Traumatisme crânien : quelles sont les conséquences ?

L’auto-compassion associée à un risque moindre de maladie cardiovasculaire

Risque d’hyperactivité vésicale associé au donépézil

La COVID-19 peut déclencher des auto-anticorps

Les exercices protègent les synapses chez les aînés

La randonnée et la marche : les avantages et inconvénients

Stéatose hépatique non alcoolique

Trazodone

Clonidine

Délire

Author Archives: Stéphane Bastianetto

  1. Traumatisme crânien : quelles sont les conséquences ?

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    Le traumatisme crânien augmenterait le risque de démence

    Dans une étude de 2020 publiée dans Neurology , les auteurs ont découvert que le risque de démence était environ 2 à 3 fois plus élevé chez les patients souffrant d’un traumatisme crânien (TCC) que chez ceux sans TCC. Bien que certaines études n’aient pas démontré de soutien à cette association, les résultats suggèrent largement que même un traumatisme léger peut augmenter le risque de démence.

    Le lien entre les traumatismes crâniens et la démence a été confirmé par une récente étude de cohorte prospective avec une période de suivi de 25 ans. Les chercheurs ont analysé en 2021 les données de 14 376 participants à l’étude ARIC (Atherosclerosis Risk in Communities). Les résultats ont montré une association entre les traumatismes crâniens et le risque de démence (+ 44%), avec un risque qui augmente avec le nombre de traumatisme (+114% pour 2 traumatismes crâniens ou plus). Les résultats ont également montré des associations plus fortes chez les femmes.

    Deux mécanismes principaux sont proposés. Premièrement, le traumatisme crânien diminue la réserve neuronale et cognitive, ce qui signifie qu’il y a moins de « protection » pour prévenir la démence. Un autre mécanisme concerne l’encéphalopathie traumatique chronique, un phénomène le plus fréquemment rapporté chez les participants à des sports de contact tels que le football américain ou la boxe qui se traduit par l’accumulation de protéines toxiques (protéines tau) autour des vaisseaux sanguins, en particulier dans les lobes frontaux.  Source: Schneider ALC et coll.  Head injury and 25-year risk of dementia. Alzheimers Dement. Published online March 9, 2021.

    Les soldats et certains sportifs à risque

    Les personnes (militaires, sportifs) subissant un traumatisme crânien sont plus à risque de développer une démence.

    Les sportifs pratiquant des sports à risque de recevoir des coups à la tête sont plus à rsique de développer une maladie cérébrale.

    L’étude menée par des chercheurs gallois (University College London) rapporte une association entre la pratique du football (soocer) et l’apparition d’encéphalopathie traumatique chronique.

    L’étude a été faite sur quatorze anciens footballeurs, dont treize professionnels atteints de démence entre 1980 et 2010.

    L’autopsie de leurs cerveaux a révélé qu’ils étaient atteints à la fois d’encéphalopathie traumatique chronique et de démence.

    L’étude ne rapporte pas de lien de cause à effet entre les collisions entre joueurs et l’apparition d’une affection cérébrale.

    Selon les chercheurs, les dommages seraient plutôt provoqués par des « impacts répétitifs non commotionnels », contrairement aux commotions observées chez les boxeurs ou footballeurs américains qui se caractérisent par des coups violents à la tête avec perte de connaissance,

    Selon les chercheurs, ce risque d’affection cérébrale est « très faible ».

    Source : Helen Ling et coll. Mixed pathologies including chronic traumatic encephalopathy account for dementia in retired association football (soccer) players. Acta Neuropathologica, février 2017.

    Les soldats sont également à risque

    En 2014, une autre équipe avait montré que les anciens soldats victimes d’un traumatisme crânien avaient plus de risque de développer une démence, par rapport à ceux qui n’en n’avaient pas subi.  

    Cette étude indique également que les vétérans avec des antécédents de traumatismes développent une démence deux ans plutôt que ce qui n’ont pas été victimes d’un traumatisme.

    « Si l’on part du principe qu’il existe une relation de cause à effet, nous pouvons partir de l’hypothèse que ce risque est également présent dans la population civile », déclare l’auteur principal de l’étude.

    L’étude a été réalisée auprès d’environ 200 000 vétérans âgés en moyenne de 68 ans au début de l’étude. 1229 de ces personnes ont subi un traumatisme crânien. 16 % d’entre eux ont développé une démence par la suite, contre 10 % chez ceux qui n’avaient pas eu de traumatisme. Source : D. E. Barnes, A. Kaup, K. A. Kirby, A. L. Byers, R. Diaz-Arrastia, K. Yaffe. Traumatic brain injury and risk of dementia in older veterans. Neurology, juin 2014.

    Une autre étude confirme le risque accru de lésions au cerveau

    Une autre étude rapporte qu’une légère commotion cérébrale survenant après 65 ans pourrait augmenter votre risque de développer une démence.

    Les traumatismes crâniens semblent présenter des risques particuliers pour les personnes âgées par rapport à ceux d’âge mûr.

    « Ce résultat surprenant suggère que le cerveau vieillissant peut être particulièrement vulnérable aux lésions cérébrales traumatiques, quelle que soit la gravité de la lésion cérébrale d’origine traumatique », a déclaré Dr. Raquel Gardner, l’auteur principal de l’étude et chercheur au San Francisco Veterans Affairs Medical Center.

    Elle estime que ces résultats devraient stimuler les efforts pour prévenir les blessures à la tête chez les personnes âgées.

    La plupart des médecins et des patients comprennent l’importance d’empêcher les chutes, afin de prévenir les blessures corporelles. Cette étude suggère que la prévention des chutes peut non seulement prévenir les blessures corporelles, mais également peut même aider à réduire le risque de démence, » a-t-elle ajouté.

    Nous n’avons pas d’explications claires expliquant comment les blessures du cerveau peuvent conduire à la démence, et rien ne prouve pas que le traumatisme provoque effectivement un déclin mental.

    Les chercheurs ont suivi près de 52 000 patients en salle d’urgence en Californie de 2005 à 2011. Tous avaient subi des blessures traumatiques et étaient âgés de plus de 55. Alors qu’un peu moins de 6 pour cent des personnes atteintes de lésions situées en dehors du cerveau ont développé une démence, ce pourcentage monte à plus de 8 pour cent lorsqu’il s’agit d’un traumatisme d’intensité légère à modérée.

    Lorsque la personne est âgée de plus de 65 ans, le risque de démence augmente même si le traumatisme est d’intensité légère.

    « Si une personne tombe et souffre d’une lésion cérébrale traumatique, elle a un risque accru de 26% de développer une démence, comparée à une personne qui se casse le bras ou la jambe », a déclaré Gardner.

    Gardner essaie de comprendre les raisons de cette association : « les lésions cérébrales traumatiques accélèrent-elles les symptômes de démence chez une personne qui allait, de toute façon, développer la maladie ? La lésion cérébrale traumatique provoque-t-t-elle ou accélérère-t-elle la dégénérescence des neurones ?

    Source: R. C. Gardner et coll. Dementia Risk After Traumatic Brain Injury vs Nonbrain Trauma. The Role of Age and Severity. JAMA Neurol. Published online October 27, 2014.

    Les jeunes soumis à des traumatismes répétés sont-ils vulnérables ?

    Selon une étude publiée en ligne le 30 décembre 2021 dans JAMA Network Open , les impacts répétés sur la tête chez les jeunes ne sont pas associés à des troubles cognitifs et comportementaux.

    Sean C. Rose, MD, de l’Ohio State University à Columbus, et ses collègues ont examiné les associations entre les résultats cognitifs et comportementaux et les impacts sur la tête mesurés chez de jeunes joueurs de football américain (via des capteurs basés sur un casque) pendant quatre années. L’analyse a inclus 70 participants masculins (âgés de 9 à 12 ans), dont 18 ont terminé les quatre années de l’étude.

    Les chercheurs ont découvert qu’au moment des séries éliminatoires 1, des impacts cumulatifs plus élevés étaient associés à moins de symptômes. 


    En conclusion, il n’existe pas de preuves convaincantes que les impacts répétés sur la tête sotn associés à des problèmes cognitifs chez les jeunes joueurs de football », écrivent les auteurs.

  2. L’auto-compassion associée à un risque moindre de maladie cardiovasculaire

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    Les femmes d’âge mûr qui pratiquent l’auto-compassion (compassion de soi-même) présentent un risque plus faible de développer une maladie cardiovasculaire, quels que soient les autres facteurs de risque traditionnels tels que l’hypertension artérielle, la résistance à l’insuline et le taux de cholestérol. 

