est familière.
Tâche 1 (8 points): identifier les pièces de monnaie et les billets de banque.
Tâche 2 (28 points): indiquer les valeurs monétaires relatives des pièces de monnaie et des billets de banque.
Tâche 3 (12 points): calculer correctement le montant total que représente un ensemble de pièces de monnaies et de billets.
Domaine 2 : opérations et transactions au comptant
Tâche 4 (6 points): simuler une transaction sur l’achat d’un article d’épicerie : payer l’achat et vérifier la monnaie rendue.
Tâche 5 (7 points): simuler une transaction sur l’achat de 3 articles : payer et vérifier la monnaie rendue.
Tâche 6 (9 points): à partir d’une somme disponible (donnée par l’examinateur), acheter un ou plusieurs articles : payer et vérifier la monnaie.
Domaine 3 : le paiement par chèque
Tâche 7 (24 points): identifier et expliquer la composition d’un chéquier.
Tâche 8 (30 points): établir un chèque pour payer un achat.
Exemple : Vous achetez 4 livres chez votre libraire, Monsieur Pierre Drieu à Coutances, qui vous remet la facture suivante d’un montant de 177,36 euros.
Vous avez oublié votre chéquier et votre carte de crédit. Monsieur P. Drieu vous propose aimablement (vous êtes un client fidèle…) de payer la facture par chèque au retour à votre domicile à Avranches (France); ce que vous faites : remplissez le chèque ci dessous :
Références
Griffith HR et alii. Impaired financial abilities in mild cognitive impairment. Neurology, 60, 449-457, 2003.
Marson DC et alii. Assessing financial capacity in patients with Alzheimer’s disease. Archives Neurology, 57:877-884, 2000.
Wadley VG et alii. Self- and informant report of financial abilities in patients with Alzheimer’s disease: reliable and valid? Journal of American Geriatrics Society, 51, 1621-1626, 2003.
Des chercheurs montréalais ont découvert que les patients atteints de la maladie d’Alzheimer présentaient des dépôts de gras dans leur cerveau. Cette observation a été faite sur des cerveaux post-mortem (après autopsie), en comparaison avec des cerveaux de sujets sans diagnostic d’Alzheimer.
Le même phénomène a été observé sur un modèle de souris reproduisant des caractéristiques de la maladie.
Il est à noter qu’en 1906, le Dr Alois Alzheimer avait également remarqué des dépôts de gras chez des patients qui présentaient les symptômes de la maladie.
Après analyse chimique, les chercheurs ont identifié ces gras comme des triglycérides dont la particularité serait de s’accumuler anormalement dans la maladie d’Alzheimer.
Selon les chercheurs, cette accumulation ne serait pas une conséquence mais plutôt une cause de la maladie.
Cette découverte supporte l’hypothèse que la maladie d’Alzheimer est une maladie métabolique du cerveau, au même titre que l’obésité et le diabète sont des maladies métaboliques du système périphérique.
Source: Fernandes et alii. Aberrant Lipid Metabolism in the Forebrain Niche Suppresses Adult Neural Stem Cell Proliferation in an Animal Model of Alzheimer’s Disease. Cell Stem Cell, août 2015.
L’obésité dès l’âge de 50 ans pourrait accélérer le développement de la maladie d’Alzheimer.
Une équipe internationale a suivi pendant 14 ans près de 1400 américains sans problème cognitif au début de l’étude.
Leur perfomance cognitive fût évaluée annuellement.
142 (soit un peu plus de 1%) ont développé la maladie d’Alzheimer au bout de ces 14 ans.
Les chercheurs ont constaté qu’un indice de masse corporelle plus élevé vers la cinquantaine était associé à une apparition plus précoce de la maladie d’Alzheimer.
Ainsi la maladie se développerait 6,7 mois plus tôt pour une augmentation d’un point de l’indice de masse corporelle (IMC).
En regardant le cerveau post-mortem de ces participants, ils ont également remarqué que les individus avec un surpoids avaient plus de lésions caractéristiques de la maladie, à savoir une accumulation anormale de protéines tau formant des dégénérescences neurofibrillaires.
Pour rappel, une personne est obèse si elle a un indice de masse corporelle (IMC) de plus de 30 kg/m2, alors que les personnes sont en surcharge pondérale avec un IMC de 25 à 29,9.
Les chercheurs reconnaissent ne pas pouvoir expliquer les causes de cette association et précisent qu’ils leur restent à déterminer la valeur d’IMC à partir de laquelle le risque d’apparition de la maladie d’Alzheimer augmente.
Selon eux, il est important de «maintenir un IMC sain dès la cinquantaine» pour retarder l’apparition de la maladie.
Source : Y-F Chuang et alii. Midlife adiposity predicts earlier onset of Alzheimer’s dementia, neuropathology and presymptomatic cerebral amyloid accumulation. Molecular Psychiatry, septembre 2015.
La vidéovigilance est une technique qui permet, grâce à des caméras installées au domicile, de donner l’alerte en cas de « situation à risque » (ex. chute, position immobile inhabituelle, temps anormalement long passé dans la salle de bains).
Une étude canadienne suggère qu’il est possible de prédire si une personne souffrant de troubles de mémoire développera ou non la maladie d’Alzheimer.
