Diencéphale

Jeu de mémoire 32

Joseph Wolpe

Taxes sur le sucre, les cigarettes et l’alcool : ont-elles un effet positif sur la santé des Canadiens ?

Téléconsultation ou visite médicale en personne après la pandémie ?

Activité physique : efficacité contre la maladie d’Alzheimer ?

Dépendance à l’alcool : quels sont les médicaments

L’inflammation joue un rôle dans la maladie d’Alzheimer

Maladie de Parkinson

Hormonothérapie

Author Archives: Stéphane Bastianetto

  1. Diencéphale

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    Le diencéphale est l’une des deux parties clés du cerveau antérieur, c’est-à-dire le prosencéphale. La deuxième partie clé est le télencéphale ou le cerveau. 

    Sa position n’est pas visible à l’œil nu depuis l’extérieur de la surface du cerveau car le diencéphale est en effet caché sous les hémisphères cérébraux.

    Le diencéphale occupe la partie centrale du cerveau. Anatomiquement, on peut dire qu’il a une position centrale, en prolongement direct du tronc cérébral. C’est une partie intermédiaire du cerveau comprenant le thalamus, l’hypothalamus et l’épiphyse.

    Embryologie

    La partie la plus antérieure des vésicules cérébrales de l’embryon donne naissance au prosencéphale du cerveau fœtal. Vers la 5e semaine de développement, le prosencéphale se subdivise en un télencéphale (qui se différencie pour former les hémisphères cérébraux) et un diencéphale.

    C’est une partie très importante de notre cerveau car de nombreux centres y sont situés. De plus, des nerfs extrêmement sensibles traversent cette partie du cerveau. Le diencéphale se situe au sommet du tronc cérébral et est fermé par les hémisphères cérébraux. Il se compose de quatre parties clés :

    D’autres structures sont incluses dans le diencéphale telles que la glande pinéale, les noyaux paraventriculaires, la commissure et les noyaux habénulaires.

    La glande pinéale est une petite structure piriforme située près de la paroi du troisième ventricule. C’est une glande endocrine d’une importance considérable qui se compose de cellules appelées pinéalocytes, qui sécrètent de la mélatonine en réponse à l’obscurité.

    Fonctions du diencéphale

    • Centres du système nerveux autonome
    • Centre de régulation de la chaleur corporelle
    • Régulateur de la faim et de la soif
    • Centres de fonctionnement du
      système nerveux végétatif

    De plus, cette partie de notre cerveau est directement responsable de la connexion des parties du système endocrinien avec le système nerveux. De plus, il est interconnecté avec le système limbique. 

    Le diencéphale relie le système limbique, les noyaux gris centraux et les zones sensorielles visuelles et auditives. De ce fait, il joue un rôle important dans nos émotions, nos activités motrices et notre coordination.

    Par exemple, les noyaux spécifiques servent de relais aux afférences sensorielles vers le cortex, notamment :

    • La vision et l’audition (corps genouillé)
    • La sensiblité du corps (noyau ventropostérieur)
  2. Jeu de mémoire 32

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    Exercice 1

    Regardez attentivement ces six cubes

    fig34a

     

    Exercice 2

    Complétez cette suite de lettres

    K – N – Q – T – ?

     

    Question relative à l’exercice 1

    Deux cubes ont été inversés: lesquels?

    fig34b

     

    Exercice 3

    Trouvez le mot intrus

    BROCHET-BAR-THON-LOUP-SARDINE

    Exercice 4

    Par ces mots, quel est celui dont le sens est le plus éloigné du mot RAPIDE?

    Agile, précipité, véloce, grand, vif

    Solution du test en bas de page 

    Solution

    Exercice 1
    Jaune et bleu (4 points)

    Exercice 2
    W. Les lettres sont séparées par deux autres lettres (2 points)

    Exercice 3
    BROCHET: c’est le seul poisson de rivière (2 points).

    Exercice 4
    Grand (2 points).

    Barème
    Le score maximum est de 10 points

    8-10: très bon
    4-7: bon
    0-3: vous ferez mieux la prochaine fois !

  3. Joseph Wolpe

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    Joseph Wolpe (1915 – 1997) était un psychologue américain né en Afrique du Sud, célèbre pour ses travaux sur la désensibilisation et la formation à l’affirmation de soi. 

    Les techniques de Joseph Wolpe utilisées dans le traitement des phobies et de l’anxiété ont servi de base à la thérapie comportementale moderne. Il a développé l’échelle des unités subjectives de perturbation (SUDS) pour évaluer le niveau d’inconfort subjectif ou de douleur psychologique.

    Bien que ses idées ont d’abord été critiquées – notamment par les psychanalystes dont l’approche était dominante à l’époque – parce que ne traitant que les symptômes et non les causes sous-jacentes, son traitement s’est avéré efficace. 

    Beaucoup ont bénéficié d’une thérapie basée sur ses idées, faisant face à leurs peurs et les surmontant, avec une amélioration majeure de la qualité de leur vie. Ainsi, le travail de Joseph Wolpe est considéré comme une contribution précieuse pour réduire la souffrance de nombreuses personnes.

    Vie de Joseph Wolpe

    Il est né le 20 avril 1915 à Johannesburg, en Afrique du Sud et y a fait ses études. Il a obtenu son doctorat en médecine à l’Université de Witwatersrand, à Johannesburg.

    Lorsque la Seconde Guerre mondiale a éclaté, Wolpe a travaillé en tant que médecin dans un hôpital psychiatrique militaire. Il a soigné des patients souffrant de trouble de stress post-traumatique. Il a d’abord commencé à travailler sur la désensibilisation systématique pendant cette période.

    Après la guerre, Wolpe a travaillé à l’Université de Witwatersrand. Il a développé sa technique de désensibilisation systématique et a mené une série d’études.

    Wolpe a ensuite immigré après la guerre avec sa famille aux États-Unis et a commencé à enseigner à l’Université de Virginie en 1960. En 1965, il est devenu professeur de psychiatrie à la Temple University Medical School de Philadelphie, poste qu’il a occupé jusqu’à sa retraite en 1988. Il était également directeur de l’unité de thérapie comportementale à l’Institut psychiatrique en Pennsylvanie, situé à proximité.

    Wolpe a fondé l’Association pour l’avancement de la thérapie comportementale et le Journal of Behavior Therapy and Experimental Psychiatry.

    Josepth Wolpe a pris sa retraite de Temple en 1988. Il est décédé d’un cancer le 4 décembre 1997.

    Son travail

    Joseph Wolpe a soigné des soldats souffrant de troubles de stress post-traumatique, alors connus sous le nom de « névrose de guerre ». Comme le traitement standard de la pharmacothérapie s’est avéré inefficace, Wolpe a décidé de trouver des méthodes de traitement alternatives. Il a développé une technique de désensibilisation, un type de thérapie comportementale qui utilise des méthodes de relaxation pour gérer les réactions de peur et d’anxiété.

    Sa technique de désensibilisation systématique était fondée sur la conviction qu’une grande partie du comportement humain est apprise et, en tant que telle, pourrait également être désappris. 

    Joseph Wolpe a d’abord expérimenté avec des chats. Il a utilisé le conditionnement classique pavlovien, associant un choc désagréable à certains sons pour conditionner les chats à réagir avec peur face à ces sons. Une fois que les chats ont commencé à réagir avec peur aux sons présentés seuls, Wolpe renversait l’expérience et commençait à associer ces sons à un stimulus agréable : la nourriture. 

    Après plusieurs séances, les chats désapprenaient progressivement leur peur. Wolpe a suggéré que des techniques similaires pourraient être appliquées dans le traitement des phobies, et il a développé une méthode de relaxation et d’exposition progressive à un objet désagréable jusqu’à ce que la phobie disparaisse progressivement.