    L’auto-compassion est la capacité de reconnaître sa souffrance avec empathie. C’est le contraire de l’auto-critique.

    « De nombreuses recherches se sont concentrées sur l’étude de l’impact du stress et d’autres facteurs négatifs sur la santé cardiovasculaire, mais l’impact des facteurs psychologiques positifs, tels que l’auto-compassion, est beaucoup moins connu », a déclaré Rebecca Thurston, Ph.D., professeur à l’Université de Pittsburgh (Etats-Unis).

    Les pratiques de pleine conscience, telles que la méditation, gagnent en popularité parmi les adultes américains. Épuisés par un barrage de facteurs de stress au travail et dans leur vie personnelle, les gens choisissent de plus en plus de se replier sur eux-mêmes pour les aider à gérer leur humeur et leurs émotions.

    Pendant la pandémie, les facteurs de stress se sont amplifiés, en particulier pour les femmes. Des recherches menées par divers groupes à travers le monde démontrent que les femmes sont particulièrement touchées par la pandémie puisqu’elles s’occupent à la fois des enfants et des parents plus âgés et sont souvent celles qui s’occupent également d’autres adultes.

    La pratique de la pleine conscience et de l’auto-compassion est un outil que les conseillers et les psychologues cliniciens suggèrent souvent aux clients confrontés à un stress chronique. Ces techniques se sont avérées efficaces pour gérer l’anxiété, l’irritabilité et même la dépression légère.

    Mais ces pratiques ont-elles des effets physiologiques sur le corps ? Thurston et ses collègues ont cherché à répondre à cette question en inscrivant près de 200 femmes âgées de 45 à 67 ans. Les femmes ont rempli un court questionnaire leur demandant d’évaluer si elles se sentent souvent déçues par leurs défauts perçus ou s’ils elles s’accordent de la bienveillance et de la tendresse dans les moments difficiles de la vie. Les femmes ont également reçu une échographie diagnostique standard de leurs artères carotides – les principaux vaisseaux du cou qui transportent le sang du cœur au cerveau.

    Les scientifiques ont découvert que les femmes qui obtenaient des scores plus élevés sur l’échelle d’auto-compassion avaient des parois de l’artère carotide plus minces et moins d’accumulation de plaques que celles ayant une auto-compassion inférieure. 

    Ces indicateurs ont été liés à un risque plus faible de maladies cardiovasculaires – telles que les crises cardiaques et les accidents vasculaires cérébraux – des années plus tard. Les résultats ont persisté même lorsque les chercheurs ont contrôlé les comportements et autres facteurs psychologiques susceptibles d’influencer les résultats des maladies cardiovasculaires, tels que l’activité physique, le tabagisme et les symptômes dépressifs.

    « Ces résultats soulignent l’importance de pratiquer la compassion, en particulier envers vous-même », a déclaré Thurston. « Nous vivons tous des moments extrêmement stressants, et nos recherches suggèrent que l’auto-compassion est essentielle pour notre santé mentale et physique. »

    Source: Rebecca C. Thurston, Megan M. Fritz, Yuefang Chang, Emma Barinas Mitchell, Pauline M. Maki. Self-compassion and subclinical cardiovascular disease among midlife women. Health Psychology, 2021; 40 (11): 747 DOI: 10.1037/hea0001137

  3. Risque d’hyperactivité vésicale associé au donépézil

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    Le donépézil – inhibteur de la cholinestérase prescrit dans la maladie d’Alzheimer – augmente le risque d’hyperactivité vésicale, selon une étude de l’Université de Houston College of Pharmacy et publiée dans le Journal of the American Geriatrics Society.

    La démence est un groupe de symptômes associés à un déclin de la mémoire, du raisonnement ou d’autres fonctions cognitives. La maladie d’Alzheimer est la cause la plus fréquente de démence, représentant 60 à 80 % des cas. Les médicaments ChEI, y compris le donépézil, la galantamine et la rivastigmine, augmentent la communication entre les cellules nerveuses afin d ‘améliorer la cognition.

    L’hyperactivité vésicale (ou vessie hyperactive) se caractérise par une envie soudaine et incontrôlable d’uriner. Elle se manifeste lors de la contraction du muscle de la vessie, alors que celle-ci la n’est pas encore pleine. Un signal est alors envoyé au cerveau qui traduit ce message comme une envie pressante d’uriner.

    En utilisant une cohorte d’adultes âgés atteints de démence, nous avons constaté que le donépézil était associé à un risque accru de 13% d’hyperactivité vésicale par rapport à la rivastigmine, alors qu’il n’y avait pas de différence avec la galantamine et la rivastigmine.

    À l’aide des données de Medicare, l’étude a examiné 524 975 adultes (âgés de 65 ans et plus) atteints de démence qui utilisaient des inhibiteurs de cholinestérase (donépézil 81 %, rivastigmine 16 %, galantamine 3 %). 

    Le principal résultat était le diagnostic d’hyperactivité vésicale ou la prescription d’antimuscariniques, des médicaments qui aident à corriger l’hyperactivité vésicale, dans les six mois suivant le début du traitement (avec le donépézil notamment).

    Bien que certaines études aient été menées pour évaluer les effets de tous les inhibiteurs de cholinestérase et de l’utilisation d’antimuscariniques, peu d’études ont été menées concernant les effets de chaque inhibiteur (dont le donpézil) sur le risque d’hyperactivité vésicale. Des études antérieures ont montré que l’utilisation de médicament anti-Alzheimer était associée à un risque accru de recevoir un médicament antimuscarinique.

    Source: Prajakta P. Masurkar et coll. Risk of overactive bladder associated with cholinesterase inhibitors in dementia. Journal of the American Geriatrics Society, 2021; DOI: 10.1111/jgs.17579

  4. La COVID-19 peut déclencher des auto-anticorps

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    L’infection par le virus à l’origine de la COVID-19 peut déclencher une production d’auto-anticorps qui dure bien au-delà de l’infection, même chez les personnes qui présentaient des symptômes légers ou aucun symptôme, selon des résultats publiés dans le Journal of Translational Medicine .

    Lorsque les individus sont infectés par un virus ou un autre agent pathogène, leur corps libère des protéines appelées anticorps qui détectent les substances étrangères et les empêchent d’envahir les cellules. Dans certains cas, cependant, les gens produisent des anticorps qui peuvent attaquer leurs propres organes et tissus du corps ( »auto-anticorps »).

    Les chercheurs du Cedars-Sinai Smidt Heart Institute (Los Angeles, États-Unis) ont découvert que les personnes ayant déjà été infectées par le SRAS-CoV-2 présentent des auto-anticorps jusqu’à six mois après leur rétablissement complet. 

    Cette étude rapporte que la présence d’auto-anticorps est élevée après une infection légère ou asymptomatique au SRAS-CoV-2 et qu’elle persiste dans le temps.

    « Ces résultats aident à expliquer ce qui fait de COVID-19 une maladie particulièrement unique », a déclaré Justyna Fert-Bober, PhD, chercheuse scientifique au département de cardiologie du Cedars-Sinai Smidt Heart Institute et co-auteur principal de l’étude. « Ces modèles de dérégulation immunitaire pourraient être à la base des différents types de symptômes persistants que nous voyons chez les personnes qui développent la maladie communément appelée COVID-19 long. »

    Pour mener leur étude, l’équipe de chercheurs a recruté 177 personnes ayant été infectées par le SRAS-CoV-2. Ils ont comparé des échantillons de sang de ces personnes avec des échantillons prélevés sur des personnes en bonne santé avant la pandémie. Toutes les personnes infectées par le SRAS-CoV-2 avaient des taux élevés d’auto-anticorps. Certains des auto-anticorps ont également été trouvés chez des personnes atteintes de maladies dans lesquelles le système immunitaire attaque ses propres cellules saines, telles que le lupus et la polyarthrite rhumatoïde.

    Dans cette étude, les hommes avaient un nombre plus élevé d’auto-anticorps que les femmes, ce qui était attendu étant donné que les hommes sont plus vulnérables aux formes les plus graves de COVID-19.

    L’équipe de recherche souhaite étendre l’étude pour rechercher les types d’auto-anticorps qui peuvent être présents et persister chez les personnes présentant des symptômes de COVID-19 à long terme. Étant donné que cette étude portait sur des personnes infectées avant l’avènement des vaccins, les chercheurs examineront également si les auto-anticorps sont générés de la même manière chez les personnes atteintes d’infections révolutionnaires.