L’équipe de chercheurs montréalais (Institut universitaire de gériatrie de Montréal, l’Université McGill et Université de Montréal) ont évalué tous les ans les fonctions cognitives de 121 personnes souffrant d’un déficit cognitif léger au début de l’étude.
Ces chercheurs ont constaté que celles qui avaient développé une maladie d’Alzheimer présentaient un déclin de leur mémoire verbale (apprendre à retenir une liste de mots) ou de leur mémoire de travail (ex. retenir brièvement un numéro de téléphone avant de le composer). Ce déclin, lent au début, s’accélère deux ans avant le diagnostic. Quant au langage, il a tendance à se dégrader une fois le diagnostic posé.
Selon la directrice du Centre de recherche de l’Institut de gériatrie, Sylvie Bellevile, la lenteur du déclin observée au début peut s’expliquer par le fait que le cerveau compense ce déficit. Ce phénomène s’estompe deux ans avant le diagnostic, entraînant une chute brutale (voir la théorie de la réserve cognitive). En revanche, les autres participants présentaient un profil différent, à savoir des troubles de mémoire qui demeuraient stables. Selon le Dre Bellevile « le trouble de mémoire n’est pas vraiment le problème, mais c’est plutôt sa dégradation au fil des années qui est annonciatrice de la maladie. »
Source : Simon Cloutier et al. Patterns of Cognitive Decline Prior to Dementia in Persons with Mild Cognitive Impairment. Journal of Alzheimer’s Disease, 47(4):901-913, août 2015.
Neuf facteurs ont été identifiés comme favorisant la survenue des deux tiers de cas de démence, en particulier la maladie d’Alzheimer.
Ces facteurs de risque sont : l’obésité, le tabagisme, l’athérosclérose des artères carotides, le diabète de type 2, le faible niveau d’éducation, la dépression, l’hypertension artérielle, le taux d’homocystéine élevé sanguin et la fragilité générale.
Ces résultats ont été obtenus sur la base de 351 études publiées entre 1968 et 2014 à travers le monde.
L’identification de ces facteurs de risque ne signifie pas pour autant qu’il existe un lien de cause à effet entre ces facteurs et la démence. Le professeur Bruno Dubois (La Pitié Salpêtrière, Paris) souligne qu’il faut distinguer la maladie d’Alzheimer des autres cas de démence. Selon lui, « La démence autre que la démence de type Alzheimer a pour origine plusieurs facteurs (vasculaires, endocriniens…) sur lesquels on pourait agir pour diminuer l’incidence, ce qui n’est pas le cas de la maladie d’Alzheimer qui est une démence neurodégénérative avec des facteurs de risque qui agissent directement ou indirectement sur l’expression de la maladie. »
Les chercheurs estiment que ces résultats permettraient de développer des stratégies préventives ciblant le régime alimentaire (ex du régime de type méditerranéen), les médicaments, l’homocystéine, les troubles mentaux et l’hygiène de vie ». Modifier ces facteurs « pourrait aider à ralentir l’épidémie de cas de la maladie d’Alzheimer ».
Source : Xu W. et al. Meta-analysis of modifiable risk factors for Alzheimer’s disease. J Neurol Neurosurg Psychiatry, août 2015.
Le magazine Sciences et Avenir rapporte le témoignage de patients souffrant de la maladie de Parkinson et qui présentent des troubles du comportement suite à un traitement avec un agent dopaminergique. Selon l’Association France Parkinson, près d’un patient sur cinq sous traitement déclare présenter des comportements d’addiction, allant des problèmes de jeux d’argent à une hypersexualité.
Les témoignages de sept patients soignés au CHRU de Lille (France) ont fait l’objet d’un article dans la revue La Presse médicale.
Une épouse affirmait que son mari la violait et « se servait d’un couteau (placé au milieu du lit) comme moyen de pression en menaçant de la tuer puis de se suicider si elle repoussait ses demandes ». Un autre patient traité avec cette classe de médicament était persuadé que sa femme le trompait parce qu’elle refusait ses demandes incessantes.
Pour expliquer ces effets indésirables, les auteurs de l’article expliquent que les agonistes dopaminergiques agissent sur les récepteurs de la dopamine situés dans le système limbique, une zone du cerveau impliquée dans les émotions et la sensation de plaisir.
Selon un autre psychiatre « Il ne s’agit en aucun cas de diaboliser le traitement par agoniste dopaminergique qui apporte un réel bénéfice sur le plan moteur. Mais de traiter l’hypersexualité. »
Grâce au programme SIROCCO, les patients atteints de Parkinson maintiennent leurs performances et reprennent confiance.
Ce programme est destiné à stimuler la production de dopamine dans le cerveau en offrant un programme d’activité intensive, avec un approche multidisciplinaire : kiné, marche nordique, cross-training, étirements, aquagym, water-polo, taï-chi, ergothérapie, rééducation de la voix, atelier gestuel…
Les patients, par groupes de 7 à 8 personnes, sont hospitalisés durant la semaine et suivent un entraînement physique à un rythme soutenu.
Les premiers résultats obtenus sur 35 patients sont très prometteurs : amélioration de la marche, de l’équilibre, de l’articulation des mots et même diminution des médicaments chez un patient sur trois. Face à ce succès, le programme pourrait être étendu à la rentrée 2015.