La maladie d’Alzheimer détruit progressivement les fonctions cognitives. De plus, elle provoque souvent de graves troubles de la conscience. En effet, la médecine clinique identifie deux manifestations neurologiques très spécifiques. La terminologie médicale définit précisément ces affections. Ainsi, les patients développent fréquemment une anosognosie ou une anosodiaphorie. Ces deux syndromes distincts affectent lourdement la gestion quotidienne de la démence.

L’anosognosie et le déni du déclin cognitif
L’anosognosie représente une absence totale de conscience de la maladie d’Alzheimer. Le malade ignore complètement ses propres déficits de mémoire. Par conséquent, il nie farouchement l’existence de ses troubles cognitifs. Ce phénomène neurologique involontaire apparaît souvent dès le stade du trouble cognitif léger. Ainsi, cette condition retarde considérablement le diagnostic médical précoce. Par ailleurs, la personne atteinte refuse généralement toute aide extérieure ou médicale.
L’anosodiaphorie et l’indifférence émotionnelle
Cependant, l’anosodiaphorie se manifeste d’une manière totalement différente en clinique. Dans ce cas, le patient reconnaît vaguement l’existence de sa maladie. Toutefois, il montre une indifférence émotionnelle absolue face à ce diagnostic. En réalité, le malade ne ressent aucune inquiétude concernant son déclin mental. De surcroît, cette apathie troublante complique énormément le travail des aidants familiaux. Le patient manque cruellement de motivation pour suivre ses traitements médicaux réguliers.
Anosognosie et anosodiaphorie à la suite d’un AVC
À la suite de certaines lésions cérébrales, le plus souvent des AVC touchant l’hémisphère droit, un patient peut ne pas reconnaître les troubles neurologiques tels qu’une paralysie. Cela s’appelle dont l’anosognosie. Avec le temps, les patients prennent généralement davantage conscience de ce déficit. Par exemple, si on leur pose la question, ils peuvent reconnaître qu’ils ont subi un accident vasculaire cérébral et que leur capacité à utiliser leur bras ou leur jambe a été affectée. Cependant, le patient peut ne pas saisir pleinement l’ampleur ou les implications fonctionnelles de ce déficit, l’attribuer à un autre facteur plus bénin, ou encore paraître relativement indifférent à ce sujet. Ce dernier état a été qualifié d’anosodiaphorie.
L’impact clinique et les prises en charge médicales de l’anosognosie et de l’anosodiaphorie
Ces deux troubles neurologiques aggravent grandement l’évolution de la maladie d’Alzheimer. Les médecins constatent une augmentation significative des comportements à très haut risque. En effet, les patients se mettent souvent en danger lors d’activités quotidiennes basiques. Par conséquent, les neurologues recommandent une évaluation psychiatrique extrêmement rigoureuse. Les soignants doivent adapter leur communication pour éviter les conflits inutiles. En conclusion, un accompagnement psychologique spécifique soulage efficacement les familles épuisées.
Références
[1] PubMed Central. Anosognosia and Anosodiaphoria in Mild Cognitive Impairment and Alzheimer’s Disease. URL : https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC4282043/ [2] Longdom. Anosognosia and Anosodiaphoria and the Dilemma of Unawareness of Illness. URL : https://www.longdom.org/proceedings/anosognosia-and-anosodiaphoria-and-the-dilemma-of-unawareness-of-illness-34321.html