    En 1958, Wolpe publie sa Psychothérapie par inhibition réciproque, dans laquelle il révèle ses idées. Il a affirmé qu’il était possible de traiter les symptômes de l’anxiété ou des phobies en apprenant aux patients à se détendre et à affronter leurs peurs. Le livre a été accueilli avec scepticisme et dédain par la communauté psychiatrique. Formés dans la tradition psychanalytique , ils pensaient que la méthode de Wolpe ne s’attaquait pas à la « cause » des névroses , mais seulement à la surface de celle-ci. Ils pensaient que la thérapie conduirait inévitablement à une « substitution des symptômes » et non à une guérison. La thérapie de Wolpe, cependant, a fait ses preuves et a continué à être utilisé comme un traitement psychothérapeutique moderne.

    Wolpe a développé une théorie de l’apprentissage appelée inhibition réciproque. Les comportements réciproques sont des comportements qui se font concurrence. Si une situation suscitait une certaine réponse, le nouveau stimulus introduit pourrait provoquer une réponse différente, et l’ancienne réaction pourrait être affaiblie. Au fur et à mesure que le sujet réagit de manière alternative, un nouvel apprentissage se produit et l’ancien comportement disparaît progressivement complètement.

    Wolpe a également travaillé sur la formation à l’affirmation de soi. L’idée derrière cela est similaire à la désensibilisation systématique. Les personnes qui ne s’affirment pas sont similaires aux personnes souffrant de phobies, seule la peur est celle de la confrontation ou du rejet. Ces personnes désapprennent leurs peurs et apprennent progressivement de nouveaux comportements. Wolpe leur a appris à se détendre dans une situation stressante et à vaincre leurs peurs.

    Joseph développe l’échelle des unités subjectives de perturbation

    En 1969, Wolpe a développé l’échelle des unités subjectives de perturbation (SUDS) pour évaluer le niveau d’inconfort subjectif ou de douleur psychologique. Il s’agit d’une échelle de 0 à 10 pour mesurer l’intensité subjective de la perturbation ou de la détresse actuellement vécue, où 0 représente aucune perturbation et 10 représente la pire perturbation que le sujet puisse imaginer. L’individu fait une auto-évaluation de sa position sur l’échelle. Le score SUDS est utile comme référence pour un professionnel pour évaluer les progrès du traitement. La mesure est prise à plusieurs intervalles au cours du traitement de chaque souvenir bouleversant ou de situation phobique, et le traitement est généralement poursuivi jusqu’à ce que le SUDS atteigne 0.

    L’évaluation sur l’échelle est entièrement subjective. Elle est essentiellement décrite comme suit :

    10  : Se sent insupportablement mal, hors de contrôle, comme dans une dépression nerveuse, accablé.

    9 : Se sentir désespéré, perdre le contrôle de ses émotions.

    8 : être proche de la perte de contrôle.

    7 : être à la limite de certains sentiments mauvais. Garde difficilement le contrôle.

    6 : se sentir mal au point que le sujet commence à penser que quelque chose devrait être fait.

    5 : être modérément contrarié, mal à l’aise. Les sentiments désagréables sont toujours gérables avec un certain effort.

    4 : être quelque peu contrarié, au point que le sujet ne peut pas facilement ignorer une pensée désagréable ; se sentir mal à l’aise.

    3 : Légèrement contrarié, inquiet, dérangé au point que le sujet s’en aperçoive.

    2 : Un peu contrarié, mais pas perceptible à moins que le sujet ne prête attention à ses sentiments et réalise ensuite qu’il y a quelque chose qui le tracasse.

    1 : se sentir fondamentalement bien. Si le sujet fait un effort particulier, il peut ressentir quelque chose de désagréable, mais de manière très légère.

    0 : être serein.

    L’héritage de Joseph Wolpe

    Wolpe était un pionnier de la thérapie cognitivo-comportementale. Ses techniques de désensibilisation systématique, conçues pour guérir les phobies et l’anxiété, ainsi que ses méthodes utilisées dans l’entraînement à l’affirmation de soi ont fourni la base de la thérapie comportementale moderne. Son échelle d’unités subjectives de perturbation a été utilisée avec succès dans de nombreuses techniques psychothérapeutiques, notamment la thérapie axée sur les traumatismes.

  4. Taxes sur le sucre, les cigarettes et l’alcool : ont-elles un effet positif sur la santé des Canadiens ?

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    Faut-il taxer tout ce qui a un rapport au tabac, à l’alcool ou au sucre ? Le débat est ouvert depuis que se multiplient les études scientifiques et économiques à ce sujet. Pour les défenseurs de la taxation de ces produits, les résultats ne peuvent être que positifs : en augmentant les prix, les gens baisseront leur consommation. Ceci aura pour effet de réduire les problèmes de santé en lien direct avec cette consommation tout en apportant davantage de recettes aux finances publiques.

    Est-ce une mesure efficace alors que certains détracteurs de la taxation estiment le contraire ? Au Québec, la consommation de sucre de la population excède le niveau maximum recommandé par l’OMS, selon l’institut national de santé publique. Ce dernier préconise donc la taxation du sucre mais aussi de l’alcool et du tabac dans un but de protéger la population et de réduire les dépenses publiques car le système de santé doit ensuite assumer les coûts des maladies liées à la mauvaise alimentation des citoyens.

    Le secteur dentaire préconise la prévention

    Les professionnels de la santé du Canada dont les disciplines sont directement concernées par la surconsommation de tabac, alcool ou sucre suivent la recommandation de l’institut national de santé publique. Si l’on prend l’exemple du secteur dentaire, l’Association Dentaire Canadienne (ADC) publie régulièrement des rapports pour vanter une alimentation plus saine afin de préserver la dentition. Les dents sont en effet souvent impactées par la consommation régulière de tabac, café, sodas, sucreries ou alcool, comme le souligne le cabinet Altima Dental Brockville, spécialisé dans la prévention et les soins dentaires. Les cabinets dentaires ont effectivement un rôle pédagogique à jouer afin d’aider leurs patients à adopter les bonnes pratiques en matière d’hygiène dentaire mais aussi d’alimentation.

    Faut-il alors davantage sensibiliser plutôt que taxer ? En 2018, un rapport de l’OMS préconise de ne pas taxer les boissons sucrées mais plutôt le tabac ou l’alcool dans le but de lutter contre les problèmes de santé en lien avec ces produits. Ce rapport avait surpris les professionnels de santé qui estimaient plus juste de taxer l’ensemble de ces produits. Une étude de l’agence Pubmed affirme en effet qu’en augmentant de 10 % le prix de l’alcool, ses ventes vont diminuer de 4 à 5 %. Concrètement, ce sont les plus gros consommateurs qui vont être impactés, provoquant une baisse des achats et donc des risques de maladie. Dans les pays ayant augmenté drastiquement le prix d’un paquet de cigarettes, par exemple, la consommation de tabac a nettement chuté. En revanche, pour les consommateurs occasionnels et modérés, la hausse des prix ne change rien à leurs habitudes car elle a un faible impact sur eux.

    Cette statistique contrecarre donc les arguments des détracteurs de la taxation qui estiment que, quoi qu’il arrive, un consommateur régulier continuera d’acheter ses produits habituels. Au contraire, il parait clair que la hausse des prix via les taxes engendre une baisse de la consommation individuelle. L’effet ne peut donc qu’être positif sur l’état de santé des populations, ce qui permet aussi au système de santé public d’être moins impacté par les conséquences de la consommation de tabac, alcool ou sucre. Comme le dit justement le proverbe : « mieux vaut prévenir que guérir. »

    Pour les adversaires de ces taxes, l’argument repose sur une autre interprétation : le consommateur régulier continuera, quoi qu’il arrive, de se procurer ces produits. L’augmentation des prix va donc seulement l’impacter financièrement sans résoudre le problème de santé publique.

  5. Téléconsultation ou visite médicale en personne après la pandémie ?

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    La plupart des Américains sont prêts à continuer à utiliser la téléconsultation après la pandémie de COVID-19 mais préfèrent les soins en personne, selon les résultats d’une enquête publiée dans JAMA Network Open. 

    Ceux qui préféraient les visites étaient plus sensibles à la question des frais remboursables, car une augmentation de 20 $ était notée chez les personnes passant des visites par visioconférence.