    « Si nous pouvons mieux comprendre ces réponses d’auto-anticorps, et comment se fait-il que l’infection par le SRAS-CoV-2 déclenche et entraîne des réponses qui varient en fonction des individus, alors nous pouvons faire un pas de plus vers l’identification des moyens de traiter et même d’empêcher ces effets de se développer chez les personnes à risque », a déclaré l’un des auteurs.

    Source: Yunxian Liu et coll. Paradoxical sex-specific patterns of autoantibody response to SARS-CoV-2 infection. Journal of Translational Medicine, 2021; 19 (1) DOI: 10.1186/s12967-021-03184-8

  5. Les exercices protègent les synapses chez les aînés

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    Lorsque les personnes âgées restent actives grâce à des exercices physiques, leur cerveau produise davantage certaines protéines qui améliore les synapses, afin de maintenir une bonne cognition.

    Cet effet protecteur a même été rapporté chez des personnes dont le cerveau à l’autopsie était plein de protéines toxiques associées à la maladie d’Alzheimer (amyloide) et à d’autres maladies neurodégénératives.

    « Notre travail est le premier qui utilise des données humaines pour montrer que la régulation des protéines synaptiques est liée à l’activité physique et peut conduire aux résultats cognitifs bénéfiques que nous observons », a déclaré Kaitlin Casaletto, PhD, professeur adjoint de neurologie et auteur principal de l’étude, qui paraît dans le numéro du 7 janvier 2022 de Alzheimer’s & Dementia: The Journal of the Alzheimer’s Association .

    Les effets bénéfiques de l’activité physique sur la cognition ont été démontrés chez la souris et dans une moindre mesure chez l’homme.

    Les chercheurs ont tiré parti des données du projet Memory and Aging de l’Université Rush à Chicago. Ce projet a suivi l’activité physique en fin de vie des participants âgés, qui ont également accepté de faire don de leur cerveau à leur mort.

    Le maintien de l’intégrité de ces connexions entre les neurones peut être vital pour lutter contre la démence, car la synapse est vraiment le site où la cognition se produit, a déclaré l’auteur principal Casaletto. L’activité physique peut aider à stimuler ce fonctionnement synaptique.

    Plus de protéines signifient de meilleurs signaux nerveux

    Honer et Casaletto ont découvert que les personnes âgées qui restaient actives avaient des niveaux plus élevés de protéines qui facilitent l’échange d’informations entre les neurones. 

    Ce résultat concordait avec la découverte antérieure de Honer selon laquelle les personnes qui avaient plus de ces protéines dans leur cerveau à leur mort étaient mieux à même de maintenir leur cognition ultérieurement.

    À leur grande surprise, a déclaré Honer, les chercheurs ont découvert que les effets allaient au-delà de l’hippocampe, le siège de la mémoire du cerveau, pour englober d’autres régions cérébrales associées à la fonction cognitive.

    « Il se peut que l’activité physique exerce un effet de maintien global, soutenant et stimulant la fonction saine des protéines qui facilitent la transmission entre les synapses dans tout le cerveau », a déclaré Honer.

    Exemple de synapses dans le cerveau. Les exercices renforceraient ces synapses et permettraient ainsi de se protéger de la maladie d’Alzheimer

    Les synapses protègent les cerveaux présentant des signes de démence

    Le cerveau de la plupart des personnes âgées accumule de l’amyloïde et de la protéine tau, des protéines toxiques qui sont les caractéristiques de la pathologie de la maladie d’Alzheimer. De nombreux scientifiques pensent que l’amyloïde s’accumule d’abord, puis le tau, provoquant la désintégration des synapses et des neurones.

    Casaletto a précédemment découvert que l’intégrité de la synapse semblait atténuer la relation entre l’amyloïde et la protéine tau.

    « Chez les personnes âgées présentant des niveaux plus élevés de protéines associées à l’intégrité synaptique, cette cascade de neurotoxicité qui conduit à la maladie d’Alzheimer semble être atténuée », a-t-elle déclaré. 

    Ces résultats études montrent l’importance de maintenir les synapses en bonne santé – notamment par les exercices – pour permettre au cerveau de lutter contre la maladie d’Alzheimer. »

    Source: Kaitlin Casaletto et coll. Late‐life physical activity relates to brain tissue synaptic integrity markers in older adults. Alzheimer’s & Dementia, 2022; DOI: 10.1002/alz.12530

  6. La randonnée et la marche : les avantages et inconvénients

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    La marche est l’une des activités physiques aérobiques les plus populaires dans les pays occidentaux (111 millions de marcheurs aux États-Unis en 2018). La randonnée, l’activité sœur de la marche, a permis à près de 60 millions d’américains à sortir sur les sentiers en 2020, un chiffre qui est en constante augmentation.

    Alors que la marche est généralement une activité pratiquée à l’extérieur dans une ville ou en banlieue ou à l’intérieur (gymnase, piste, tapis roulant), la randonnée est quant à elle pratiquée en plein air sur un terrain naturel. 

    Marcher 10 minutes par jour est un moyen simple de commencer ou de reprendre une routine saine.

    Les deux activités sont des exercices excellents pour le système cardiovasculaire en aidant à gérer une bonne tension artérielle et à maintenit un bon taux de cholestérol. Ils sont également excellents pour votre cœur, a déclaré le cardiologue Dr Fahmi Farah (Bentley Heart Medical Center, Fort Worth, Texas)

    « La marche est l’un des meilleurs entraînements pour maintenir une bonne santé cardiaque à tout âge, y compris chez ceux qui ont des problèmes cardiaques », a-t-elle déclaré. 

    « La randonnée est également bonne pour le cœur et permet de brûler plus de calories en moins de temps. » Aucune forme d’exercice n’est meilleure que l’autre, selon Farah.

    Les deux sont excellents pour améliorer les performances des systèmes cardiaques et pulmonaires. La randonnée et la marche peuvent vous aider à perdre du poids.

    L’exercice qui vous convient le mieux dépend de vos objectifs de mise en forme et de vos préférences personnelles. Avant de commencer tout nouveau programme d’exercice, il est préférable d’en parler à son médecin. Arrêtez immédiatement si vous ressentez une douleur.

    La randonnée pour brûler le plus de calories que la marche

    Le nombre de calories que vous pouvez brûler lors d’une randonnée par rapport à une marche dépend principalement de votre poids, de la dificulté du sentier et du poids que vous portez sur votre dos. D’autres facteurs incluent la météo, votre âge et votre sexe.

    Alors que vous brûlez environ 100 calories par kilomètre de marche, vous pouvez facilement doubler ce nombre de calorie en randonnée. Et si vous attachez un sac lourd sur votre dos et affrontez un terrain escarpé et ardu, ce nombre peut atteindre bien plus de 500 calories par heure .

    Vous n’avez pas le temps d’aller à l’extérieur ?  Lancez-vous ensuite dans une randonnée en ville. Si vous utilisez des bâtons de randonnée et que vous vous déplacez à un rythme soutenu, le mouvement des bras ajoute de l’intensité à votre entraînement aérobique, aidant à augmenter votre dépense calorique.

    Vous voulez l’option la moins chère : la marche plutôt que la randonnée

    La marche est gratuite. La randonnée peut être aussi bon marché que la marche si vous avez un accès facile à un sentier et que vous ne partez que pour une courte escapade. Mais ce n’est généralement pas le cas.

    La randonnée nécessite souvent de conduire jusqu’à un sentier, qui peut être à plusieurs heures de route et nécessiter des frais d’utilisation. Et même si vous pouvez vous en sortir avec les mêmes vêtements que vous utilisez pour la marche, vous feriez mieux de porter des vêtements spécialement conçus pour la randonnée, tels que des chaussures et des pantalons de randonnée et des vêtements permettant une bonne respiration de la peau. Vous aurez également besoin d’au moins un équipement spécialisé, comme un sac à dos, des bâtons de randonnée et une bouteille d’eau. Et si vous faites de la randonnée, préparez-vous à débourser des centaines de dollars pour du matériel supplémentaire comme une tente, un sac de couchage et un réchaud de camping.

    Vous voulez l’activité la plus sûre : faites une promenade

    Bien que la randonnée ne soit pas une activité dangereuse en soi, e peut être fatigante. Ce n’est peut-être pas idéal pour les débutants qui ne connaissent pas les terrains accidentés.

