Le stress affecte-t-il la mémoire ?

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Une vie très stressante peut conduire à la maladie d’Alzheimer (mars 2016).

Des personnes âgées hautement stressées peuvent doubler leur risque de développer la maladie d’Alzheimer.

« Le stress perçu reflète les tracas quotidiens que nous ressentons tous, ainsi que la façon dont nous pouvons faire face à ces événements », déclare les auteurs de l’étude.

« Ce stress peut être modifié par une approche comportementale (la pleine conscience, les thérapies cognitivo-comportementales) ou à l’aide de médicaments qui réduisent le stress. Ces interventions pourraient retarder ou même empêcher le déclin cognitif d’un individu ».

L’étude a examiné le lien entre le stress chronique et le déclin cognitif léger (DCL) de type amnésique, la forme le plus commune de DCL, qui est principalement caractérisée par une perte de mémoire.

Les individus stressés se sont révélés être deux fois plus susceptibles de développer un DCL, un état qui constitue un facteur de risque important de maladie d’Alzheimer.

Les chercheurs ont étudié les données recueillies auprès de 507 personnes inscrites à l’Einstein Aging Study, une cohorte de personnes âgées mise en place par L’Albert Einstein College of Medicine de New York (Etats-Unis). Ils avaient au moins 70 ans.

Les participants ont subi une série d’examens incluant des tests neuropsychologues qui évaluent la mémoire et des évaluations cliniques.

Soixante-et-un des 507 participants ont été diagnostiqués avec un déclin cognitif léger avec perte de mémoire  au cours de l’étude.

Les chercheurs ont utilisé une échelle de perception du stress appelée Perceived Stress Scale (ou PSS). Les personnes qui avaient le plus haut score au PSS se sont révélées être deux fois et demie plus susceptibles de développer un DCL de type amnésique que celles qui avaient la marque la plus basse.

Les chercheurs estiment que la gestion de ses émotions pourrait aider à retarder ou même éviter une perte de mémoire avérée.

Source : Katz MJ et coll. Influence of Perceived Stress on Incident Amnestic Mild Cognitive Impairment: Results From the Einstein Aging Study. Alzheimer Dis Assoc Disord. 2015 Dec 10.

 

stressL’accumulation de stress durant la vie provoque des troubles de mémoire chez les personnes âgées (septembre 2014)

La relation entre stress chronique et les problèmes mnésiques s’expliquerait par les niveaux élevés de cortisol, l’hormone du stress qui augmente dans notre organisme en présence d’une menace ou d’une situation jugée à risque.

Ce niveaux élevés ont été mesurés chez des rats qui présentaient moins de synapses – zones de contact entre deux neurones – du cortex préfrontal, la région du cerveau impliquée dans la mémoire à court-terme.

Cette perte synaptique serait à l’origine des trous de mémoire.

Le stress chronique provoque également de l’anxiété, de l’hypertension et favoriserait la prise de poids.

Cette étude confirme l’hypothèse selon laquelle une augmentation soutenue du cortisol dans le cerveau produit des effets délétères sur l’hippocampe – une structure du cerveau impliquée dans l’apprentissage et la mémoire – contribuant à altérer la performance cognitive de la personne âgée.

D’autres résultats ont montré qu’un test stressant (une entrevue en public) diminue la performance de la mémoire déclarative contrairement à une condition non stressante, et cette baisse de performance s’accompagne d’une augmentation des taux de cortisol. Le fait d’anticiper le stress, et non le stress lui-même, pourrait jouer un rôle plus important que le stress lui-même dans le déficit de mémoire déclarative produit par le stress.

Source: Anderson et al. Aging and HPA Status Predict Prefrontal Deficits. J. Neurosci., juin 2014, 34:8387.

 

stressUn guide pour réduire le stress lors de tests de mémoire (mai 2013).

Des études sur le stress humain ont démontré que lorsque des individus sont exposés à une situation stressante, ils produisent des hormones de stress qui accèdent au cerveau et altèrent la performance de la mémoire.

Les études sur la mémoire et le vieillissement montrent systématiquement que les personnes âgées ont des performances beaucoup plus faibles que les jeunes adultes à des tests de mémoire. On suppose qu’une telle différence de performance est le résultat naturel du processus de vieillissement.

Fait intéressant, un examen attentif de l’environnement de test dans lequel les adultes plus âgés et les jeunes sont testés révèle que les personnes âgées sont testées dans des environnements qui peuvent être stressants et défavorables, tandis que les jeunes adultes sont testés dans des environnements plus favorables.

L’étude menée par le Centre d’études sur le stress humain (Centre de recherche Fernand-Seguin, Montréal) indique que, lorsque les personnes âgées sont testées dans des environnements de test stressants, leurs niveaux d’hormones de stress sont élevés, ce qui à son tour a un impact négatif sur leur performance à des tests de mémoire. L’étude a donc permis de fournir des preuves sur les effets de l’environnement de test dans les milieux de recherche.

Sur la base de ces résultats, les chercheurs ont recueillir, auprès des personnes âgées, des informations sur les facteurs qui engendrent du stress et ont demandé aux professionnels de la santé qui travaillent auprès des personnes âgées de fournir des suggestions / solutions concernant les facteurs de stress rapportés par les personnes âgées.

Le Guide pour les professionnels de la santé et les chercheurs travaillant auprès des personnes âgées [PDF] peut être téléchargé à la page suivante