    Les patients peuvent aimer la téléconsultation dans certaines circonstances, par exemple lorsqu’ils ont besoin de soins pour des problèmes de santé mineurs », a déclaré l’auteur principal Zachary S. Predmore, chercheur associé en politiques à la RAND Corporation, organisme à but non lucratif. Mais leur volonté d’utiliser la téléconsultation est très sensible aux coûts. Les patients peuvent ne pas percevoir les visites vidéo comme ayant la même valeur que les soins de santé en personne.

    Bien que l’utilisation de la télésanté ait considérablement augmenté pendant la pandémie de COVID-19, on ne sait pas comment cette technologie sera utilisée après la pandémie, les premières indices suggérant que l’utilisation de la télésanté diminue à mesure que les professionnels et les patients reprennent les soins en personne. Les programmes fédéraux tels que Medicare et les assureurs privés évaluent si et comment payer pour la télésanté de routine à l’avenir.

    Conception de l’étude et principales conclusions

    Les chercheurs ont interrogé un échantillon représentatif de 2080 adultes américains (âge moyen, 51 ans ; 52 % de femmes) pour leur poser des questions sur leurs expériences avec la télésanté et leurs préférences pour les soins en personne ou les visites vidéo pour les soins non urgents à l’avenir selon différents scénarios.

    Plus de la moitié des participants à l’enquête (53 %) préféraient les soins en personne lorsque les dépenses personnelles n’étaient pas un facteur, mais 67 % préféraient également quelques visites vidéo si nécessaire. 

    Ceux qui étaient plus jeunes, avaient des revenus plus élevés et des niveaux d’éducation plus élevés étaient plus susceptibles de préférer les visites de télésanté.

    Les résultats montrent que bien que de nombreux participants aient utilisé la téléconsultation pour la première fois pendant la pandémie par nécessité, leurs expériences ont été suffisamment positives pour qu’ils utilisent à nouveau de tels services », a déclaré le Dr Predmore. Seulement 2% de ceux qui ont déjà eu une visite vidéo n’étaient pas disposés à le faire à nouveau.

    Les coûts jouent dans les préférences

    Parmi ceux qui préféraient initialement une consultation en personne, un quart ont préféré par la suite une visite en visio même si les coûts étaient plus élevés.  

    Cependant, parmi ceux qui préféraient initialement une visite à distance, 62 % ont préféré par la suite une visite en personne car ils étaient sensibles aux coûts relatifs plus élevés des téléconsultations.

    Environ 34 % des participants ne voyaient aucun rôle futur de la téléconsultation dans leurs soins médicaux; ces patients étaient généralement plus âgés, avaient des revenus plus faibles, vivaient dans des zones plus rurales et avaient un niveau d’éducation inférieur.

    Source: Predmore ZS et coll. Assessment of patient preferences for telehealth in post-COVID-19 pandemic health care. JAMA Netw Open. 2021;4(12):e2136405.

  6. Activité physique : efficacité contre la maladie d’Alzheimer ?

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    L’activité physique a plusieurs effets bénéfiques sur les patients atteints de la maladie d’Alzheimer , que ce soit sur la qualité de vie, les fonctions exécutives, le bien-être psychologique et la fonction motrice.

    L’activité physique améliore les fonctions exécutives chez des personnes atteintes d’Alzheimer

    Des chercheurs ont comparé l’efficacité de deux programmes d’exercice effectués à domicile ou en groupe, à raison de deux séances hebdomadaire d’une heure. Les 210 participants ont subi des tests de mesure d’évaluation de leurs fonctions cognitives après 3, 6, et 9 mois d’activité.

    Les résultats ont montré que le programme d’activités effectuées à la maison améliore au bout d’un an les fonctions exécutives, comparés au groupe contrôle qui avait reçu des soins standards.

    Cependant, ces effets sont modestes. De plus, aucun bénéfice n’a été rapporté sur la mémoire, en particulier la sémantique et la cognition globale.

    Ces données confirment que l’activité a un impact positif sur les fonctions exécutives.  Seuls les exercices effectués à la maison sont efficaces, ce qui peut s’expliquer par le fait que ce programme d’entraînement demande à la fois un effort physique (avec une augmentation de la circulation sanguine dans le cerveau) et cognitif (avec une augmentation de l’activité du lobe frontal, une zone du cerveau impliquée dans les fonctions exécutives.

    Source: Hannareeta Öhman et coll. Effects of Exercise on Cognition: The Finnish Alzheimer Disease Exercise Trial, J Am Geriatr Soc. 2016;64(4):731-738. 

    L’exercice semble améliorer le bien-être psychologique et physique

    Telle est la conclusion d’une étude conduite par l’Association britannique Alzheimer au printemps 2014.

    Ce programme stimule à la fois les fonctions cognitives et motrices en incluant des exercices de yoga, de tai chi, de qigong et de la méditation, accompagnés d’exercices physiques standards.

    Les chercheurs ont montré que ce programme qui se focalise sur le corps et l’esprit améliore la qualité de vie des patients atteints de démence.

    Chaque session se termine par une activité de méditation courte focalisé sur la respiration et la conscience.

    Quinze individus âgés de 52 à 86 ans ont participé à ce programme de six sessions, dont huit atteints de démence et cinq aidants. Le taux de participation était de 70%.

    Non seulement ces personnes ont aimé participer à ces sessions mais ont vu leur capacité mnésique s’améliorer puisqu’elles arrivaient à se souvenir de la séquence de mouvements qui accompagnaient la musique. Ainsi, la mémoire procédurale était préservée.

    Enfin, les sessions pourraient avoir un effet bénéfique sur les aidants.

    L’activité physique pourrait-elle ralentir le déclin physique dans la maladie d’Alzheimer ? 

    La réponse est oui si on lit les conclusions de cette étude réalisée sur  210 personnes atteinte d’Alzheimer d’intensité modérée à sévère (âge moyen : 78 ans).

    Trois groupes ont été constitués:

    1. Un groupe qui pratiquait une activité physique à la maison avec l’aide d’un physiothérapeute, avec des exercices adaptés aux besoins et aux capacités spécifiques de chaque personne. Les exercices étaient pratiqués une heure deux fois par semaine.
    2.  Un groupe qui pratiquait une activité physique dans un centre de réadaptation, avec un mélange d’exercices d’endurance, d’équilibre et de musculation encadrés par des physiothérapeutes. Les exercices étaient pratiqués une heure deux fois par semaine.
    3. Un troisième groupe qui ne pratiquait pas d’exercice mais qui recevait des conseils auprès d’infirmières sur la nutrition et l’exercice.

    Résultats: Après un an, les capacités physiques s’étaient détériorées dans tous les groupes, mais la baisse était plus lente dans le groupe 1 et, dans une moindre mesure, dans le groupe 2, comparée au groupe 3.

    Les auteurs ont noté qu’un ralentissement du déclin physique signifie moins de besoins de la part du malade durant le jour.

    A noter que l’étude n’a pas comparé l’efficacité relative des types spécifiques d’exercice. Les physiothérapeutes qui ont participé à l’étude ont été formés pour s’occuper des personnes atteintes de démence. La moins bonne performance du groupe 2 s’expliquerait par le fait que les gens atteints de démence n’aiment souvent pas les activités de groupe. Source:  JAMA médecine interne, 15 avril 2013.

    Dans une autre étude, il a été montré que les travaux ménagers étaient liés à une fonction cognitive supérieure chez les personnes âgées

    Shuen Yee Lee (Singapore Institute of Technology) et ses collègues ont examiné les associations entre les travaux ménagers et la santé fonctionnelle chez les adultes vivant dans la communauté séparés entre les plus jeunes (<65 ans ; 249 participants) et les plus âgés (≥65 ans ; 240 participants).

    Les chercheurs ont découvert que parmi les adultes plus âgés mais pas les plus jeunes, les scores qui évaluent l’état neuropsychologique étaient plus élevés dans les groupes de tâches ménagères élevées comparés aux groupes à tâches ménagères faibles. Les travaux ménagers d’intensité élevée étaient associés à un score d’attention supérieur de 14 %, et les travaux ménagers légers étaient associés à un score de mémoire différée de 8 % supérieur. Source: Lee S et coll.Cross-sectional associations of housework with cognitive, physical and sensorimotor functions in younger and older community-dwelling adults: the Yishun Study. BMJ Open 2021;11:e052557. 