    Si vous trébuchez et tombez sur un chemin rocailleux et rempli de racines, vous pourriez vous retrouver avec une entorse à la cheville ou vous cassez un os. 

    Peut-être que la plus grande préoccupation est de devoir marcher après la tombée de la nuit. Si c’est le moment que vous préférez, assurez-vous de porter des vêtements réfléchissants.

    Partez en randonnée pour enlever le stress

    La marche et la randonnée aident à réduire le stress et l’anxiété, comme la plupart des formes d’activité physique. L’exercice est également excellent pour améliorer la vigilance et la concentration, réduire la fatigue et stimuler votre fonction cognitive globale. 

    Mais la randonnée offre des avantages apaisants supplémentaires, car elle se déroule dans la nature. Au fil des ans, de nombreuses études ont établi un lien entre les activités de plein air et le bien-être mental. Selon une étude de 2020 de l’Université Cornell, à peine 10 minutes dans un cadre naturel améliorent l’humeur et diminuent le stress. Et une étude de 2018 publiée dans Archives of Psychiatric Nursing a montré que les individus qui passaient du temps dans la nature se sentaient plus calmes.

    Si vous n’êtes pas en mesure de faire une randonnée mais que vous avez besoin de calme, marcher dehors en ville ou dans un parc local est toujours mieux que de marcher dans une salle de sport.

  7. Stéatose hépatique non alcoolique

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    La stéatose hépatique non alcoolique est un terme générique pour une gamme d’affections hépatiques affectant les personnes qui boivent peu ou pas d’alcool. 

    Comme son nom l’indique, la principale caractéristique de la stéatose hépatique non alcoolique est une trop grande quantité de graisse stockée dans les cellules du foie (entre 5 % et 10 % de la masse totale de l’organe).

    Elle est de plus en plus courante dans le monde, en particulier dans les pays occidentaux. Aux États-Unis, c’est la forme la plus courante de maladie hépatique chronique, touchant environ un quart de la population.

    Certaines personnes atteintes de stéatose peuvent développer une stéatohépatite non alcoolique (NASH), une forme agressive de stéatose hépatique, caractérisée par une inflammation du foie et pouvant évoluer vers une cicatrisation avancée (cirrhose) et une insuffisance hépatique. Ces dommages sont similaires aux dommages causés par une forte consommation d’alcool.

    Source: fondation canadienne du foie

    Diagnostic de la stéatose hépatique non alcoolique

    Étant donné qu’elle ne provoque aucun symptôme dans la plupart des cas, elle est fréquemment diagnostiquée par un médecin lorsque des tests effectués pour d’autres raisons indiquent un problème de foie. 

    Cela peut se produire si le foie semble inhabituel à l’échographie ou si vous avez un test d’enzymes hépatiques anormal.

    Les tests effectués pour cerner le diagnostic et déterminer la gravité de la maladie comprennent :

    Tests sanguins

    • Numération globulaire complète
    • Enzymes hépatiques et tests de la fonction hépatique
    • Tests pour l’hépatite virale chronique (hépatite A, hépatite C et autres)
    • Test de dépistage de la maladie cœliaque
    • Glycémie à jeun
    • Hémoglobine A1C, qui montre à quel point votre glycémie est stable
    • Profil lipidique, qui mesure les lipides sanguins, tels que le cholestérol et les triglycérides

    Imagerie

    Les procédures d’imagerie utilisées pour diagnostiquer la stéatose hépatique non alcoolique comprennent :

    • L’échographie abdominale, qui est souvent le test initial lorsqu’une maladie du foie est suspectée.
    • La tomodensitométrie (TDM) ou l’imagerie par résonance magnétique (IRM) de l’abdomen. Ces techniques n’ont pas la capacité de distinguer la NASH de la NAFLD , mais peuvent toujours être utilisées.
    • L’élastographie transitoire, une forme améliorée d’échographie qui mesure la rigidité de votre foie. La rigidité du foie indique une fibrose ou une cicatrisation.
    • L’élastographie par résonance magnétique, fonctionne en combinant l’ imagerie IRM avec des ondes sonores pour créer une carte visuelle (élastogramme) montrant la rigidité des tissus corporels.

    Examen des tissus du foie

    Si les autres tests ne sont pas concluants, votre médecin peut recommander un prélèvement un échantillon de tissu de votre foie (biopsie du foie). L’échantillon de tissu est examiné dans un laboratoire pour rechercher des signes d’inflammation et de cicatrisation.

    Une biopsie du foie peut être inconfortable et comporte de petits risques que votre médecin examinera en détail avec vous. Cette intervention est réalisée à l’aide d’une aiguille insérée à travers la paroi abdominale et le foie.

  8. Trazodone

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    La trazodone est utilisée pour traiter la dépression. La trazodone appartient à une classe de médicaments appelés modulateurs de la sérotonine. 

    Il agit en augmentant la quantité de sérotonine, un neutotransmetteur qui aide à maintenir l’équilibre mental.

    Autres utilisations de ce médicament

    La trazodone est également parfois utilisée pour traiter l’insomnie, la schizophrénie et l’anxiété. Elle est également parfois utilisée pour contrôler les mouvements anormaux et incontrôlables qui peuvent être ressentis comme des effets secondaires d’autres médicaments. 

    Comment la trazodone devrait être utilisée ?

    La trazodone se présente sous forme de comprimé à prendre par voie orale. Le comprimé est généralement pris avec un repas ou une collation légère deux fois ou plus par jour. Le comprimé à libération prolongée est généralement pris une fois par jour au coucher à jeun, soit une heure avant ou deux heures après un repas. 

    Votre médecin peut vous prescrire une faible dose de trazodone et augmenter progressivement votre dose, pas plus d’une fois tous les 3 à 4 jours. Votre médecin peut diminuer votre dose une fois que votre état est contrôlé.

    La trazodone contrôle la dépression, mais ne la guérit pas. Cela peut prendre 2 semaines ou plus avant que vous ne ressentiez tous les bienfaits de la trazodone. Continuez à prendre de la trazodone même si vous vous sentez bien.

    N’arrêtez pas de prendre la trazodone sans en parler à votre médecin. Si vous arrêtez soudainement de prendre la trazodone, vous pouvez ressentir des symptômes de sevrage tels que de l’anxiété, de l’agitation ou des difficultés à vous endormir ou à rester endormi. 

    Précautions particulières

    Avant de prendre la trazodone, informez votre médecin et votre pharmacien si vous êtes allergique à la trazodone ou à tout autre médicament et des autres médicaments sur ordonnance et en vente libre, des vitamines et des suppléments nutritionnels que vous prenez ou prévoyez de prendre. 

    Par exemple : anticoagulants, antidépresseurs, antifongiques, aspirine et anti-inflammatoires

    Si vous oubliez de prendre une dose, prenez la dose oubliée dès que vous vous en souvenez. Cependant, s’il est presque temps de prendre la prochaine dose, sautez la dose et continuez votre programme de dosage régulier. Ne prenez pas deux doses pour compenser une dose oubliée.

    Quels effets secondaires la trazodone peut-elle provoquer ?

    • mal de tête (10%)
    • nausée (10%)
    • vomissement
    • mauvais goût dans la bouche
    • diarrhée
    • constipation (8%)
    • changements d’appétit ou de poids
    • faiblesse ou fatigue
    • nervosité (15%)
    • étourdissements
    • sensation de perte d’équilibre
    • diminution de la capacité à se concentrer ou à se souvenir des choses
    • confusion
    • cauchemars
    • douleur musculaire (5%)
    • bouche sèche (15% de cas)
    • transpiration
    • changements dans le désir sexuel
    • tremblement incontrôlable d’une partie du corps
    • engourdissement, brûlure ou picotement dans les bras, les jambes, les mains ou les pieds
    • incoordination motrice (5%)
    • yeux rouges ou vision embrouillée (5%)
    • bourdonnement d’oreilles

    Certains effets secondaires peuvent être sérieux. Si vous ressentez l’un des symptômes suivants, appelez pour obtenir un traitement médical d’urgence :

    • douleur thoracique
    • rythme cardiaque rapide, battant ou irrégulier
    • perte de connaissance (coma)
    • évanouissement
    • convulsions
    • essoufflement
    • ecchymoses ou saignements inhabituels

    La trazodone peut provoquer des érections douloureuses et durables chez les hommes. Dans certains cas, un traitement d’urgence et/ou chirurgical a été nécessaire et, dans certains de ces cas, des dommages permanents se sont produits. 

