La capture sensorielle pour prévenir les agitations

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La capture sensorielle est une technique de la méthodologie des soins
Gineste-Marescotti pour prévenir les comportements d’agitation.

A l’heure où les plaintes de soignants soumis à l’agressivité des patients déments augmentent dans des proportions inquiétantes, la nécessité de nouvelles approches de soins nous paraît déterminante.

On compte déjà en service de longue durée plus de 30 % des patients qui ont des comportements gênants pour les soignants. Plus de 10 % de ces patients ont des comportements qui tendent à agresser directement ces professionnels.

Avec le Centre de Consultation et de Formation en Psychogériatrie de Montréal (CCFP), nous travaillons à réunir nos approches, diversion et capture, dans une modélisation qui semble permettre, à ce stade de la recherche, de résoudre quasiment 95 % des comportements agressifs et perturbateurs des patients déments âgés.

Principes de la capture sensorielle :

Les préliminaires : chaque soin doit être précédé d’un temps de « préliminaires ». D’une durée de 1 à 5 minutes, il comporte différentes étapes :

  1. L’approche visuelle : obligatoirement faite dans un tunnel de communication, le soignant se présente de face, seul, et tente « d’accrocher » le regard de la personne. Il évite de rentrer directement dans la bulle d’intimité, et se tient au début de la relation à une distance d’environ 50 cms du visage du patient. 
  2. Le contact : la main se pose avec tendresse en suivant les principes du toucher tendresse que nous avons développé (voir http://www.cec-formation.net/capture.html), sur une partie assez neutre du corps : mollet, avant-bras. La main se pose par le bout des doigts, jusqu’au contact complet de la paume. A partir de ce moment et durant toute la phase de capture, une main doit toujours rester en contact avec le patient, ne le quitter sous aucun prétexte. 
  3. La parole est présente dès l’entrée dans le champ visuel : le ton est audible, doux, calme, et commence par bonjour, suivi d’un silence pour attendre une réaction. Le soignant se présente à chaque fois : « bonjour, je m’appelle Yves ».

Les phrases qui suivent sont toujours à composante d’aide, de soutien : « ça va je suis là pour vous aider, je suis un ami, je m’appelle Yves, je viens m’occuper de vous pour vous aider ».

Ces répétitions ont pour but de tenter de retrouver une mémoire affective d’instants calmes, sereins. Les mots choisis, s’ils créent des liens mnésiques, ne doivent retrouver que des états corporels liés à des situations de bien-être.

Les mots rappelant une situation de conflits sont à proscrire absolument (« je viens vous donner un bain », par exemple, pour un patient qui en a horreur).

Cette phase de capture dure tant que les cris, l’agitation, ou les gémissements subsistent. Si l’apaisement n’est pas obtenu au bout de cinq minutes, le soignant doit renoncer au soin, et revenir le proposer plus tard.

Tout soin effectué sous contrainte ne fera qu’hypothéquer les chances d’une relation apaisée avec le patient.

La douceur est l’outil du soignant s’occupant de patients atteints de troubles démentiels.

Yves Gineste 
Professeur d’éducation physique 
Directeur de CEC-Formation 
Limoges (France)