    Les exercices physiques chez les personnes âgées avec troubles cognitifs sont-elles efficaces ?

    Il y a une relation importante entre les fonctions cognitives et motrices chez les aînés : ceux qui ont une activité physique ont un risque moindre de trouble cognitif, alors que ceux souffrant d’un déficit cognitif s’accompagnant d’un ralentissement de leur fonction motrice (ex. marche) sont plus enclins de souffrir d’une démence plus tard.

    Les fonctions motrices faisant appel aux fonctions cognitives (appelées fonctions motrices complexes) sont déficientes au stade précoce de la démence. Par exemple, les patients Alzheimer ont des difficultés à exécuter deux tâches à la fois (par exemple ils ont tendance à ralentir leur marche lorsqu’on leur demande simultanément de compter à rebours).

    Les fonctions motrices de base (c.-à-d. les fonctions motrices qui ne dépendent pas des fonctions cognitives), sont également amoindries chez les patients atteints de démence, entraînant une activité physique réduite. Au stade avancé de la maladie, les déficits moteurs sont plus prononcés, avec tremblements, rigidité, bradykinésie, instabilité posturale et contractures. Les personnes souffrant de démence (en particulier celles souffrant de démences vasculaires et à corps de Lewy) ont 3 fois plus de risque de chuter et d’être victimes d’un accident grave (fracture de la hanche), voire de mourir.

    Une revue médicale (Am J Phys Med Rehabil 2006;85 : 847–857) a eu pour objectif de déterminer si les aînés ayant des déficits cognitifs pouvaient tirer bénéfice d’un entraînement physique, dans le but d’améliorer leur fonction motrice et/ou réduire le risque de chute.

    Les résultats portant 11 études réalisées entre 1966 et 2004, indiquent que l’efficacité des programmes physiques pour personnes atteintes de démence est controversée. En effet, beaucoup d’études manquent de méthodologies rigoureuses, qui peuvent biaisent les résultats.

    En conclusion, L’effet bénéfique des programmes d’entraînement chez les personnes âgées avec déficit cognitif doit être confirmé.

    L’activité physique améliore le niveau de vie des personnes atteintes d’Alzheimer

    Trois équipes de chercheurs ont examiné l’impact d’une activité physique sur les différentes formes de démences.

    Dans la première étude, les chercheurs danois de Copenhague ont étudié 200 patients entre 50 et 90 ans atteints de la maladie d’Alzheimer. Le premier groupe a suivi un programme d’exercices physiques comprenant 48 séances de 60 minutes (3 fois par semaine pendant 16 semaines), alors que le groupe contrôle n’a reçu que des soins classiques exempts de pratique sportive.

    Résultats : les patients du premier groupe présentaient moins de troubles de l’humeur (anxiété, dépression) et étaient moins irritables que le groupe contrôle.

    La deuxième étude démontrea que l’activité physique diminue l’une des deux lésions caractéristiques de la maladie d’Alzheimer, à savoir les protéines tau qui s’accumulent dans les neurones. 65 patients âgés de 55 à 89 ans atteints de troubles légers ont suivi soit un programme d’entraînement aérobique, soit des séances d’étirement quatre fois par semaine. Après 6 mois, les chercheurs américains (Wake Forest University Health Sciences de Winston Salemn) ont rapporté une baisse significative des niveaux de protéine Tau chez les individus ayant pratiqué activement du sport.

    La dernière étude a eu pour but d’examiner les effets du sport sur la cognition chez des patients victimes d’une démence vasculaire. Le premier groupe a bénéficié d’un entraînement physique trois fois par semaine pendant 60 minutes, alors que le groupe contrôle a reçu des soins standard. 62 patients âgés de 56 à 96 ans ont participé à l’étude. Les chercheurs américains de l’Université de Colombie britannique ont observé que les patients du groupe « entraînement physique » présentaient une amélioration de la mémoire et de l’attention.

    Source : La conférence Alzheimer’s Association International Conference (AAIC), juillet 2015.

    L’activité physique, même légère, réduit le risque d’Alzheimer

    Une étude prospective, portant sur plus de 700 octogénaires, indique l’exercice physique, mais aussi les activités de la vie quotidienne (faire la cuisine, la vaisselle, le ménage, jouer aux cartes) sont associées à une réduction du risque de maladie d’Alzheimer.

    Ces résultats suggèrent que des activités quotidiennes courantes, qui ne nécessitent pas un effort soutenu, maintiennent les performances cognitives. 

    Ils confirment les résultats des autres études sur les effets bénéfiques de l’activité physique sur la maladie d’Alzheimer.

    Selon l’étude, les personnes dans le groupe des 10 % les plus actives ont une probabilité réduite de moitié de développer une maladie d’Alzheimer, comparées au groupe des 10 % les moins actives. 

    L’activité physique et non physique des participants a été mesurée à l’aide d’un actigraphe placé au poignet, pendant les quatre ans de la durée de l’étude. Les sujets ont subi en parallèle des tests annuels évaluant la mémoire, l’attention, le raisonnement etc. 

    Les fonctions cognitives concernées par l’amélioration sont observées la mémoire épisodique, la mémoire de travail et la vitesse de perception. 

    Fait intéressant, une activité physique même d’intensité légère telle que faire la cuisine et le ménage, mais aussi jouer aux cartes est associée à une réduction de la survenue d’un Alzheimer (Source : Neurology).

    Une autre étude, menée par le Dr. J. Smith (Université du Maryland), fournit un nouvel espoir pour ceux qui sont diagnostiqués avec un trouble cognitif léger.

    C’est la première étude montrant qu’un programme d’exercice d’intensité modérée améliore, chez des personnes âgées avec un trouble cognitif léger :

    • la mémoire sémantique et la mémoire de rappel;
    • l’activité neuronale, mesurée par imagerie par résonance magnétique fonctionnelle.

    « Aucune étude n’a démontré qu’un médicament puisse avoir la même efficacité que l’exercice » dit Dr. Smith.

    Deux groupes physiquement inactifs (âgés de 60 à 88 années, 78 ans en moyenne) ont marché pendant 12 semaines sur un tapis roulant avec l’assistance d’un entraîneur personnel. L’un de ces deux groupes était composé de patients pratiquant l’activité physique. Une activité physique d’intensité modérée se caractérise par un effort  qui augmente votre fréquence cardiaque et vous incite à suer, mais qui ne vous empêche pas de tenir simultanément une conversation. Il est recommandé de faire 150 minutes d’activité par semaine.

    Les chercheurs ont demandé aux  participants d’identifier des noms célèbres.

    L’autre test de mémoire a consisté à demander aux participants de mémoriser une liste de 15 mots. L’examinateur fait passer une épreuve de courte durée afin de lui détourner l’attention. L’examinateur demande par la suite aux participants de citer les mots en lui fournissant si nécessaire des indices sémantiques.

    Ces tâches ont été effectuées avant et après les exercices.

    Les chercheurs ont mesuré en parallèle l’activité de leur cerveau. Les régions de cerveau dont l’activité s’est améliorée après les exercices sont celles qui sont touchées dans la maladie d’Alzheimer, en particulier  le lobe temporal et les circonvolutions cérébrales autour de l’hippocampe.

    Les participants ¨sportifs¨ ont ainsi amélioré l’efficacité de leurs cellules nerveuses, c’est-à-dire que leur cerveau était moins mise à contribution pour effectuer la même tâche de mémoire.

    Source: Journal of Alzheimer’s disease. Semantic Memory Functional MRI and Cognitive Function after Exercise Intervention in Mild Cognitive Impairment. Juillet 2013.

  7. Dépendance à l’alcool : quels sont les médicaments

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    Il existe des médicaments qui servent à traiter la dépendance liée à l’alcool et qui peuvent être efficaces pour les personnes qui souhaitent arrêter de boire. 

    Bien que certains de ces médicaments existent depuis des décennies, peu de personnes en bénéficient.

    Pourtant, les médicaments prescrits contre les troubles liés à la consommation d’alcool peuvent être efficaces pour les personnes qui souhaitent arrêter de boire ou souhaitent boire beaucoup moins. 