    Surdosage

    • vomissement
    • somnolence
    • changements de rythme cardiaque
    • convulsions
    • difficulté à respirer
    • érection douloureuse qui ne part pas

    Contre-indications

    Antécédents d’accident vasculaire cérébral, d’infarctus du myocarde, d’arythmie et d’épilepsie.

    Il est préférable de l’éviter duarnt le premier trimestre de la grossesse.

  9. Clonidine

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    La clonidine est un agoniste des récepteurs alpha-adrénergiques utilisé seul ou avec d’autres médicaments pour traiter l’hypertension artérielle.

    L’abaissement de la pression artérielle aide à prévenir les accidents vasculaires cérébraux, les crises cardiaques et les problèmes rénaux . 

    La clonidine appartient à une classe de médicaments (agonistes alpha) qui agissent sur le cerveau pour abaisser la tension artérielle. Il agit en relaxant les vaisseaux sanguins afin que le sang puisse circuler plus facilement.

    La stimulation des récepteurs alpha-adrénergiques situés sur les synapses diminue la libération de la noradrénaline, alors eu le blocage des mêmes récepteurs sur les neurones post-synaptiques réduit l’excitabilité des neurones.

    Sa demi-vie est en moyenne de 12h (de 6 à 24 heures). Elle peut tripler chez les patienst atteints d’insuffisance rénale.

    Indications

    • Hypertension
    • Hypervigilance liée à un état de stress post-traumatique
    • Tics moteurs et vocuax (syndrome de Gilles de la Tourette)
    • Agressivité chez les enfants souffrant de trouble du spectre de l’autisme
    • Sévérité du sevrage des opiacés et de la nocotine
    La clonidine appartient à la classe de médicaments des antihypertenseurs. Elle est utilisée seule ou en combinaison avec un diurétique pour traiter l’hypertension artérielle.

    Comment utiliser la clonidine

    Ne pas arrêter de prendre ce médicament sans consulter votre médecin. Vous pouvez ressentir des symptômes tels que nervosité, agitation, tremblements et maux de tête. Une élévation rapide de la pression artérielle peut également se produire si le médicament est soudainement arrêté. Le risque est plus important si vous avez utilisé ce médicament pendant une longue période ou à fortes doses, ou si vous prenez également un bêta-bloquant (p.ex l’aténolol ). De rares cas de réactions graves, potentiellement mortelles (comme un accident vasculaire cérébral ) ont également été rapportés suite à l’arrêt trop rapide de ce médicament.  

    Pour éviter toute réaction pendant que vous arrêtez le traitement par ce médicament, votre médecin peut réduire progressivement votre dose. Consultez votre médecin ou votre pharmacien pour plus de détails. Signalez immédiatement tout symptôme nouveau ou s’aggravant.

    Lorsqu’il est utilisé pendant une longue période, ce médicament peut ne pas fonctionner aussi bien et peut nécessiter un dosage différent ou un médicament supplémentaire. Discutez avec votre médecin si ce médicament cesse de fonctionner correctement (par exemple, si votre tension artérielle reste élevée ou augmente).

    Effets secondaires de la clonidine

    Des étourdissements, une somnolence, une bouche sèche ou une constipation peuvent survenir. Si l’un de ces effets persiste ou s’aggrave, informez-en rapidement votre médecin ou votre pharmacien.

    Pour réduire les risques d’étourdissements et de vertiges, il faut se lever lentement.

    Pour soulager la bouche sèche, sucez des bonbons durs (sans sucre) ou des glaçons, mâchez de la gomme (sans sucre), buvez de l’eau ou utilisez un substitut de salive.

    N’oubliez pas que ce médicament vous a été prescrit parce que votre médecin a jugé que le bénéfice est supérieur au risque d’effets secondaires. De nombreuses personnes utilisant ce médicament n’ont pas d’effets secondaires graves.

    Informez immédiatement votre médecin si vous ressentez des effets secondaires graves tels que évanouissement, rythme cardiaque lent/irrégulier, changements de l’humeur (irritabilité, dépression).

    Une réaction allergique très grave à ce médicament est rare. Cependant, consultez immédiatement un médecin si vous remarquez des symptômes d’une réaction allergique grave , notamment : éruption cutanée, démangeaisons ou gonflement (en particulier du visage, de la langue et de la gorge), vertiges graves, difficulté à respirer.

    Ce n’est pas une liste complète des effets secondaires possibles. Si vous remarquez d’autres effets non mentionnés ci-dessus, contactez votre médecin ou votre pharmacien.

    Selon les études, les effets secondaires les plus fréquents sont :

    • Xérostomie (40%)
    • Somnolence (30%)
    • Etourdissements (15%)
    • Sédation (10%)

    Précautions

    Avant de prendre de la clonidine, informez votre médecin ou votre pharmacien si vous y êtes allergique. Ce produit peut contenir des ingrédients inactifs, qui peuvent provoquer des réactions allergiques ou d’autres problèmes. Parlez-en à votre pharmacien pour plus de détails.

    Avant d’utiliser ce médicament, informez votre médecin ou votre pharmacien de vos antécédents médicaux, notamment : maladie rénale , troubles du rythme cardiaque (tels que rythme cardiaque lent ou irrégulier).

    Ce médicament peut provoquer des étourdissements ou une somnolence. Ne conduisez pas, n’utilisez pas de machines ou ne faites rien qui nécessite de la vigilance jusqu’à ce que vous puissiez le faire en toute sécurité. Évitez les boissons alcoolisées. Parlez à votre médecin si vous consommez de la marijuana (cannabis).

    Avant de subir une intervention chirurgicale, informez votre médecin ou votre dentiste de tous les produits que vous utilisez (y compris les médicaments sur ordonnance ou en vente libre et les produits à base de plantes).

    Les porteurs de lentilles cornéennes peuvent avoir besoin d’utiliser des gouttes oculaires humidifiantes, car la clonidine peut provoquer une sécheresse oculaire.

    Les personnes âgées peuvent être plus sensibles aux effets secondaires de ce produit, en particulier les étourdissements ou la somnolence. Ces effets secondaires peuvent augmenter le risque de chute.

    Pendant la grossesse, ce médicament ne doit être utilisé qu’en cas de nécessité absolue. Discutez des risques et des avantages avec votre médecin.

    Ce médicament passe dans le lait maternel et peut avoir des effets indésirables sur le nourrisson. Consultez votre médecin avant d’allaiter.

    Interactions de la clonidine

    Les interactions médicamenteuses peuvent modifier le mode d’action de vos médicaments ou augmenter votre risque d’effets secondaires graves.

    Informez votre médecin ou votre pharmacien si vous prenez d’autres produits qui provoquent de la somnolence, notamment de l’alcool, de la marijuana, des antihistaminiques, des médicaments pour le sommeil ou l’anxiété (tels que les benzodiazépines), des relaxants musculaires et analgésiques opioïdes (comme la codéine).

    Certains produits contiennent des ingrédients qui pourraient augmenter votre tension artérielle . Dites à votre pharmacien quels médicaments vous utilisez (en particulier les produits contre la toux et le rhume ou les AINS).

  10. Délire

    Commentaires fermés sur Délire

    Le délire  (ou troubles délirants) sont des manifestations cliniques au cours desquelles le patient ne contrôle pas la réalité des choses et a la conviction de détenir la vérité (délirer vient du latin  » deliro  » : s’écarter du sillon, de la ligne droite).

    Auparavant, on utilisait le terme de paranoia (origine grecque qui signifie  »pensée à côté »).

    Cette mauvaise interprétation de la réalité est confirmée par l’entourage du patient lors de l’examen médical.

    Malgré la cohérence des idées et l’irréalité des faits, il est impossible de raisonner le malade.

    Les troubles délirants ne doivent pas être confondus avec:

    • les hallucinations que l’on retrouve chez les patients schizophrènes (maladie psychiatrique caractérisée par des psychoses). (Halluciner vient du latin  » hallucinor  » : divaguer, rêver);
    • le delirium (également appelé épisode confusionnel aigü) qui se caractérise par une incohérence des idées, et une altération de la conscience.

    Historique

    À la fin du XIX siècle, des psychiatres allemands tels que Kraepelin incluent les troubles délirants dans la définition de la paraphrénie, un trouble mental caractérisé par un délire paranoïaque sans hallucinations.

    Alors que Kraepelin exclut les hallucinations des critères, Bleuer considère que la schizophrénie est une forme paranoide de démence précoce associée à des hallucinations.