    Trois médicaments sont approuvés par plusieurs agences de santé contre les troubles liés à la consommation d’alcool, et chacun fonctionne différemment.

    Disulfirame

    En 1951, ce fut le premier médicament approuvé par la FDA pour les troubles liés à la consommation d’alcool. Le disulfirame (Antabuse) modifie la façon dont votre corps décompose l’alcool. Si vous buvez en le prenant, vous tomberez malade et vous n’aurez probablement pas envie de boire autant.

    Le disulfirame n’est pas pour tout le monde, cependant. Beaucoup de gens ont du mal à le supporter.

    D’autres personnes pourraient n’avoir besoin de prendre le médicament qu’à des moments où elles savent qu’elles vont être incitées à boire. 

    Le disulfirame inhibe de nombreuses enzymes qui entraînent une élévation de Ia concentration en acétaldéhyde, métabolite de l’alcool éthylique responsable de manifestations déplaisantes : bouffées congestives du visage, nausées et vomissements, sensation de malaise, tachycardie, hypotension.

    Le disulfirame (Antabuse) est un médicament prescrit depuis des décennies dans le traitement de la dépendance à l’alcool

    Naltrexone

    Lorsque vous buvez de l’alcool pendant que vous prenez de la naltrexone, vous pouvez vous sentir ivre, mais vous ne ressentirez pas le plaisir qui l’accompagne habituellement. La naltrexone fait en sorte que cette relation avec l’alcool ne soit pas associée à une récompense.

    Le médicament peut également aider à prévenir la dépendance à l’alcool. Lorsque vous souffrez d’un trouble lié à la consommation d’alcool, le simple fait de penser à l’alcool déclenche une réponse agréable dans le cerveau. La naltrexone peut aider à découpler l’alcool et le plaisir.

    La recherche montre que la naltrexone fonctionne mieux chez les personnes qui ont déjà arrêté de boire depuis au moins 4 jours lorsqu’elles commencent le traitement. 

    L’abstinence totale n’est pas le seul objectif. Le bénéfice peut se traduire par une taux d’abstinence de 30 à 60 jours et moins de jours de consommation excessive d’alcool.

    La naltrexone bloque les récepteurs des opiacés. Son traitement n’entraîne pas de dépendance physique ou psychique.

    Acamprosate

    L’acamprosate est un des médicaments prescrits contre la consommation d’alcool qui atténue les symptômes de sevrage, tels que l’insomnie, l’anxiété et l’agitation qui peuvent durer des mois après l’arrêt de la consommation d’alcool.

    L’acamprosate agit en activant le GABA (abréviation d’acide gamma-aminobutyrique) et en inhibant le glutamate. Le GABA inhibe les neurones et peut aider à contrôler l’anxiété que vous ressentez lorsque ces cellules sont surexcitées. Le glutamate, quant à lui, stimule les cellules nerveuses.

    L’équilibre de ces systèmes dans le cerveau d’une personne qui boit beaucoup depuis longtemps est perturbé. L’acamprosate est conçu pour niveler ces anomalies et fournir une certaine stabilité.

    Comme la naltrexone, l’acamprosate semble mieux fonctionner chez les personnes capables d’arrêter de boire avant de commencer le traitement.

    Autres médicaments contre l’addiction à l’alcool

    Deux autres médicaments, la gabapentine et le topiramate, interagissent également avec les systèmes GABA et glutamate. 

    Des études montrent qu’ils peuvent aider les gens à éviter de boire, à boire moins et à avoir moins de fringales.

    Quels sont les résultats à long terme des médicaments utilisés dans l’abus contre d’alcool ?

    La plupart des recherches rapportent des effets des médicaments sur une période de 6 à 12 mois. L’avantage d’une utilisation à plus long terme est moins clair.

    Mais la question la plus importante peut être : les médicaments seuls contre les abuse d’alcool suffisent-ils à empêcher une personne de boire ?  Les médicaments sont sans doute aussi efficaces que la motivation d’un individu à combattre son addiction.

    Des conseils ou une psychothérapie peuvent aider certaines personnes. Pour d’autres, un suivi régulier avec leur médecin traitant devrait suffire et peut fonctionner.

    Les chercheurs n’ont pas comparé les médicaments contre l’addiction à l’alcool à la psychothérapie seule, et les résultats sont mitigés quant à savoir si la combinaison des deux offre des avantages plus importants que l’un ou l’autre seul. 

  8. L’inflammation joue un rôle dans la maladie d’Alzheimer

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    Une quantité importante de marqueurs de l’inflammation dans le sang servirait à prédire de manière la maladie d’Alzheimer ou autres formes de démence.

    Une étude publiée en 2018 offre de nouvelles perspectives sur la façon dont le cerveau et le reste du corps communiquent.

    La découverte apporte un éclairage nouveau sur la pathologie de la maladie d’Alzheimer ainsi que sur la communication entre le cerveau et le reste du corps. Les résultats ont été publiés dans le Journal of Alzheimer’s Disease.

    Les scientifiques savent depuis longtemps que :

      • la pathologie liée à la maladie d’Alzheimer peut se développer avant que les symptômes cliniques de la maladie d’Alzheimer n’apparaissent et que
      • l’inflammation est une composante essentielle de la maladie.

    Les scientifiques s’attendaient à ce que les marqueurs de l’inflammation dans le liquide céphalorachidien (LCR) soient des prédicteurs plus fiables de la pathologie liée à la maladie d’Alzheimer et des lésions neuronales que ceux présents dans le sang.

    En effet, il faut rappeler que le cerveau est séparé de la circulation sanguine par une « protection » appelé barrière hémato-encéphalique.

    « Les résultats de notre étude suggèrent que bien que les marqueurs de l’inflammation du LCR soient de puissants prédicteurs, les marqueurs inflammatoires du sang le sont aussi ».

    Le cerveau et le corps communiquent

    « De mon point de vue, on avait le sentiment que le sang et ce qui se trouve à la « périphérie » ne sont pas liés au cerveau et que le cerveau et le reste du corps sont complètement séparés ».

    « Je pense que de plus en plus d’indices suggèrent que le cerveau et le corps communiquent. Notre étude montre que les marqueurs de l’inflammation dans le sang peuvent nous dire ce qui se passe à l’intérieur du cerveau. »

    Des études animales récentes ont montré une forte relation entre l’inflammation élevée et la propagation des protéines tau, qui sont associés à la maladie d’Alzheimer.

    Dr. Bettcher a déclaré que les nouveaux résultats pourraient éventuellement servir d’objet à des études plus approfondies visant à développer un test sanguin pour détecter les biomarqueurs de l’inflammation des années avant l’apparition des symptômes de la maladie d’Alzheimer.

    Elle rajoute que l’étude souligne également que l’infammation joue un rôle précoce dans le vieillissement et la maladie d’Alzheimer.

    Bettcher a également souligné que même si les participants avaient des niveaux détectables de marqueurs associés à la maladie d’Alzheimer et des marqueurs de lésions neuronales dans leur LCR, la présence de ces marqueurs ne signifie pas qu’ils développeront nécessairement une maladie d’Alzheimer.

    Source : B. Bettcher et coll. Cerebrospinal Fluid and Plasma Levels of Inflammation Differentially Relate to CNS Markers of Alzheimer’s Disease Pathology and Neuronal Damage. Journal of Alzheimer’s Disease, 2018; 62 (1): 385.

    L’inflammation : un préditeur clé de la maladie d’Alzheimer

    Une inflammation qui pourrait être un signal d’alerte pour certaines démences, selon une nouvelle étude.

    «La démence est un syndrome complexe qui résulte souvent de nombreuses causes», a déclaré l’auteur principal de l’étude, le Dr Matthew Pase (Florey Institute for Neuroscience and Mental Health à Melbourne, en Australie).

    L’étude, qui paraît dans la revue Neurology , avait pour objectif de tester le lien entre un marqueur inflammatoire dans le sang (sCD14) et l’apparition de la démence. L’espoir est que ces biomarqueurs ouvriraient finalement la voie à un moyen de prédire la démence.

    En plus des biomarqueurs de la maladie d’Alzheimer (c.-à-d. amyloïde et tau), les biomarqueurs de l’inflammation et des lésions neuronales peuvent aider à améliorer la prédiction de la démence en général.

    La possibilité d’évaluer le risque de démence à l’avance en exploitant des biomarqueurs sanguins est une hypothèse très prometteuse, ce qui peut éventuellement changer le cours de la vie d’une personne.

    « Le développement de biomarqueurs sanguins permettrait d’identifier les participants à risque pour les essais de prévention de la démence», a déclaré le Dr Pase.

    «Les biomarqueurs de l’inflammation présente dans le système nerveux central, tels que le sCD14, sont des candidats prometteurs à étudier, car l’inflammation semble être une voie courante déclenchée par divers mécanismes menant à la démence.

    Les lésions cérébrales qui prédisposent à la démence, qu’elles soient dues à une lésion cérébrale vasculaire, à une maladie d’Alzheimer ou à un traumatisme crânien, s’accompagnent d’une neuroinflammation.

    Cependant, les scientifiques ne comprennent pas complètement le rôle de l’inflammation dans les différents types de démence.

    S’appuyant sur des recherches antérieures réalisée sur des animaux qui suggéraient que la sCD14 aide à réguler la réponse inflammatoire du cerveau, les chercheurs ont entrepris d’étudier son utilisation comme biomarqueur du risque de déclin cognitif et de démence.

    La nouvelle recherche a porté sur plus de 4 700 participants. Dans la première étude, leur âge moyen était de 69 ans, et dans la seconde, de 72 ans. Dans les deux études, les chercheurs ont mesuré la sCD14 plasmatique dans le sang des participants.

    Dans une des études, ils ont effectué une  IRM  cérébrale et des tests cognitifs au cours de la première année et une deuxième série de tests après 7 ans. Ils ont également interrogé les participants sur une durée moyenne de 9 ans.

    Dans la seconde étude, l’équipe a réalisé la première IRM cérébrale dans les 3 ou 4 ans suivant la participation à l’étude et une seconde IRM environ 5 ans plus tard.

    Ce que les chercheurs ont découvert, c’est que des niveaux plus élevés de sCD14 étaient associés aux lésions cérébrales et au vieillissement, ainsi qu’au déclin cognitif.

    Bien qu’il n’y ait pas eu d’essais médicamenteux visant à réduire les niveaux de sCD14 et améliorer la capacité cognitive, il existe des traitements qui utilisent des médicaments anti-inflammatoires tels que les statines pour abaisser la sCD14.

    «Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour valider nos résultats auprès de populations diverses», a déclaré le Dr Pase. 

    «En mesurant la sCD14 dans le sang, il serait intéressant d’examiner dans quelle mesure la sCD14 sanguine reflète l’inflammation dans le cerveau.»

    Enfin, conclut-il, «puisque la démence prend plusieurs formes, il sera important de déterminer quelles combinaisons de biomarqueurs prédisent le mieux le risque de démence future.»

    Un régime favorisant l’inflammation associé à un risque plus élevé de maladie d’Alzheimer

    Selon les résultats d’une étude publiée dans Neurology en 2021, un régime alimentaire pro-inflammatoire élevé (qui favorise l’inflammation) basé sur un score d’indice d’inflammation alimentaire (DII) plus élevé est associé à un risque accru de démence (dont Alzheimer) .

    Des recherches antérieures suggèrent que certains aliments peuvent avoir un effet sur l’inflammation dans le corps. Les chercheurs émettent l’hypothèse que l’alimentation, un facteur modifiable du mode de vie, peut aider à combattre l’inflammation et le risque de démence et de troubles cognitifs. L’objectif de l’étude était d’évaluer les associations entre un régime pro-inflammatoire et le risque de développer une démence.

    Les participants qui avec un potentiel alimentaire pro-inflammatoire maximal étaient 3,1 fois plus susceptibles de développer une démence par rapport aux participants qui avaient le régime alimentaire le moins inflammatoire.

    Il existe donc un lien entre le potentiel inflammatoire du régime alimentaire et le risque de démence incidente.

    Source : Charisis S et al. Diet inflammatory index and dementia incidence: a population-based study. Neurology. Published online November 10, 2021.

  9. Maladie de Parkinson

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    La maladie de Parkinson est la deuxième maladie neurodégénérative la plus fréquente après la maladie d’Alzheimer. Elle a été décrite en 1817 par le médecin anglais James Parkinson. Elle touche le plus souvent la personne âgée.

    Elle est associée à la mort progressive des neurones dopaminergiques, c’est-à-dire des neurones qui produisent le neurotransmetteur appelé dopamine. Ces neurones sont présents dans la substance noire, une région du cerveau impliquée dans le contrôle des mouvements du corps.

    La diminution de la production de la dopamine est donc à l’origine des symptômes moteurs.

    Cependant, d’autres neurones que ceux présents dans la substance noire peuvent être atteints, ce qui explique en partie l’hétérogénéité des signes cliniques.

    Épidémiologie

    La maladie de Parkinson touche 150 000 personnes en France et 100 000 individus au Canada. L’âge moyen des malades lors du premier diagnostic est de 60 ans, avec un cas sur deux avant 45 ans. Des sujets bien plus jeunes peuvent être touchés par des formes génétiques très rares  (seuls 5% de formes sont d’origines génétiques). 8 000 nouveaux cas annnuels sont diagnostiqués en France.

    Les causes de la maladie de Parkinson

    Les causes sont inconnues dans 70-80% des cas. On parle de maladie de Parkinson idiopathique. Seulement 5 % des cas sont d’origine génétique et donc explicables. Il existe cependant des facteurs qui augmentent le risque de développer une maladie de Parkinson, à savoir l’âge et les pesticides. 10 à 20 % de cas sont regroupés sous le terme de syndromes parkinsoniens, provoqués en particulier par un traitement prolongé avec des antipsychotiques (neuroleptiques).

    Diagnostic

    Le diagnostic est posé par un médecin spécialiste qui interroge le patient et son entourage. Il se base sur la présence d’au moins deux des trois symptômes moteurs, à savoir le tremblement au repos, la bradykinésie et la rigidité. Les signes moteurs caractéristiques de la maladie sont par exemple la micrographie (le fait d’écrire plus petit), une dystonie des pieds ou l’apparition précoce de signes non moteurs.

    Aucun examen biologique ou radiologique complémentaire n’est utile. Un examen de neuroimagerie (imagerie par résonance magnétique ou IRM) sera parfois utile pour exclure certaines causes responsables du syndrome parkinsonien.

    Lorsque les symptômes cliniques apparaissent, 50 à 70 % des neurones dopaminergiques sont déjà touchés. En effet, le cerveau arrivant à compenser la perte neuronale grâce à sa plasticité.

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    L’odorat altéré précocement dans les maladies d’Alzheimer et de Parkinson

    Les signes moteurs de la maladie de Parkinson

    • Le tremblement de repos. Il survient lorsque la personne est au repos ou qu’elle se trouve en état de stress ou lorsqu’elle est émotive.  La partie du corps concernée (un membre supérieur, voire un membre inférieur) ne participe à aucun mouvement. Les tremblements diminuent pendant le sommeil.  Il concerne au moins les deux tiers des patients ;
    • la lenteur du mouvement (bradykinésie) qui se caractérise par une marche lente (la personne traîne des pieds) et une (quasi) perte des mouvements (akinésie), ce qui entraîne une diminution de l’expression du visage. Il touche 90 % des patients. Les patients ont par exemple du mal à effectuer de simples gestes tels que lacer leurs chaussures, se brosser les dents, écrire, mettre un bouton de chemise etc.). Ils ont tendance à balancer leurs bras en marchant, ont des troubles de la parole avec une voie monotone.
    • la rigidité des articulations et des muscles. L’individu peut éprouver des douleurs et se sentir faible (ex. elle souffre de crampes soudaines ou ne peut soudainement plus marcher).
    • L’instabilité posturale. Elle est tardive

    Les signes non-moteurs

    • Troubles du sommeil (troubles du comportement du sommeil paradoxal avec perte de l’atonie musculaire);
    • salivation excessive (diminution du réflexe de déglutition);
    • somnolence excessive diurne ;
    • douleurs ;
    • constipation (cela concerne environ 60 % des malades) ;
    • une baisse d’énergie qui peut ressembler à une dépression.
    • dépression ;
    • hallucinations (20% des cas);
    • troubles cognitifs (ex. une difficulté à se concentrer et à porter attention à quelque chose);
    • perte d’odorat.