    Dans les années, les psychiatres canadiens proposent un spectre paranoide avec plusieurs profils : troubles de la personnalité (limite, évitante), troubles délirants (persécution, mégalomane, jalousie…), troubles psychotiques, paraphrénie (paranoia, psychose paranoide), Troubles organiques (abus de substances, Alzheimer, delirium)

    Le délire est-il fréquent chez les personnes âgées ?

    La prévalence à vie serait de 0,03% (1% pour la schizophrénie), avec un majorité d’hommes qui souffrent d’un trouble délirant paranoide.

    Le trouble délirant survient généralement entre 35 et 45 ans.

    Il est difficile d’évaluer le fréquence chez les personnes âgées car, d’une part, le nombre d’études est limitée et, d’autre part, la notion de personne âgée varie d’une étude à l’autre.

    On estime cependant que 4% des individus de 65 ans et plus vivant dans la communauté ont des idées de persécution (voir ci-dessous les différents thèmes du délire).

    La prévalence serait de 10 % chez les individus âgés de 65 ans et plus admis en milieu hospitalier.

    Une autre étude rapporte une fréquence de 7% d’idées délirantes chez les 85 ans et plus.

    Quels sont les thèmes récurrents du trouble délirant ?

    Les thèmes délirants représentent la base sur laquelle les délires se développent.

    Ces thèmes sont ceux de la persécution, du préjudice, de l’intrusion, de la jalousie, de mégalomanie…Ils sont centrés sur sa personne, son corps, sa famille, ses voisins et ses biens.

    La persécution

    Ce thème est le plus courant. Le sujet est persuadé d’être persécuté, surveillé ou menacé, persuadé de l’existence d’un complot. Les idées de persécution peuvent s’accompagner de crises d’angoisse de mort avec crainte d’un danger imminent ou d’anéantissement. Contrairement au délire de la schizophrénie, le thème délirant persécuteur est clair, avec une certaine logique.

    Le préjudice

    Le patient a peur de perdre sa propriété, sa santé et sa réputation. Le patient est triste et inquiet. Il critique son entourage. Il pense que l’on pénètre dans sa maison et qu’il risque de perdre sa propriété. Il s’isole et fuit son voisinage.

    La ruine, le vol

    Le patient est convaincu d’être ruiné, volé, abandonné par son proche.

    La jalousie

    Le thème porte sur la conviction des infidélités de sa femme. Le délire se développe à partir de la mauvias einterprétation et de l’amplification de faits anodins. La personne jalouse peut engager un détective pour la faire suivre. Ce type de délire est souvent lié à une consommation d’alcool.

    L’hypochondrie

    Le patient pense être ‘persécuté’ par ses organes ou organismes vivants. C’est le cas par exemple du syndrome d’Eckbom, un état durant lequel le patient a la conviction qu’il est infesté par des petits animaux (insectes, parasites) qui se développent sur ou dans la peau. Beaucoup de ces patients souffrent de psychose maniacodépressive ou de délire paranoïde. Le patient est donc convaincu de souffrir d’une maladie grave mais aussi il peut être convaincu de dégager des mauvaises odeurs.

    La mégalomanie

    Le patient a une idée exagérée de sa propre valeur, de son pouvoir et de ses connaissances. Il pense avoir une relation exceptionnelle avec une personne célèbre. Il pense avoir été désigné pour accomplir une grande mission. Ce thème est fréquent dans les manies délirantes. Cette mégalomanie se distignue de la schizophrénie paranoide, où la mégalomanie est associée à des symptômes schizophréniques.

    Érotomaniaque

    Le patient croit qu’il est aimé d’une personne, habituellement d’un niveau plus élevé. Il s’agit surtout d’un amour idéalisé et romantique.

    Syndrome de Charles Bonnet

    Il survient après une intervention ophtalmologique (provoquée par exemple par une occlusion oculaire brutale), ou chez les patients souffrant de rétinopathie, de cataracte, ou lorsque l’aire visuelle associative est affectée (dans le cas des démences). Il se caractérise par des hallucinations visuelles, colorées riches en détails représentant des personnages ou d’animaux qui ne sont pas menaçants. Les facteurs déclencheurs sont une baisse du niveau de conscience ou une faible luminosité ambiante.

    Folie à deux

    Syndrome délirant impliquant un couple (mari-femme; père-fille, mère-fille) au cours duquel un des deux partenaires, shizophrénique et de caractère dominant, transmet son délire à son partenaire ayant un handicap physique (ou intellectuel) et une personnalité passive-dépendante. Parfois, le partenaire passif-dépendant est aussi psychotique (on parle alors de folie simultanée). La séparation des deux personnes est généralement nécessaire, pouvant entraîner la disparition du délire chez la deuxième personne, alors que la première sera traitée par antipsychotiques

    Comment le médecin diagnostique le délire ?

    Le médecin s’appuie sur les critères diagnostiques issus du manuel de psychiatrie américain DSM IV (utilisé en Amérique du Nord) et de la Classification statistique internationale des maladies et des problèmes de santé connexes, 10e révision (CIM-10, Organisation Mondiale de la Santé), plutôt utilisée en Europe.

    Les facteurs qui augmentent le risque de délire

    Le déclin cognitif semble être le facteur de risque essentiel.

    Il existe également des facteurs biographiques, sociaux ou psychologiques qui favorisent l’apparition d’un délire:

    • Antécédents familiaux de schizophrénie
    • Trouble de la personnalité évitante, limite (borlerline), paranoide.
    • Personnalité paranoïaque ou schizoïde (personnalité qui a tendance à se replier sur elle-même).
    • L’isolement et la solitude (célibat, veuvage).
    • Le manque de tissu social et le repli sur soi (personnalité schizoïde).
    • L’attitude de l’entourage.
    • Le sentiment d’insécurité.
    • Un faible niveau socio-économique.
    • Un faible niveau de scolarité.
    • Déficits sensoriels (auditifs et visuels) qui induisent des interprétation erronées
    • Altérations associées à des maladies physiques (hypoglycémie due au diabète, forte fièvre, troubles électrolytiques, lupus, troubles vasculaires cérébraux)

    Délire vieillissant versus délire d’apparition tardive

    Il existe deux formes de délire :

    1. Le délire diagnostiqué à l’âge adulte et qui persiste durant la vieillesse. L’intensité du délire a tendance à s’estomper.

    2. Le délire qui apparaît à l’âge avancé (ou délire d’apparition tardive), c’est-à-dire après 65 ans. Le début est insidieux et s’accompagne parfois d’hallucinations. Cette forme est associée ou non à une affection cérébrale telle que la maladie d’Alzheimer, une démence vasculaire , une dépression , un trouble bipolaire.

    A l’âge avancé, les médecins distinguent donc les délires fonctionnels des délires provoqués par une maladie neurologique.

    En résumé, les troubles délirants sont classés avec les troubles psychotiques observés dans la schizophrénie:

    – Schizophrénie paranoïde, désorganisée, catatonique, indifférenciée…

    – Trouble psychotique bref.

    – Trouble psychotique partagé (folie à deux).

    – Trouble psychotique secondaire à une affection médicale générale.

    – Troubles délirants.

    – Troubles délirants persistants (paraphrénie* tardive, paranoïa d’involution**) : il englobe toutes les affections comportant un délire accompagné d’hallucinations, en particulier auditives.

    Paraphrénie* : délire imaginatif s’organisant autour des thèmes de la grandeur, de la persécution, de la mélancolie, du mysticisme…

    Paranoïa d’involution** : délire de revendication apparaissant tardivement.

    Le médecin doit tenir compte de la personnalité du patient, de son passé, de son environnement social et affectif et des facteurs somatiques.

    Le médecin interroge le patient et son entourage afin de situer l’âge auquel les symptômes sont apparus.

    Il cerne la personnalité du patient, son humeur, ses antécédents médicaux, et identifie les thèmes du délire.

    L’examen neurologique permet de savoir si une affection cérébrale est à l’origine du délire.

    Évaluation du délire

    Diverses symptômes peuvent être associés au délire;

    • Hypervigilance. La personne a une mauvaise interprétation des faits observés qu’il observe avec détail.
    • Interprétation personnelle. Il interprète systématiquement ses observations dans un sens univoque qui confirme sa théorie délirante.
    • Méfiance. Il répond de manière irritée quand on l’interroge sur ses thèmes déirants.
    • Hallucination auditives ou visuelles. Elles sont rares dans les troubles délirants.
    • Comportements intempestifs. L patient qui à le sentiment d’être provoqué peut répondre par la défensive, la crainte ou l’aggressivité.
    • Grandiosité. La patient s’accorde uen importance personnelle démesurée. Il devient facilement hostile, se sentant persécuté par des envieux qui veulent le discréditer.
    • Affect dépressif. Certans patients fondent en larmes quand ils rencontrenent une personne réceptive à ses souffrances.

    Outils diagnsotiques

    Il n’y a pas d’instrument qui évalue spécifiquement le délire chez la personne âgée. Il existe par exemple l’échelle d’évaluation des psychoses chez l’adulte (exemple PDI) ou des troubles psychologiques et comportementaux de la démence (exemple : l’inventaire neuropsychiatrique de la démence).

    Enfin, le Le Behavioral Pathologic Rating Scale for Alzheimer’s disease est une échelle d’évaluation des troubles comportementaux qui décrit les différentes formes de délire dans la maladie d’Alzheimer.

    Dans le Behavioral Pathologic Rating Scale for Alzheimer’s disease, les différentes formes de délire sont classées par thèmes (le vol, le syndrome de l’imposteur etc.) :

    1. Le patient croit qu’il se fait voler des objets (fréquence = 18% à 43%).

    Explication probable : le patient ne se rappelle plus de l’emplacement de ses objets personnels, et accusera un proche de leur disparition. Dans les formes graves, il est convaincu que quelqu’un s’introduit dans son domicile dans le but de cacher ou de voler des objets.

    2. Le patient croit occuper un domicile qui n’est pas le sien.

    Le patient ne se rappelle pas ou ne reconnaît pas son domicile. Il peut finir par le quitter pour rentrer  » chez lui  » (c’est le phénomène de l’errance).

    3. L’époux (se) (ou le proche en charge du patient) est perçu comme un imposteur.

    Le patient ne reconnaît plus son proche. Il peut également considérer son aide-soignante comme un imposteur, ce qui se traduit par une réaction de méfiance, voire de violence. Dans certains cas, le patient est persuadé que des personnes familières ont été remplacées par des sosies identiques : c’est le syndrome de Capgras, Ces troubles de l’identification sont éprouvantes pour l’entourage car difficiles à gérer.

    4. Un sentiment d’abandon (fréquence = 3% à 18%).

    Le malade a la conviction d’avoir été abandonné, qu’il sera placé dans un institut, et qu’un complot s’organise dans ce but. Ce sentiment découle du fait qu’il se rend compte de la charge qu’il représente pour son entourage car il conserve une certaine conscience de son état. Les proches se sentent coupables de ce sentiment d’abandon vécu par le patient.

    5. Un sentiment d’infidélité (fréquence = 1% à 9%).

    Ce sentiment concerne essentiellement le conjoint ou des aidants.

    Bien que le diagnostic de délire soit parfois difficile chez une personne atteinte de démence (en effet les personnes atteintes de démence ont déjà un trouble de l’idéation et une confusion), il est possible avec une certaine expérience de faire la différence entre le délire et la démence. En effet, le délire s’accompagne ordinairement :

    • d’un déclenchement brutal des symptômes;
    • d’une baisse ou d’une augmentation de la vigilance chez le patient présentant déjà une démence, ou d’une importante fluctuation des symptômes;
    • d’hallucinations visuelles accompagnées d’agitation;
    • une atteinte de l’activité psychomotrice;
    • de troubles du langage (troubles d’élocution, ralentissement ou accélération du discours);
    • de tremblements.

    Une fois que le diagnostic de délire est posé, le choix du traitement dépendra de l’identification de la cause. Ces causes sont multiples et comprennent :

    • les effets secondaires de médicaments;
    • une malnutrition;
    • une infection;
    • des pathologies cérébrales (p. ex. hématomes sous-duraux);
    • des troubles endocriniens (p. ex. hyperthyroïdie);
    • des maladies du métabolisme (p. ex. certaines affections rénales ou hépatiques);
    • des facteurs environnementaux du patient;
    • l’hypoxie provoquée par une pneumonie, une insuffisance cardiaque congestive ou une apnée du sommeil;
    • la rétention urinaire ou un fécalome (accumulation de matières fécales).

    Le délire survenant à l’âge adulte (avant 65 ans)

    Il englobe les états paranoïaques et les troubles psychotiques diagnostiqués chez l’adulte schizophrène et qui persistent durant la vieillesse. Ces troubles deviennent moins intenses au fur et à mesure que la personne vieillit. On estime que 13% des schizophrènes (généralement diagnostiqués vers la vingtaine) présentent des symptômes initiaux après la quarantaine, et seulement 3% après la soixantaine. Chez cette catégorie de patients, les symptômes négatifs (ex. retrait, indifférence) ont tendance à persévérer tandis que les manifestations délirantes et les hallucinations, principalement auditives, considérées comme des symptômes positifs, ont tendance à s’amenuiser.

    Le délire d’apparition tardive (après 65 ans)

    Les délires d’apparition tardive sont des délires apparaissant après 65 ans.

    Ces délires sont provoqués par exemple par un déficit sensoriel (on parle alors de délire fonctionnel), une maladie mentale (dépression, démence) ou cérébrovasculaire.

    L’évaluation des fonctions cognitives, l’interrogation de la famille et un examen cérébral (IRM) permettent de savoir si une démence (démence de type Alzheimer, démence vasculaire, démence à corps de Lewy) est à l’origine d’un délire.

    Les délires fonctionnels

    Ils évoluent sur un mode durable et sont provoqués par:
    – une situation stressante (décès, déménagement, entrée dans une institution médicalisée…);
    – un déficit sensoriel, cognitif, affectant la communication et la vie relationnelle. C’est le syndrome de Charles Bonnet (voir plus haut), le syndrome d’Eckbom (voir plus haut), la paranoïa des sourds (le patient, souffrant d’hypoacousie sévère, se méfie et se replie sur soi. Il a des hallucinations auditives).

    Le délire associé à une dépression

    La dépression à l’âge avancé s’accompagne souvent d’un délire: on parle de dépression délirante. 40 % des patients hospitalisés seraient atteints de dépression délirante. Les thèmes du délire concernent la ruine, la culpabilité, l’incurabilité et la persécution.

    La dépression délirante peut être mélancolique ou non. En cas de mélancolie, les patients se referment dans le passé, avec des représentations ou des apparitions.

    Dans certains cas de dépression délirante, le patient, hypochondriaque, sent ses organes se putréfier et se détruire, pense qu’il a une maladie incurable: c’est le syndrome de Cotard.

    Les troubles délirants associés à la maladie d’Alzheimer

    Les troubles délirants au début du stade de démence s’articulent principalement autour des oublis.

    La fréquence des délires chez les personnes souffrant de démence se situe entre 10% et 73 % selon la population étudiée. Environ un tiers des patients atteints d’une maladie d’Alzheimer probable souffriraient de délires, et sont considérés comme des personnes à risque susceptibles d’agressivité physique. Selon une étude, 80 % des participants présentant des taux élevés d’agressivité physique (> 1 épisode/mois) souffraient également de délires.

    Les idées délirantes au début du stade sont liées aux pertes de mémoire. Ils débouchent sur des idées de déplacement et de vol d’objets, d’intrusion au domicile, de spoliation, d’infidélité et de jalousie (15% des cas). Ils peuvent être accompagnés d’une agressivité chez une personne ayant des antécédents psychiatriques. Le délire du compagnon tardif est typique de la démence. Le sujet reconstruit une nouvelle réalité où des personnes du passé ou fantasmatiques viennent lui tenir compagnie.

    Au fur et à mesure que la maladie s’aggrave, les idées délirantes ont pour but de combler le vide grandissant provoqué par la perte de mémoire, et puisent dans le reste de souvenirs encore intacts chez le patient.

    On observe des délires d’identification au cours desquelles le patient, souffrant de troubles gnosiques, mnésiques et du jugement, perçoit de manière déformée les personnes ou les objets, entraînant des situations mal vécues par l’entourage.

    Ainsi, le conjoint peut être pris par exemple pour un imposteur (c’est le syndrome de Capgras), ou bien le patient est convaincu que des personnes prennent l’apparence d’autres (c’est le syndrome de Fregoli), souffre d’un trouble de l’identification de soi dans le miroir (prosopagnosie), a la conviction de la présence de personnes dans la maison, de la certitude que les personnages de la télévision sont dans la pièce et volent les pensées, etc. Ces troubles suscitent de l’anxiété et/ou des troubles comportemenatux (agitation, errance).