    A lire : la maladie de Parkinson : les premiers signes

    Symptômes psychologiques

    Dépression

    Environ la moitié souffrirait de dépression, un pourcentage qui varie considérablement d’une étude à une autre. Les facteurs de risque sont le sexe féminin, l’âge précoce de survenue et la durée d’évolution de la maladie. Cette dépression se traduit par un ralentissement, une anhédonie, de l’anxiété, une dysphorie et de l’irritabilité. L’échelle utilisée pour diagnostiquer une dépression est en général l’échelle d’Hamilton. Le traitement de premier choix est un médicament antiparkinsonien ou un antidépresseur.

    Manie

    Les états maniaques sont rares et souvent liés à un surdosage médicamenteux.

    Anxiété 

    Elle touche un peu de la moitié des patients et se trouve souvent associée à la dépression. La prescription d’une benzodiazépine est en générale retenue. Les troubles paniques concernent quant à eux un quart des malades et surviennent dans la quasi totalité des cas en période « off ». On retrouve également des cas de troubles phobiques -traité par psychotropes- et de troubles obsessionnels-compulsifs.

    Certains médicaments antiparkinsoniens sont soupçonner de cause des troubles psychotiques (états confusionnels, hallucinations, idées délirantes, dysphonie) : anticholinergqiues, sélégiline, L-dopa, inhibiteurs de la MAO-B et agonistes dopaminergiques.

    Évolution de la maladie de Parkinson

    Le premier traitement consiste à compense la perte de dopamine, ce qui permettra de contrôler les symptômes de la maladie (tremblements, lenteur et raideur) pendant plusieurs années (c’est ce qu’on appelle la lune de miel)

    Cependant, après plusieurs années, le traitement lui-même va entraîner des symptômes parkinsoniens et des dyskinésies (mouvements anormaux involontaires), phénomène appelé effet «on-off» au cours duquel des périodes de bien-être («on») succèdent aux périodes avec des troubles moteurs («off»). Ainsi, la lévodopa, le médicament de référence, provoque au bout de quelques années des dyskinésies (mouvements anormaux). Un tiers des patients en moyenne connaissent ces dyskinésies.

    Puis, apparaît une troisième période durant laquelle d’autres symptômes apparaissent ou s’aggravent sans que les traitements puissent avoir une quelconque efficacité : troubles de la marche avec perte d’équilibre, difficulté à parler (dysarthrie), troubles comportementaux (ex. confusion, repli sur soi).

    Comorbidité

    Des maladies sont associées à la maladie de Parkinson : maladies rhumatismales (cyphose, ostéoporose, arthrose, déformations des extrémités) ou cardiovasculaires.

    Traitements médicamenteux

    Les seuls traitements disponibles prennent en charge les symptômes de la maladie en compensant le manque de dopamine dans le cerveau :

    • lévodopa, ou L-dopa, précurseur immédiat de la dopamine, c’est-à-dire que ce médicament se transforme en dopamine dans le cerveau ;
    • les agonistes de la dopamine sont des molécules qui imitent les effets de la dopamine sur les neurones (ex. bromocriptine, pergolide, pramipexole, ropinirole, rotigotine). Bien que les dyskinésies soient rares avec les agonistes dopaminergiques, ces médicaments produisent parfois des comportements addictifs reliés à la production de dopamine (ex. crises de jalousie incessantes, addiction au jeu et au sexe) ;
    • les inhibiteurs de la mono-amine oxydase B et de la COMT, qui sont des médicaments qui inhibent les enzymes qui dégradent la dopamine du cerveau (ex. rasagiline, entacapone).
    • Les anticholinergiques qui diminuent les symptômes provoqués par le manque de dopamine (ex. benztropine).

    Les traitements sont efficaces et relativement faciles à suivre pendant la période dite de la lune de miel mais deviennent contraignants pour les malades. De plus, ils ne sont pas toujours efficaces pour réduire les symptômes non moteurs.

    Par rapport au traitement avec des agonistes de la dopamine, le traitement initial avec la lévodopa a procuré un bénéfice moteur supérieur, tandis que la lévodopa était plus susceptible de provoquer une dyskinésie que les agonistes de la dopamine.

    Le traitement initial avec la lévodopa offre un bénéfice moteur supérieur par rapport aux agonistes de la dopamine pour la maladie de Parkinson précoce, selon un rapport du sous-comité des directives de l’Académie américaine de neurologie publié en ligne le 15 novembre dans Neurology .

    Tamara Pringsheim (Université de Calgary en Alberta) et ses collègues ont examiné les données probantes actuelles sur les options disponibles pour débuter un traitement dopaminergique des symptômes moteurs observés dans la maladie de Parkinson et ont élaboré des recommandations pratiques.

    Les chercheurs ont découvert que, par rapport au traitement avec des agonistes de la dopamine, le traitement initial avec la lévodopa offrait un bénéfice moteur supérieur, tandis que la lévodopa était plus susceptible de provoquer une dyskinésie que les agonistes de la dopamine. 

    « Nous avons soigneusement examiné les travaux sur l’efficacité et les risques possibles des médicaments pour traiter les symptômes moteurs chez les personnes atteintes de la maladie de Parkinson précoce et avons constaté que la lévodopa est généralement le meilleur premier traitement pour ces symptômes », a déclaré Pringsheim dans un communiqué. « Pourtant, il existe des effets secondaires avec la lévodopa ainsi qu’avec d’autres médicaments, et il est donc important qu’une personne nouvellement diagnostiquée avec la maladie de Parkinson discute de toutes les options avec son neurologue avant de décider du meilleur plan de traitement pour elle. » Source : A Report of the AAN Guideline Subcommittee. Dopaminergic Therapy for Motor Symptoms in Early Parkinson Disease Practice Guideline Summary. Neurology Nov 2021, 97 (20) 942-957; DOI: 10.1212/WNL.0000000000012868

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  10. Hormonothérapie

    Commentaires fermés sur Hormonothérapie

    L’hormonothérapie est également thérapie hormonale, traitement hormonal de la ménopause ou thérapie hormonale de remplacement.

    La prise de suppléments d’oestrogènes avant ou au début de la ménopause protège le cerveau des femmes, ce qui peut réduire leur risque de développer une démence.

    Le traitement hormonal est souvent prescrit sous forme de comprimés oraux (c’est la manière la plus répandue), en version transdermique (timbre, crème ou gel) ou vaginale (anneau, crème ou suppositoire), en implant ou en injection.

    Hormonothérapie substitutive et risque de maladie d’Alzheimer : y a-t-il un lien ?

    L’utilisation de l’hormonothérapie de la ménopause, également connue sous le nom d’hormonothérapie substitutive, chez les femmes, n’est pas associée à un risque global accru de développer une démence, selon les résultats d’une étude publiée dans le British Medical Journal (BMJ).

    L’utilisation de l’hormonothérapie de la ménopause, également connue sous le nom d’hormonothérapie substitutive, chez les femmes, n’est pas associée à un risque global accru de développer une démence, selon les résultats d’une étude publiée dans le British Medical Journal (BMJ ). Source : Vinogradova Y, Dening T, Hippisley-Cox J, et al. Use of menopausal hormone therapy and risk of dementia: nested case-control studies using QResearch and CPRD databases. BMJ. Published online September 29, 2021.

    L’hormonothérapie bénéfique ? Tout dépend quand le traitement commence

    L’estradiol protège la régions impliquée dans la mémoire chez les femmes ménopausées

    La thérapie hormonale protègerait le cerveau des femmes qui viennent juste d’être ménopausées, en empêchant la mort neuronale dans certaines régions du cerveau.