    La démence secondaire à la maladie de Parkinson

    La démence secondaire à la maladie de Parkinson survient après au moins 5 ans d’évolution. Les hallucinations sont retrouvées dans les trois quarts des cas, et sont essentiellement visuelles.

    Les délires associées à des affections cérébrovasculaires

    Les mini-lésions accroissent le risque de troubles délirants, accompagnés d’hallucinations évoquant la présence d’animaux et de personnes.

    Délire et hallucinations

    Bien que le délire ne doit pas être confondu avec les hallucinations, une personne souffrant de délire peut avoir des hallucinations, mais celles-ci ne sont pas prédominantes.

    Les hallucinations perturbent la faculté des patients de comprendre le monde extérieur. Ce phénomène peut altérer leur capacité d’accomplir des activités de la vie quotidienne et peut nuire à la relation qu’ils entretiennent avec les aidants. La fréquence des hallucinations chez les personnes souffrant de démence varie de 12 à 49 %.

    Les hallucinations visuelles sont les plus fréquentes (jusqu’à 30 % des patients souffrant de démence), et elles sont plus courantes dans la démence modérée que dans la démence légère ou grave.

    Les hallucinations auditives sont présentes dans 10 % des cas de démence.

    Les autres formes d’hallucinations, tactiles et olfactives, sont rares.

    Un type courant d’hallucinations visuelles consiste à observer la présence de certaines personnes chez soi, alors qu’en fait elles n’y sont pas. Dans le cas de la démence de Lewy*, les troubles de l’interprétation reposent avant tout sur des déficits gnosiques, et dans une moindre mesure des troubles mnésiques et des défauts de perception sensorielle. Les déficits gnosiques les plus fréquemment observés sont la prosopagnosie (le patient ne reconnaît pas ses proches; 12% des cas), l’agnosie de soi-même (4% des cas), l’intrusion de personnes dans la vie du patient (6% des cas), ou le syndrome du compagnon fantôme (le patient a la conviction qu’une personne se cache à son domicile (17% des cas). Ces hallucinations nécessitent parfois un traitement quand elles constituent une source de stress. Ce traitement est fonction de l’étiologie.

    La démence à corps de Lewy* se caractérise par la présence d’hallucinations dans 60 % des cas et ceci à un stade précoce (animaux ou personnages familiers vivants ou décédés.

    Il existe une association entre une baisse de l’acuité visuelle et les hallucinations (voir plus haut le syndrome de Bonnet). En effet, un pourcentage significatif de personnes souffrant de démence présentent un déficit visuel (par exemple une agnosie visuelle caractérisée par une difficulté à reconnaître les visages ou les objets), et beaucoup éprouvent des difficultés de perception des contrastes, surtout dans les basses fréquences. En effet, la ligne de démarcation entre les zones d’ombre et de lumière est floue chez les patients déments, ce qui explique en partie le taux élevé des troubles de l’identification et d’hallucinations visuelles.

    Pour prévenir ces hallucinations, il faut évaluer la vue des patients atteints de démence et améliorer l’éclairage du domicile.

    Le diagnostic différentiel

    Le médecin devra écarter le diagnostic de confusion mentale qui peut a priori être confondue avec le délire.

    En effet, lors d’un épisode confusionnel, le patient a des convictions qui sont erronées et persistantes.

    Dans la confusion mentale, le mode de début est brutal, les troubles sont fluctuants et la vigilance est altérée.

    Pour écarter tout doute, le médecin devra déterminer une cause somatique, iatrogène ou toxique.

    Des états délirants peuvent être la conséquence d’une démence à corps de Lewy. Dans ce cas, ils précédent le déclin cognitif, ce qui peut conduire le médecin à poser un mauvais diagnostic.

    La présence de troubles moteurs (akinésie), la survenue de chutes, un examen cérébral et une hypersensibilité aux antipsychotiques*, orientera le médecin vers le diagnostic de cette forme de démence. * Le médecin prescrit généralement un antipsychotique (ou neuroleptique) aux patients atteints de psychose. Si cette psychose est provoquée par une démence à corps de Lewy, le médicament va entraîner des effets secondaires qui aggraveront les troubles moteurs, un des principaux symptômes de cette forme de démence.

    Thérapie

    Si le délire est associé à un autre toruble mental, il faut la triter en priorité.

    Le traitement idéal comprend :

    • un antidépresseur (de type inhibiteur sélectif de la recapture de la sérotonine) dans le cas d’une dépression majeure avec des symptômes psychotiques.
    • un antipsychotique (par exemple le rispéridone ou l’olanzapine) afin de réduire l’anxiété, l’agitation et les troubles du sommeil provoqués par le délire si ce dernier fait partie d’uen schizophrénie.
    • l’acide valproique ou du lithium dans le cas d’un épisode maniaque, avec une benzodiazépine.

    Dans le cas des délires associés aux démences (maladie d’Alzheimer ou une démence à corps de Lewy), les inhibiteurs d’acétylcholinestérase (c’est-à-dire le donépezil, la rivastigmine ou la galantamine) diminueraient les agitations reliées au délire. Le recours aux antipsychotiques est possible, à condition d’être prescrit à faibles doses (1 mg/jour pour la rispéridone, 5 mg/jour pour l’olanzapine) et sur une courte période (deux semaines maximum). En effet, les patients âgés souffrant de démence et recevant un antipsychotique ont une risque accru d’AVC. Les antipsychotiques sont déconseillés dans la démence à corps de Lewy car ils aggravent les troubles moteurs.

    Une approche non pharmacologique sera associée à un traitement médicamenteux.

    Ainsi des séances de psychothérapie seront proposées pour gagner la confiance du patient, afin qu’il puisse exprimer sans réticence ce qui le préoccupe.

    Le psychothérapeute devra accepter les propos délirants du patient, sans pour autant y adhérer.

    L’équipe soignante peut également améliorer les relations entre le patient et la famille et corriger d’éventuels facteurs qui favorisent ces troubles (correction d’un handicap sensoriel, favoriser les relations sociales, réduire le sentiment d’insécurité etc.).

    Une approche non pharmacologique sera associée à un traitement médicamenteux.

    Ainsi des séances de psychothérapie seront proposées pour gagner la confiance du patient, afin qu’il puisse exprimer sans réticence ce qui le préoccupe.

    Le psychothérapeute devra accepter les propos délirants du patient, sans pour autant y adhérer.

    L’équipe soignante peut également améliorer les relations entre le patient et la famille et corriger d’éventuels facteurs qui favorisent ces troubles (handicap sensoriel, absence de relations sociales, sentiment d’insécurité etc.).

    Cas pratique

    Une femme a été traitée pendant plusieurs décennies pour un trouble bipolaire de type 1 avec du lithium. Son traitement a été arrêté car les rechutes étaient fréquentes. De plus le lithium provoquait chez elle une hypothyroïdie.

    Vers l’âge de 70 ans, elle présente des symptômes dépressifs importants accompagnées de pensées délirantes (notamment le délire de persécution).

    Les médecins diagnostiquent une mélancolie délirante.

    Elle est traitée avec un antidépresseur associé à un antipsychotique.

    Son traitement est difficile car, d’une part, elle est persuadée que les médicaments sont prescrits pour aggraver son état physique et que, d’autre part, les aliments sont « empoisonnés » par des médicaments.

    Son état mental et physique se détériorent: retrait social, chutes à répétition, incontinence. Elle refuse de prendre son antidépresseur.

    Des troubles délirants avec hypochondrie se développent : la patiente pense que son foie n’est plus dans son corps et qu’elle ne peut donc absorber les médicaments que les médecins veulent lui donner.

    Un traitement par électroconvulsivothérapie (ECT) est indiqué par les médecins compte tenu de son piètre état nutritionnel. Les médecins obtiennent le consentement écrit d’un des enfants comme le prévoit la loi française (dans le cas présent, les médecins n’ont pu obtenur le consentement de la patiente du fait de son état).

    Au bout d’une dizaine de séances, la patiente présente des signes d’amélioration: amélioration des contacts, diminution du délire de persécution.

    Un anti-dépresseur et un modulateur de l’humeur sont prescrits.

    La patiente accepte cette fois-ci ces traitements.

    Les troubles délirants diminuent d’intensité et son état s’améliore : elle discute avec le personnel soignant, lit, se lave seule, bouge etc. son humeur est stable.

    Elle rentrera chez elle et bénéficiera d’une aide à domicile.