    L’étude randomisée publiée en 2014 par des chercheurs de l’université de Stanford (États-Unis) démontre que l’efficacité de l’hormonothérapie chez la femme à risque de démence dépend de la période entre l’apparition de la ménopause et le début du traitement. Cette période doit être la plus courte possible.

    « Les oestrogènes provenant de suppléments peuvent avoir un effet positif sur la démence, à condition que les femmes commencent assez tôt leur traitement », explique l’auteur principal de l’étude.

    Les chercheurs ont observé que l’estradiol préserve le métabolisme des régions du cerveau situées dans la région de l’hippocampe, une structure associé à la mémoire et à l’apprentissage et particulièrement affectée dans la maladie d’Alzheimer.

    Cette préservation du métabolisme reflète le pouvoir de l’estradiol de protéger les neurones. Elle n’est possible que lorsque les femmes commencent leur traitement au plus tard un an après le début de leur ménopause. Cette activité décline significativement chez celles qui ont arrêté leur traitement.

    Fait intéressant: les changements métaboliques dans ces régions sont préservées pendant plusieurs années, bien avant que les symptômes cognitifs n’apparaissent.

    Si ces résultats sont reproduits sur un échantillon plus important de femmes ménopausées, l’hormonothérapie pourrait devenir un traitement préventif de choix de manière plus générale.

    L’effet protecteur de l’estradiol sur l’hippocampe confirmé

    Dans une autre étude publiée en 2015, Un échantillon de 80 femmes norvégiennes qui avaient pris des suppléments d’œstrogènes à la ménopause a été comparé à celui de 80 femmes qui n’en avaient pas pris. Il est à rappeler qu’après la ménopause, les niveaux d’oestrogènes baissent significativement.

    L’analyse du cerveau par neuroimagerie (technique d’imagerie par résonance magnétique) indique que celles qui avaient pris des suppléments d’oestrogènes ont un hippocampe plus volumineux. L’hippocampe est l’une des structures les plus importantes pour l’apprentissage, la mémoire et l’orientation, et la principale structure endommagée au début de la maladie d’Alzheimer.

    Les conclusions de cette étude montrent donc que l’augmentation des niveaux d’oestrogènes augmente le volume de l’hippocampe. Il n’existe à ce jour aucun médicament qui empêche ou ralentit la progression de la maladie d’Alzheimer. L’accent est actuellement mis sur des stratégies visant à prévenir ou retarder l’apparition de la démence.

    L’estradiol réduit le risque de démence

    Une étude publiée en 2021 à montré qu’une exposition plus élevée aux œstrogènes est liée à un volume de matière grise plus important chez les femmes d’âge moyen. Cette étude de cohorte observationnelle a évalué l’association entre l’exposition aux hormones et la quantité de matière grise basée sur l’IRM , un biomarqueur du vieillissement neuronal et de la neurodégénérescence, chez des femmes présentant des facteurs de risque de maladie d’Alzheimer. Une exposition plus longue aux œstrogènes étaient associée à une plus grande quantité de matière grise dans les régions du cerveau vulnérables au vieillissement cognitif et à la maladie d’Alzheimer. Source: Schelbaum E et coll. Association of reproductive history with brain MRI biomarkers of dementia risk in midlife. Neurology. Published online November 3, 2021.

    En 2010, des chercheurs avaient egalement montré Les femmes ayant commencé une hormonothérapie juste avant la cinquantaine ont un risque réduit (-26%) de démence, alors que ce risque augmente de 48% lorsque ce traitement commence à un âge avancé (76 ans en moyenne). Ces résultats sont basés sur le diagnostic de démence posé sur 1524 femmes, comparés aux sujets n’ayant jamais pris d’hormones.

    Cette étude a cependant une lacune: les chercheurs ne connaissent ni la durée du traitement chez les femmes ayant été traitées juste avant la cinquantaine, ni le type d’hormone et la dose utilisée (à cette époque, les données n’étaient pas systématiquement enregistrées).

    Ces données font partie d’une étude de grande envergure entreprise par le centre de recherche californien Kaiser Permanente Northern California, dont l’objectif est d’identifier les facteurs de risque de démence à partir de la compilation de données médicales provenant de milliers de patients.

    Les études qui ont effrayé les femmes

    Jusqu’en 2002, de nombreuses femmes ont suivi une hormonothérapie pendant et après la ménopause, afin de réduire les bouffées de chaleur, l’ostéoporose et prévenir les maladies cardiovasculaires.

    Par la suite, le nombre de femmes prenant des suppléments a chuté de façon spectaculaire, du fait de la publication de plusieurs études affirmant que les inconvénients du traitement à long terme prévalaient sur les avantages.

    Une d’entre elles incluant 16 000 femmes a montré que la combinaison d’œstrogènes et d’un progestatif augmentait le risque de maladies du cœur et du cancer du sein.

    Peu de temps après, un journal scientifique réputé (Journal of the American Medical Association) publiait une étude portant sur 44 000 femmes et suivies pendant 20 ans, indiquant que la thérapie à base d’oestrogènes augmente le risque de cancer de l’ovaire si le traitement persisté plus de 10 ans.

    La thérapie hormonale réduit certains risques et en réduit d’autres

    « Il est vrai que le risque de certains cancers augmente avec les oestrogènes, mais nous savons aussi, par exemple, que le risque de fractures de la hanche et du cancer colorectal diminue avec leur utilisation », explique le Dr Pintzka.

    La question est de savoir si les conclusions des études américaines peuvent être extrapolables aux femmes norvégiennes. En effet, les femmes ayant participé aux études américaines ont commencé à prendre des suppléments d’oestrogènes à un âge plus avancé, qui de surcroît sont différents de ceux utilisés en Europe.

    Des études plus récentes suggèrent que l’augmentation des niveaux d’oestrogènes a des effets protecteurs sur le cerveau si le traitement commence autour de la ménopause, et que ce même traitement pourrait être inefficace, voire nocif, si celui-ci débute plusieurs années après la ménopause. Ainsi, l’étude Women’s Health Initiative Study of Cognitive Aging (WHISCA) de 2003 suggère que l’hormonothérapie est délétère chez la femme ménopausée, avec une augmentation significative du risque de démence et de trouble cognitif léger (Shumaker et al., 2003) et une diminution du volume de l’hippocampe, la région clé de la mémoire (Resnick et al., 2009). En 2013, un chercheur publia un article indiquant que les effets bénéfiques de l’hormonothérapie dépendent de la période à laquelle elle a été appliquée, confirmant l’hypothèse émis par d’autres collègues (Maki, 2013). En effet, il constata que les participants à l’étude WHISCA présentaient la particularité d’être âgés de plus de 65 ans.

    Si les femmes décident de suivre un traitement avec des oestrogènes, elles doivent commencer assez tôt pour bénéficier de l’effet positif sur le cerveau.

    Sources

    Pintzka CW et coll. Perimenopausal hormone therapy is associated with regional sparing of the CA1 subfield: a HUNT MRI study. Neurobiol Aging. 36(2015):2555-62.

    Prospective Randomized Trial to Assess Effects of Continuing Hormone Therapy on Cerebral Function in Postmenopausal Women at Risk for Dementia. PLoS ONE, 2014; 9 (3): e89095

    Maki P.M. Critical window hypothesis of hormone therapy and cognition: a scientific update on clinical studies. Menopause, 20 (2013), pp. 695–709.

    Miranda P. et coll.  Granule cells in aging rats are sexually dimorphic in their response to estradiol. J. Neurosci., 19 (1999), pp. 3316–3325.

    Pintzka CW et coll. Perimenopausal hormone therapy is associated with regional sparing of the CA1 subfield: a HUNT MRI study. Neurobiol Aging. 36(2015):2555-62.

    Resnick S.M. et coll. Postmenopausal hormone therapy and regional brain volumes: the WHIMS-MRI Study. Neurology, 72 (2009), pp. 135–142

    Shumaker S.A. et coll.  for the WHIMS Investigators. Estrogen plus progestin and the incidence of dementia and mild cognitive impairment in postmenopausal women. JAMA, 289 (2003), p. 2651